QUATORZIÈME ET QUINZIÈME SÉANCES
31 octobre 464 .
Dans sa quatorzième session, qui se tint lé lendemain, 34 octobre, le concile entend la lecture de deut requêtes de l'évêque Sabinien, de Perrha en Syrie, adressées, Tune à l'empereur Marcien, et l'autre aux archevêques Léon , Anatole et Maxime. Sabinien avait été sacré évëque de Perrha par ttn concile provincial, en remplacement d'Anastase, lequel, accuse de plusieurs crimes, avait refusé de comparaître devant un concile. Mais au commencement du gouvernement despotique de Dioscore, l'assemblée d'Éphèse, sans égard pour cet arrêt d'un concile, rétablit Anastase et expulsa Sabinien, au grand chagrin de ses ouailles. Anastase se justifia paf plusieurs subterfuges, disant, entre autres choses, qu'il n'avait pas voulu comparaître devant le concile en question , parce que celui qui y présidait était son ennemi. Mais en examinant l'affaire plus à fond, on trouva qu' Anastase avait au contraire voulu éviter un jugement, parce qu'il se sentait coupable , et que sa déposition avait été complètement légale. Le sénat de'cida
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donc que Sabinien resterait en possession du siège de Perrha. Maïs afin d'écarter tout soupçon d'injustice , le patriarche d' Antioche fut chargé d'examiner encore une fois l'affaire et d'en faire un rapport dans l'espace de huit mois. S'il demeurait prouvé qu'Ânastase s'était rendu coupable d'une faute qui entraînait la déposi* tioii , il devait perdre sa dignité et être condamné au* peines portées par la loi $ si , au contraire , on ne poufait rien alléguer de grave contre lui, il devait être rétabli dans son évêché , avec Sabinien pour coadjuteur , ce dernier jouissant d'une pension proportionnée aux revenus de l'église de Perrha. Le concile approuve unanimement cette décision.
Dans les actes du concile, les canons suivent immédiatement l'affaire de Sabinien et d'Anastase, sans aucune indication de l'époque à laquelle ils furent discutés et rédigés. Jusqu'à ce moment l'accord le plus édifiant a régné entre les légats , la majorité des évêques orthodoxes et les fonctionnaires de l'empereur. Mais l'ambition de l'évêque de Gonstantinople vient troubler cette belle harmonie et jeter la division dans le concile.
Le patriarche de Gonstantinople voulait profiter de l'influence et de l'autorité que lui donnait sa position auprès du siège de l'Empire, pour constituer en Asie une véritable primauté, sinon indépendante, au moins égale à celle de l'évêque de Rome. Cette question mettait en jeu l'existence de l'unité catholique en Orient, et le schisme grec a montré ce que l'Église d'Orient pouvait gagner à se séparer de la primauté de la Chaire de saint Pierre.
Le 31 octobre, jour où se tint la quinzième session, les clercs de Constantinople réclament l'assistance des lé-
gais pour traiter de certains privilèges à accorder à leur église. Les légats refusent, déclarant qu'ils n'ont reçu à ce sujet aucune mission du Pape, et le sénat déclare que l'affaire n'est pas de sa compétence. Cela dit, les légats et le sénat se retirent. Les évêques, restés seuls, rédigent le vingt-huitième canon, d'après lequel l'évêque de la nouvelle Rome (Constantinople) doit jouir des mêmes privilèges que l'évêque de la Rome ancienne, et posséder le droit d'ordination dans les diocèses de Thrace, d'Asie et du Pont (1).