‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 150 sur 378 · CHAPITRE VIII. S6S · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. S6S

digée par les légats romains. Nous la possédons en grec et en latin, et elle est le premier document de la troisième partie des actes du concile. On reconnaît par le style, qui est beaucoup plus élégant et plus expressif dans le latin , que cette langue est l'original et que le grec n'est qu'une traduction. Cette adresse s'attache surtout à expliquer les motifs pour lesquels le concile a adopté la lettre du Pape. Après avoir accordé des éloges mérités au zèle, à la piété et à la profonde érudition de saint Léon, les évêques exposent que cette lettre n'est nullement contraire au premier concile d'Éphèse , qui défend à l'avenir toute discussion sur des matières de foi ou toute rédaction de symbole autre que celle donnée par le même concile. Il y a toujours nécessité de combattre les erreurs et les hérésies nouvelles. Dans ce but, i/ fallait développer le symbole de Nicée, le défendre, trouver même d'autres expressions pour mettre la vérité à l'abri de nouvelles attaques et enlever aux hérétiques toute possibilité de défigurer la pureté du dogme par des explications équivoques. Enfin, ils montrent que saint Léon n'a fait contre les eutychéens que ce que Basile, Damase et d'autres avaient fait avant lui contre les ariens, les macédoniens et les apollinaires; et que sa doctrine s'accorde avec* la tradition , comme le Pape l'a prouvé par des passages tirés des écrits d'Ambroise, de Basile, de Grégoire, d'Athanase, d'Antiochus de Ptolémaïde, de Flavien, de Chrysostome, d'Atticus, de Proclus et de Cyrille. - j

Mais les évêques de Chalcédoine ne se bornèrent pas à écrire à l'empereur 5 ils adressèrent aussi une lettre au Pape, en lui envoyant une copié en grec des actes du concile. Cette lettre est un document digne d'attention. Le concile y reconnaît l'évêque de Rome comme Tinter-

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prête universel de saint Pierre) comme le chef et le guide auquel le Seigneur lui-même a confié le soin de son Église, Après avoir exposé que Dioscor? a été chassé de l'Église, pour avoir pris Eutychès squs sa protection et avoir déposé FUvien et Eusèbe v contrairement au* canons t le concile ajoute ;

« Nous vous faisons aussi savoir que nous avons Ordonné quelques autres choses, pour le bon ordre des affaires et Ja fermeté des lois ecclésiastiques , persuadé* que Votre Sainteté , en étant instruite % voudra bien les approuver et les confirmer, C'est que nous avons auto risé « par sentence synodale , l'ancienne coutume de la sainte Église de Gonstantinople , pour ordonner les métropolitains des diocèses d'Asie, du Pont et de Tbrace; non tant pour l'avantage du siège de Gonstantinople que pour le repos des métropoles , où il est souvent arrivé du tumulte après la mort des évêques, le peuple et le clergé n'ayant point de chef; ce que Votre Sainteté même n'ignore pas, en ayant été souvent importunée , principalement pour l'Église d'Éphèse.

a Nous avons aussi confirmé le canon des cent cinquante Pères assemblés à Gonstantinople sous le grand Théodose, qui ordonne que l'évêque de Gonstantinople aura la prérogative, après votre Saint Siège, persuadés que, comme vous communiquez sans envie vos biens à vos frères , vous continuerai de prendre soin du siège de Constantinople et d'y étendre la splendeur de votre puissance apostolique. Il est vrai que vos légats ont vigoureusement résisté à ce décret; mais ils ont voulu, sans doute, vous en laisser l'honneur, afin que Ton vous attribuât la conservation de la paix , comme de la foi ; nous avons en cela déféré au désir de l'empereur, du

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