‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 171 sur 378 · CHAPITRE X. <2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. <2l

avons de nous en réjouir, c'est que l'ennemi du nom chrétien s'est fait à lui-même des blessures d'autant plus cruelles, qu'il s'est déchaîne avec plus de rage contre les ministres de Jésus-Christ. Car, de peur que la conformité de sentiments des autres sièges avec celui que le Maître commun de toute l'Église a chargé de les conduire , ne passât pour un acte de complaisance , ou qu'il ne se glissât à cet égard quelque soupçon désavantageux , il s'est trouvé d'abord des esprits rebelles pour révoquer en doute les résolutions que nous avions prises. Tandis qu'un petit nombre d'hommes remuants, excites par l'auteur de toute discorde , donnaient le signal de la contradiction et de la guerre , le souverain dispensateur, qui est la source de toute bonté, a fait tourner tout ce tumulte à la ruine de l'esprit de ténèbres, et s'en est servi comme d'un moyen favorable pour nous faire arriver à un plus grand bien. Les dons de la grâce divine semblent avoir plus de douceur, quand on ne les obtient qu'après de grands efforts : et, d'habitude, on goûte moins une paix dont le calme n'a pas été troublé , que celle qu'on a recouvrée à force de soins et de peines. La vérité elle-même brille avec plus d'éclat et s'imprime avec plus de force , lorsqu'un examen approfondi établit et consolide ce que la foi avait commencé par enseigner. Enfin la dignité du ministère episcopal est d'autant plus relevée que l'on voit l'autorité de ceux qui sont placés au faîte de la hiérarchie se maintenir dans toute son étendue, sans que ceux qui se trouvent dans un rang inférieur perdent au-

oune des prérogatives de leur liberté. La discussion sert, en définitive, à prouver la plus grande gloire de Dieu, lorsqu'elle ne se produit avec hardiesse que pour remporter sur une injuste opposition s le sentiment qui est rejeté trouve alors en lui-même la cause et la preuve de 4* réprobation , et Ton ne peut prétendre qu'il ait été étouffé , à la faveur du silence , par la prévention et le préjugé.

Livre*-vous donc à la joie , notre très-cher frère , ré- JQuissewQus de votre victoire dans le Fila unique de Dieu. C'est lui qui ft terrassé, par notre pouvoir, ceux qui niaient si audacieusement la vérité de sa chair, Nous avons vaincu pour lui $ en triomphant pour son propre compte * il a vaincu par nous et pour nous. L'ivénement du Seigneur était la première fête de l'univers \ voici maintenant la seconde i le mystère de l'Incarnation divine est rendu à cette vie mortelle par la chute du criminel qui l'attaquait : l'ennemi du genre hnmain ne pouvant détruire , par ses attentats, la réalité de oe mystère, tâchait d'en obscurcir la croyance nar ses impostures. Bien plus , oe mystèns impérissable *'était effacé du coeur des incrédules , parce qu'un remède si abondant n'est d'aucune ressource pour oeui qui refusent de croire , la vérité elle-même ayant dit à ses disciples : Celui qui croira, *t qui sera èapiist, sera sauvé; mais celui qui m croitu point sera condamné (1). I*e soleil de justice) offusqué dans l'Orient par les

(1) Saint Mare» xyi, 10.

Page 1