‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 235 sur 378 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

L'Église honore saint Armogaste, saint Archinimus et saint Satur , le 29 mars.

Genséric ferma l'Église de Carthage et bannit les prêtres et les ministres, car il n'y avait point d'évêque. Il Ûl aussi souffrir beaucoup de maux aux catholiques de plu* sieurs provinces hors d'Afrique , en Espagne, en Italie, particulièrement dans la province méridionale, en Sicile, en Sardaigne, en Grèce, en Épire, en Dalmatie, et jusque dans la Venetie. Chaque année , au printemps , il envoyait ses vaisseaux faire des descentes, tantôt en Italie , tantôt en Sicile , tantôt dans les provinces de l'Empire d'Orient , et ses audacieux pirates pillaient , ravageaient, ruinaient des villes entières, et emmenaient en Afrique une foule de captifs.

Les peuples furent condamnés , pendant plus de vingt ans encore, à subir la tyrannie de Genséric, dont la mélancolie sombre avait toujours besoin de se repaître de sang. Ce corsaire couronné ne cessa, jusqu'à sa mort, de faire trembler l'Occident et l'Orient , et survécut même à la chute de l'Empire romain , arrivée en 476. Genséric ne mourut qu'en 477 ; il se montra politique habile, actif, prévoyant et prudent 5 il sut déjouer et ruiner toutes les tentatives faites pour détruire sa puissance, semer la division parmi ses ennemis et profiter de leur faiblesse. La domination des Vandales se maintint en Afrique jusqu'en 534 , époque où Bélisaire fit rentrer cette province sous l'autorité des empereurs.

Depuis le sac de Rome par Genséric et le meurtre de Maxime, jusqu'à la dernière catastrophe de l'Empire romain , c'est-à-dire dans l'espace de vingt et un ans , FOccident fut livré au bon plaisir d'un Barbare qui s'empara du droit d'élire des empereurs , les créant , les déposant , les assassinant , suivant les caprices et le»

intérêts du jour; il se nommait Ricimer, était Suève de nation , petit-fils , par sa mère , de Wallia , roi des Visigotbs. Ceux-ci, par le conseil de Théodoric II, avaient donné pour successeur à Maxime , en 455 , le rhéteur Avitus, maître-général des artnées de la Gaule. Le nouvel empereur d'Occident nomma Ricimer chef des armées d'Italie , et en 447 , ce général barbare déposa Avitus , le fit élire évêque de Plaisance , envoya , pour le tuer , des assassins qui le poursuivirent jusque dans la Gaule où il mourut. Ricimer jeta la pourpre impériale sur les épaules du général Majorien ; cette créature d'un chef barbare était mie de ces âmes honnêtes qui , dans les époques de décadence , se distinguent par de bonnes intentions , mais , faute de génie , se montrent parfaitement incapables d'arrêter la chute de ces empires condamnés. Quand ces honnêtes gens veulent se mêler aux luttes politiques et y jouer le premier rôle , ils deviennent infailliblement des dupes ou des victimes. Majorien fut du nombre de ces dernières. Après une expédition malheureuse contre Genséric , en 461 , Ricimer se fatigua de cet empereur et le fit égorger. Deux individus obscurs, Sévère et Olybrius, revêtirent, chacun à leur tour, la pourpre , avec la permission de Ricimer dont la mort , arrivée en 472 , mit fin à cette dictature insolente , monument de la dégradation de ces peuples auxquels le christianisme n'avait pas encore restitué leur dignité d'hommes et de nations.

L'Empire d'Occident n'a plus ni chefs , ni généraux, ni soldats. Les diverses tribus barbares se partagent entre elles les provinces ; les Francs , sous la conduite de Childéric , fils de Mérovée , s'établissent définitivement dans la Belgique. La possession de l'Italie est disputée entre Oreste , ancien secrétaire et ambassadeur

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