CHAPITRE XV
mes les plus distingués. Il n'est pas parvenu jusqu'à nous. Les clercs, porteurs de ce mémoire, s'expliquèrent aussi h leur tour sur leur foi , dans un autre écrit dont nous possédons un fragment assez considérable. Mais les arguments qu'il contient ne sont rien moins que décisifs sur les points en litige. Les auteurs y déclarent qu'ils veulent s'en tenir au concile de Nicée , sans en rien ôter ou y rien ajouter, et sans entrer à son sujet dans aucune explication. Ils admettent en outre les deux conciles d'Éphèse, tant celui de 431 que celui de 448 , mais ils rejettent le concile œcuménique de 381 , et demandent que celui de Chalcédoine soit déclaré nul (1). Diverses circonstances prouvent que ces opinions, comme tout le parti des Eutychéens , avaiep* de puissants et zélés défenseurs à la cour impériale. À leur tête se trouvaient le patrice Aspar et Basilisque. C'était au premier surtout que l'empereur devait son élévation au trône , de sorte qu'il lui avait des obligations personnelles; Basilisque était son beau-père. Lorsque, plus tard, celui-ci usurpa l'Empire, il se déclara ouvertement pour l'hérésie d'Eutychès, qui comptait d'ailleurs encore plusieurs partisans dans le clergé de Constantinople , parmi lesquels Atticus et André passaient pour les plus ardents. Cette circonstance , jointe au désir de ne pas se conduire avec précipitation et de ne porter atteinte aux droits de personne , décida l'empereur à agir avec une extrême prudence , de façon toutefois à prendre la voix et la décision de l'Église pour base de sa conduite , dans une affaire qui la regardait plus particulièrement. A ces considérations il faut ajouter que le parti de Timothée , en Egypte , était fort nombreux
(l) Labbe, t. IV, col. SOI.
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et jouissait d'une certaine importance. Parmi ses adhérents, beaucoup Tétaient par conviction. Il ne faut donc pas s'étonner si la première idée de l'empereur, pour se tirer de toutes ces difficultés , fut pour la convocation d'un nouveau concile. Mais les motifs puissants , tant intérieurs qu'extérieurs, que le Pape allégua contre l'adoption d'une semblable mesure , obligèrent bientôt l'empereur à abandonner ce projet , et il prit, pour arriver au même but, une autre voie, qui, sans le forcer à recourir à la convocation d'un concile, pût le mettre en état d'opposer aux demandes du parti d'Eutychès l'arrêt et la volonté déclarée de l'Église. Il chercha donc à faire décider la partie purement ecclésiastique de cette affaire par ceux qui seuls étaient compétents , par les évêques. En conséquence, il adressa un rescrit à tous les métropolitains , pour les engager à convoquer les évêques et les clercs de leurs provinces respectives, et à leur demander leur opinion sur Timothée Élure et sur les décisions rendues à Chalcédoine au sujet de la foi. Afin de leur faciliter le moyen de juger sainement cette affaire, l'empereur leur envoya à tous des copies des requêtes qui lui étaient parvenues d'Egypte, et à quelquesuns d'entre eux les actes et les décrets du concile. Il les exhorta à se prononcer librement et sans détour, exempts de crainte et sans considération personnelle, se rappelant bien qu'ils n'avaient de compte à rendre qu'à Dieu. Il engagea en même temps les métropolitains à faire en sorte que ces assemblées eussent lieu le.plus tôt possible, et à ne rien négliger pour que le résultat répondît au but qu'il se proposait. Cette circulaire impériale fut portée avec la plus grande rapidité à tous les métropolitains par des courriers spéciaux (magistrianï).
Mais l'empereur Léon ne se contenta pas de consulter