‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 241 sur 378 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

nontrer aux évêques d'Orient que l'unité de la foi était générale dans l'Occident (1).

Les évêques réfugiés d'Egypte étaient arrivés à Constantinople et avaient reçu l'accueil le plus amical et le plus hospitalier de l'empereur et d'Anatole. Us remirent au premier une requête signée par quatorze évêques , où ils rendaient compte à l'empereur , au nom de l'Église orthodoxe d'Egypte, des événements d'Alexandrie , imploraient sa protection , et déclaraient que si , pour fixer le dogme , un concile devait être tenu , mesure que toutefois ils ne jugeaient pas nécessaire , puisqu'aucun doute ne pouvait exister sur la foi , ils étaient prêts à soutenir et à prouver leurs assertions en face de cette assemblée. Ils priaient ensuite l'empereur d'écrire à l'évêque de Rome et aux évêques d'Antioche, de Jérusalem , de Thessalonique et d'Éphèse, ainsi qu'à tous ceux qu'il jugerait convenable , pour leur faire part de ce qui s'était passé à Alexandrie , afin d'apprendre d'eux quelle était la peine que , d'après les canons , Timothée avait méritée.1 Ils demandaient surtout qu'il ordonnât au concile d'Egypte d'élire un nouvel évêque légitime et orthodoxe. Mais comme toutes ces mesures exigeaient du temps , ils sollicitaient l'empereur d'interdire à Timothée toutes fonctions épiscopales et de lui retirer l'administration des biens et de toutes les affaires de l'Église. Ils désiraient en outre que l'empereur donnât au général Denys, ainsi qu'aux gouverneurs des diverses provinces, des ordres pour que les personnes chassées par Timothée pussent revenir sans crainte. Ces mêmes évêques écrivirent aussi à Anatole pour le supplier instamment de les soutenir

(l) Baller. Ep, cxliv à eu. — De juin à septembre 457.

1B4 SAINT LÉON-LK-GgAND.

auprès de l'empereur, du Pape et de» évèques (4). Timothée , de son côté , fît des démarches auprès de l'empereur afin d'obtenir de lui la confirmation de la dignité et du pouvoir qu'il avait usurpés. Il envoya donc à Gonstantinople une députa lion composée d'évéques et de clercs de son parti ; ils arrivèrent dans cette ville peu de temps après les réfugiés , et remirent également à l'empereur une requête , dans laquelle ils affirmaient qu'Alexandrie jouissait de la plus parfaite tranquillité , que les malheureux événements qui venaient de s'y passer ne devaient être attribués qu'à Protérius luimême, dont la conduite, depuis le commencement de son administration , avait excité le plus grand mécontentement , et avait fini par soulever le peuple ; que d'ailleurs le peuple n'était pas coupable de 64 mort , puisqu'il avait été tué par des soldats. L'Église d'Egypte, disaient-ils, ainsi que tous les couvents vivaient dans la paix la plus profonde ; les citoyens d'Alexandrie , les habitants les plus riches et les plus distingués désiraient Timothée pour évêque. Celui-ci, pour éloigner le reproche d'hérésie , qui aurait pu être un empêchement à sa confirmation par l'empereur, avait fait remettre en même temps un mémoire où il cherchait à justifier sa doctrine par un grand nombre de témoignages des Pères , et accusait assez ouvertement le Pape , ainsi que tous les évêques d'Occident et le concile de Chaicédoine, de Nestorianisme. Ce mémoire fut très-vanté par les membres du parti pour son exactitude et sa lucidité , et lorsqu'il fut communiqué en public , il attira en effet l'attention des adversaires de Timothée , et eut l'honneur d'être plusieurs fois réfuté par les hom-

(1) Labbe, t. IV, col. $92.

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