CHAPITRE XV
très-chaudement l'évéque Julien et le prêtre Aétius , qui professent le plus profond respect pour votre pieté. Je vous prie d'accueillir favorablement tous leurs conseils pour la défense de la foi catholique. Ils méritent véritablement toute la confiance de Votre Majesté ; vous pouvez vous en servir utilement dans toutes les occasions où
leur assistance vous paraîtra nécessaire.
« Donnée aux Calendes de décembre, sous le consulat
de Constantin, personnage clarissime (1). »
Dans leur réponse , les métropolitains et les évéques annoncent avoir examiné avec le plus grand soin les questions qui leur ont été soumises par l'empereur. Nous possédons encore une grande partie du mémoire qu'ils rédigèrent et envoyèrent à Constantinople(2); de ce document il résulte, ainsi que des autres rapports faits à ce sujet, que les déclarations de tous les prélats, sans exception, concluent unanimement, comme saint Léon, à ce que les décisions du concile de Chalcédoine soient maintenues saiis aucune réserve. Les votes sont aussi unanimes pour condamner Timothée Élure et recon«* naître que, s'il est réellement coupable des actes dont l'accusent les évéques réfugiés d'Egypte , il est indigne non-seulement du titre d'évêque , mais même du nom de chrétien , et qu'il faut l'exclure de toute communion ecclésiastique , même de celle des laïques $ et tous ceux qui , sachant que Timothée a été condamné par saint Pmtérius, sont néanmoins restés en communion avec, lui , doivent être déposés et excommuniés à
(1) Quelnel. Ep.t cxxv.
(2) Mansi, Collect. ampliss., tome VII, p. 539-627.
tout jamais, car l'Eglise tout entière détestait ce parricide moine. Quant à la manière dont Élure doit être puni , les évêques abandonnent cette décision à l'empereur, le priant seulement de vouloir bien pardonner à la ville d'Alexandrie, sans prétendre toutefois que les coupables restent complètement impunis. Plusieurs de ces conciles provinciaux rejettent la proposition du nouveau concile général, comme inutile et même dangereuse ; une seule province exprima une opinion différente : ce fut le concile de Pamphylie. Cette province ecclésiastique possédait deux églises métropolitaines : celle de Perga et celle de Side. Épiphane, métropolitain de Perga, écrivit à l'empereur que les clercs de sa province admettaient les décrets du concile comme une instruction conforme aux écrits des Pères ,' dont on pouvait se servir pour combattre et réfuter les hérétiques , mais non pas comme un symbole destiné au peuple, qu'il fallût communiquer à ceux qui recevaient le baptême , puisque le symbole de Nicée devait servir exclusivement à cet usage. Il serait à désirer, ajoutait-il , que le pape Léon et les autres évêques partageassent cette manière de voir et ne regardassent comme symboliques, ni les décrets de Chalcédoine ni la lettre de Léon à Flavien. Il fallait surtout que l'expression de « deux natures » fût plus clairement expliquée, puisqu'il y avait toujours des personnes qu'elle scandalisait. C'était absolument la même chose que l'on enseignât l'unité sans mélange de deux natures, ou qu'on la déduisît de deux natures, ou bien encore qu'on enseignât une seule nature du Verbe fait homme. Cette dernière paraissait même la plus convenable, d'autant plus qu'elle était confirmée par les écrits de beaucoup de Pères. Une déclaration de ce genre était en outre nécessaire, pour réunir à l'Église tant de chre-