CHAPITRE XV
tiens qui s'en étaient séparés, pour faire cesser les crimes et les actes de violences, ôter aux hérétiques tout prétexte d'opposition et rétablir la paix et l'unité , sans porter la plus légère atteinte au respect dû au concile de Chaicédoine. Pour ce qui regardait Élure , il était à tous égards indigne des fonctions épiscopales , et l'on abandonnait à l'empereur et aux patriarches tout ce qui devait être décidé. Tel était l'avis du concile de Perga. Quoique le rapport d'Âmphiloque , évêque de Side, second métropolitain de Pamphylie , ne nous soit pas parvenu, il est certain que l'opinion de son concile était diamétralement opposée à celle des autres. Les clercs qui le composaient condamnaient aussi Timothée , mais ils refusaient d'admettre le concile de Chalcédoine. Le métropolitain Àmphiloque avait , à l'époque de la réunion de ce concile , manifesté un certain attachement pour Dioscore , et l'on s'était vu dans la nécessité d'exiger de lui une déclaration particulière, d'après laquelle il rejetait la doctrine de cet hérétique. Les évêques de la Pamphylie furent les seuls qui s'écartèrent de l'avis de tous les autres -, le nombre de ceux-ci est évalué par les uns à quatre cent soixante<-dix et par quelques autres même à seize cents.
La réponse des grands solitaires consultés par l'empereur fut conforme à la décision prise par la majorité des évêques. Nous n'avons pas la lettre de saint Jacquesle-Syrien ; celle de saint Baradat , en date du 27 août 458, nous est parvenue. Quant à la réponse de saint Siméon Stylite , nous ne possédons pas le texte de celle qu'il a envoyée à l'empereur, mais son avis nous est connu par la lettre qu'il écrivit à Basile , évêque d'Antioche , où il dit : « Ayant reçu vos lettres , j'ai admiré le zèle de l'empereur, sa piété et son affection pour la
foi des Pères. Ce don n'est pas de nous , comme dit l'Apôtre , mais de Dieu , qui lui a donné cette bonne volonté par vos prières. Tout vil et méprisable que je suis, et l'avorton des moines , j'ai aussi déclaré à Sa Majesté mon sentiment touchant la foi des six cent trente-six Pères qui se sont assemblés à Chalcédoine , m'arrêtent et m' affermissant sur cette foi révélée par le Saint-Esprit. Car si le Sauveur est présent au milieu de dem ou trois personnes assemblées en son nom, comment se pourrait-il faire que le Saint-Esprit ne fût pas au milieu de tant de saints évéques. Soyez donc ferme et courageux pour la vraie religion , comme Josué pour le peuple d'Israël. Je vous prie de vouloir bien saluer de ma part tout votre pieux clergé et votre peuple fidèle.»
Ces réponses des divers conciles , ainsi que tous les documents qui se rapportent à cette affaire, furent rassemblés par l'ordre de l'empereur, et, plus tard, traduits en latin par un certain Épiphane, à la demande de Cassiodore. Ils jouirent pendant longtemps d'une grande autorité , mais ils ne sont parvenus jusqu'à nous que sous une forme très-incomplète. Les trente-sept pièces que nous possédons se ressemblent beaucoup, ce qui est du reste fort naturel , puisqu'elles sont une réponse à la même demande et contiennent la même conclusion.
On ignore l'époque de la mort de saint Jacques-le- Syrien et de saint Baradat ; mais saint Siméon ne survécut que deux ou trois années à la lettre écrite à l'évêque d'Antioche.
En 4-59 , cette ville fut frappée par une effroyable calamité. Du 7 au 8 juin , dans la nuit du dimanche de la Pentecôte au lundi, le peuple venait de se livrer à des désordres et à des brutalités, telles qu'elles surpassent de beaucoup la férocité des bêtes, suivant l'expression