‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 294 sur 378 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

udas, des bienfaits d'une si extrême bonté. Votre ini- )iété a servi maigre vous-mêmes à procurer notre salut, t vous avez été les instruments que Dieu a employés >our l'exécution de ses desseins. Ainsi la mort de Jésus- Christ , qui nous a affranchi de la tyrannie du démon , ait votre condamnation : et c'est avec justice que vous ;tes seuls privés de Celui que vous vouliez enlever à tous es hommes. Cependant la clémence de notre Rédempeur est si grande , que vous pouvez obtenir votre par- Ion , si , confessant la divinité du Fils de Dieu , vous reloncez à votre malice qui lui a donné la mort. Ce n'est x>int en vain que le Sauveur, du haut de sa Croix , a prié le Père éternel , en disant : Mon Père , pardonnezleur, car ils ne savent ce qu'ils font ! Ce remède, ô perfide Judas , ne te serait point inutile à toi-même , si tu eusses eu recours à une sincère pénitence! Elle t'eût porté à te jeter entre les bras de ton Sauveur , au lieu de te donner la mort , lorque tu dis : J'ai péché en livrant le sang du juste. Tu as néanmoins persisté dans la perfidie de ton impiété ; tu n'as point voulu reconnaître Jésus- Christ pour Fils de Dieu : tu Tas toujours regardé jusqu'à la fin comme un homme ordinaire. Ingrat! tu aurais fléchi sa miséricorde, si tu n'avais méconnu sa toutepuissance.

Je ne veux point fatiguer votre attention , mes chers Frères, en m'étendant plus longtemps. Je continuerai, avec la grâce du Seigneur, à parler sur cette même matière, le jour de la quatrième féerie. J'espère que Celui qui m'a inspiré les paroles que je viens de vous adresser,

fera connattre encore ce que je dois tous dire, par les mérites de Notre-Seigneur Jésu*-Christ, qui vit et règne avec son Père et le Saint-Esprit, dans tous les siècles. Ainsi soit41 (i).

J'ai choisi ce sermon, comme un de ceux qui donnent le mieux l'idée de la forme adoptée par saint Léon, de Tordre dans lequel il développe ses idées , du mouvement imprimé à sa parole. Le passage suivant sur la conversion des Juifs sera lu avec plaisir, aujourd'hui que nous- sommes témoins du travail de la grâce, qui fait entrer dans le sein de l'Église un si grand nombre des descendants de ceux qui ont commis le plus grand des crimes $ après plus de treize siècles d'attente , les désin et les prières de saint Léon semblent vouloir commencer à se réaliser :

Aveugles juifs , ouvrez enfin les yeux , et revenez de votre égarement! Renoncez à votre infidélité, et convertissez-vous à votre Rédempteur ! Ne vqus alarmez point de l'atrocité de votre crime; Jésus-Christ n'appelle point seulement les Justes , mais les pécheurs mêmes. Celui qui a prié pour vous pendant qu'où le crucifiait ne vous rebute point malgré votre impiété. Délivrez-vous delà cruelle imprécation de vos pères, et ne vous laissez point lier par la malédiction qu'ils ont prononcée lorsqu'ils crièrent contre Jesus-Christ : Que jçn sang îtr tombe sur nous et sur nos enfants ! Ils vous transmirent

(1) !'• Homélie fur la Positon.

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la noirceur de leur horrible attentat : revenes à un e plein de miséricorde 5 profitez de la clémence îlui cjui veut pardonner. Le sang que vous avez I est devenu le prix de votre salut. Celui que yous

cru. faire périr est vivant ; vous l'avez alors re- ,é z> confessez-le maintenant ; adorez Celui que vous

vendu , afin que sa bonté vous soit utile , puisque e malignité n'a pu lui nuire.

ovvr remplir donc , mes chers frères , les devoirs de e vraie charité , dont nous sommes redevables à nos ternis mêmes, suivant l'exemple et les leçons du Seiîur , désirons de tout notre cœur et donnons tous nos us pour que ce peuple, qui a dégénéré delà noblesse rituelle de ses ancêtres, reprenne les droits de sa preière origine. Cette charité nous rend très-agréables à eu, parce que le crime des juifs nous a donné lieu de ce voir miséricorde, afin que, témoins de notre foi, ils Lssent excités à rentrer dans la voie du salut ; car la iinteté de la vie des âmes pieuses ne doit pas seulement îrvir pour elles-mêmes , mais être utile aux autres , en agnant par leurs bons exemples ceux qu'elles ne peuent ramener par leurs paroles (1).

U n'est pas une seule homélie de saint Léon où il ne s'applique à fortifier la foi de ses auditeurs dans le dogme de l'Incarnation et à combattre les hérésies qui tendaient à dénaturer la vérité de la croyance catholique sur ce

(1) 5« Homélie pour U fitt de l'Epiphanie.

dogme. Tout renseignement de notre grand Pape sur cette question est développé dans les lettres à Flavien, aux moines de Palestine et à l'empereur Léon. Je ne veux donc pas multiplier encore des citations sur le même sujet ; je me bornerai à extraire les deux fragments qui suivent :

Notre Sauveur est né aujourd'hui , mes chers Frères, réjouissons-nous ! le jour qui donne naissance à l'auteur de la vie, ne doit point s'écouler dans la tristesse. Jour heureux ! qui chasse la crainte que. nous avions de la mort , et qui nous ravit de joie par la promesse qui nous est faite d'une éternité bienheureuse ! Personne n'est exclu du bienfait qu'elle nous procure. Nous avons les mêmes raisons de nous livrer à la joie. Notre-Seigneur voulant détruire l'empire du péché et de la mort, et ne trouvant aucun homme exempt de la condamnation prononcée contre les enfants d'Adam. vient pour les délivrer tous. Que celui qui est saint tressaille d'allégresse, parce que le moment de sa délivrance approche ! Que le pécheur se réjouisse ! le pardon lui est offert. Que le gentil prenne courage, parce qu'il est appelé à la vie bienheureuse (1) !

Quel témoignage, mes chers Frères, que celui du Père éternel à son Fils ! et quelle profondeur renfermée dans ces paroles que nous venons d'entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, dans lequel fai mis mon affection; écoutez-le. Ne fait-il pas connaître évidemment que ce Fils lui est consubstantiel et a toujours été avec lnij

(1) Ëiordc de la !'• homélie sur la fête delà Nativité,)

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