‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 293 sur 378 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

flambeaux à la main , mais aveuglée par ses pro- * ténèbres et ne pouvant reconnaître Celui qui t la vraie lumière, le Seigneur, qui avait mieux é attendre ses ennemis que de les fuir (comme nous ►prenons de l'évangéliste saint Jean ) , leur demande A est celui qu'ils cherchent; et eux ayant répondu ) c'était Jésus : C'EST MOI ! leur dit-il. Cette seule •oie, plus terrible qu'un coup de foudre, les terrassa, ï furieux , qui parlaient d'un ton si menaçant , tomat renversés par terre. Quelle conspiration avait-on te contre eux? quelle colère fit-on éclater? Existait-il is préparatifs d'armes pour se défendre? Le Seigneur t ; C'EST MOI! et à cette parole , ces impies prosterîs mordent la poussière. Qui pourra soutenir l'éclat e sa Majesté quand il viendra juger l'univers , puisqu'il fait de tels prodiges dans les jours de son humilité , il moment où il allait être jugé lui-même.

Le Seigneur sachant ce qui convenait le mieux à l'acomplissement du mystère qui devait s'opérer, suspenlit les actes de sa puissance , et laissa à ses ennemis la iberté de poursuivre l'exécution du crime qu'ils méditaient. S'il n'eût consenti à se laisser prendre, jamais ils n'auraient pu se saisir de sa personne; mais comment l'homme pourrpiwil être sauvé , si Jésus ne se livrait lui-même au pouvoir des méchants? Cependant, l'apôtre saint Pierre , qui avait , pour la personne du Sauveur, un zèle plus ardent que les autres , poussé par la ferveur de 6a charité et voulant garantir son Maître de la violence qu'on lui faisait , tira son épée contre un do-

mestique du prince des prêtres qui le pressait de plus près, et lui coupa l'oreille droite. Le Seigneur arrête, dans son apôtre, les mouvements d'un zèle trop vif. Il lui ordonne de remettre l'épée dans le fourreau , et ne veut point qu'on emploie la force pour le défendre contre la fureur de ces impies. L'accomplissement du mystère de notre Rédemption, exigeait que Celui qui était venu mourir pour sauver le genre humain , ne refusât point de tomber entre les mains de ses ennemis. S'il eût différé le glorieux triomphe de la Croix, la tyrannie du démon et la captivité sous laquelle les hommes gémissaient auraient duré plus longtemps. Le Sauveur permit donc aux méchants d'exercer leur rage contre Lui, et cependant, il ne dédaigna point de faire briller à leurs yeux quelques signes de sa divinité. 11 rétablit l'oreille du valet qui avait été coupée, et rendit ainsi son premier ornement à cette tête défigurée. La main de Jésus-Christ répare l'ouvrage qu'il avait formé , et la chair obéit promptement aux ordres de son Créateur.

Reconnaissez à ces traits , mes Frères , les marques de la puissance divine ! Si le Seigneur de la gloire l'empêche d'agir plus longtemps , et permet à ses ennemis de se saisir de sa personne, c'est un effet de l'amour incompréhensible dont il nous a aimés, qui l'a porté à se livrer pour nous , et de la volonté du Père céleste qui n'a point épaegné son propre Fils, mais qui l'a condamné à la mort pour nous tous : car la volonté du Père et du Fils est la même , comme ils n'ont qu'une même divinité. Nous ne vous devons rien, ô Juifs! ni à vous.

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