‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 325 sur 378 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

fut pas, assea heureux pour épargner à sa ville épiscopale l'horrible malheur de tomber plusieurs fois au pouvoir des Huns et des Gotha. Son élection n'eut Heu qu'après le sac de Bologne par Alaric. Mais il déploya toute sa charité à guérir les maux causés par les Barbares , à soulager la misère , à relever les ruines , à reconstruire les églises , à chasser l'hérésie arienne que les Gotha avaient propagée dans leur passage. Ce Saint était fils de Pétrone , préfet du prétoire , célèbre par sa piété et son éloquence. Dès l'âge le plus tendre , saint Pétrone se livra aux exercices de la vie ascétique ; il mit en pratique les exemples des solitaires d'Orient qu'il alla visiter. C'est à son retour de ce voyage qu'il fut élu évéque de Bologne. Il mourut en 450. En 452 , la ville d'Aberdeen, en Ecosse , perdit son évêque, saint Nathalan, renommé par ses connaissances dans la littérature sacrée et profane , par ses austérités , par son amour de la vie contemplative, par ses aumône? et enfin par le %èta et le succès avec lesquels il préserva l'Ecosse de l'invasion du pélagianisme. Saint Grégoire de Tours fait le plus magnifique éloge des vertu» éminentes de saint Eu*toche, évéque de cette ville, défenseur intrépide des droits de l'Église et des règles de la discipline, Il mou*» rut en 464 * Vers la même année mourut auisi saint Maxime > évéque de Riez , en Provence, 11 était abbé de la fameuse abbaye de Lérins > quand 1? peuple de Rie* le choisit pour évéque , malgré sou énergique rén siatanee. Sur le trône épiaoopal , Maxime continua de porter le ciliée, d'observer la règle monastique > san* manquera aucun de ae* devoirs d' évéque, I] noua ***** encore quelques-uns de «es sermons. Une des gloire? de l'Église gallicane au cinquième siècle fut saint Mamert, évéque de Vienne , en Dauphiné, mort en 477. Il joi-

gnait à la sainteté un profond savoir et le don des miracles. L'Eglise doit à ce saint évêque l'établissement des supplications publiques connues sous le nom de Rogations. Un terrible incendie , que Ton ne pouvait arrêter , menaçait la ville de Vienne d'un embrasement général. Saint Mamert se mit en prières, et le feu s'éteignit immédiatement* La nuit de Pâques , il arriva un second incendie , qui causa dans la ville de nouvelles alarmes. Mamert eut recours à ses armes ordinaires-, il se prosterna devant l'autel , et les flammes s'éteignirent d'une manière que saint Avit , son disciple , nomme miraculeuse. Ce fut dans la même nuit que saint Mamert conçut le pieux projet d'établir des supplications publiques , qui, chaque année, se feraient pendant trois jours. Cette institution devint bientôt une pratique universelle dans l'Église d'Occident,

J'ai fait connaître les plus célèbres solitaires de ce siècle , leur mission , l'influence qu'ils ont exercée sur les affaires générales de l'Église et de la société; je compléterai , par quelques autres noms , ce qui concerne l'ordre des moines , à cette époque.

Parmi les anciens Pères des déserts de l'Egypte , on distinguait , sous le pontificat de saint Léon , Jean surnommé le Nain , à cause de sa très-petite taille. Il se retira, avec un de ses frères, dans le désert de Scété et se mit sous la direction d'un saint ermite. Celui-ci , voulant éprouver l'esprit d'obéissance de Jean , lui ordonna d'abord de planter dans un terrain sec le bâton qu'il tenait à la main , et de l'arroser tous les jours jusqu'à ce qu'il produisît du fruit. Le disciple obéit avec simplicité , quoique la rivière qui pouvait lui fournir de l'eau fût à une distance considérable. On raconte qu'ayant exécuté pendant trois ans , s^ns dire un seul mot , ce qui

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