CHAPITRE PREMIER
Wimtmbvemtnt ï>f VÇmpivc Homatn.
LES BARBABE8.
^ Orbit terraram roi t.
Saixt Jéhômi, Ep. zxxt.
Mort de Théodose-le-Grand. — Partage de l'Empire. — Rofin. — Invasion des Barbares. — Stilicon. — Alaric. — Prise et sac de Rome. — Influence de l'Église sur les Barbares. — Alaulf, succe*sevr d'Alaric. — Piacidie et Pulchérie. — Eudoxie. — Bonifcce et Aëiios. — Conquête de l'Afrique par les Vandales.
Le i 7 janvier 395 l'Empire romain agonisant fut témoin de la mort de Théodose-le-Grand, le second fondateur , après Constantin , de la monarchie chrétienne dans le monde. Les qualités illustres de l'empereur, du général et du législateur furent chez ce prince à une égale hauteur, et par ses vertus privées et publiques,
comme par son repentir après ses feutes, il sut prouver que la dignité et la gloire d'un souverain et d'un héros savent se concilier , dans une harmonie parfaite , avec l'accomplissement des devoirs du chrétien. Il fut aimé et pleuré par saint Amhroise, le modèle des évêques k côté du modèle des monarques, et jamais l'éloquence humaine n'a trouvé des paroles plus émouvantes que celles qui sortirent de la bouche de saint Ambroise prononçant l'oraison funèbre de son ami et de son maître, l'empereur Théodose-le-Grand :
« J'ai aimé l'homme miséricordieux et humble sur le « trône ! l'homme au cœur pur et plein de mansuétude ! « j'ai aimé l'homme qui préférait la réprimande à la flat- « terie -, qui a pleuré publiquement dans l'église un pé- « ché que d'autres lui avaient fait commettre par arti- « fice 5 qui l'a pleuré tous les jours de sa vie ! que dirai-je « encore ? il venait de remporter une victoire éclatante ; « toutefois , parce que les ennemis sont restés sur le « champ de bataille, il s'abstient de la participation aux « saints mystères, jusqu'à ce que Dieu lui ait manifesté « sa bienveillance par l'arrivée de ses enfants. J'ai aimé « l'homme qui, à son dernier soupir, démandait mes « consolations ! j'ai aimé l'homme qui, dans ce moment « redoutable, était plus occupé de l'état des églises que « de ses propres dangers! oui, j'ai aimé cet homme, et « c'est pourquoi je le pleure du fond de mes entrailles ! « j'ai aimé cet homme, et c'est pour cela que je ne le « quitterai point que , par mes pleurs et mes prières, « je ne l'aie introduit où l'appellent ses mérites, sur la « montagne sainte du Seigneur, dans la véritable terre « des vivants ! »
Ah ! Dieu veuille que les siècles qui suivront, et le nôtre surtout, soient appelés à 'voir régner des princes