CHAPITRE IV
et l'imposition des mains ; s'ils ont adoré les idoles ou commis des homicides ou des fornications , il faut les mettre en pénitence publique. On voit ici une imposition des mains différente de la confirmation et de la pénitence publique.
Ces décisions montrent tous les efforts de saint Léon dirigés principalement, dès les premières années de son pontificat , vers le rétablissement de la discipline , en y introduisant plus de régularité et de sévérité. Les exhortations et les prescriptions qu'il adressa pour le même sujet aux évêques de Sicile et d'autres parties de l'Italie prouvent , comme celles que nous venons de citer, que si le mal avait gagné de tous côtés, l'activité du Pape pour y porter remède, frappait partout où les abus s'élevaient, et qu'il veillait avec une sollicitude égale sûr la Gaule et l'Afrique, sur l'Italie et l'Espagne.
Les deux lettres aux évêques de Sicile et d'Italie concernent les faits suivants :
Peu de temps après la prise de Garthage , c'est-à-dire l'an 440 , sous le consulat de l'empereur Valentinien avec Anatolius , Genséric passa en Sicile , la ravagea et assiégea Païenne , qui soutint longtemps le siège. Maximien , chef des ariens en Sicile , condamné par les évêques catholiques , excita Genséric à persécuter ces derniers, pour les obliger à embrasser l'arianisme 5 il y en eut quelques-uns qui souffrirent le martyre. En cette calamité de la Sicile , saint Léon envoya du secours à Paschasin , évêque de Lilybée , par Silanus , diacre de l'Eglise de Païenne , avec des lettres de consolation , et en même temps il le consulta sur le jour de Pâques de l'année suivante 444, comme il avait déjà consulté saint Cyrille d'Alexandrie. Paschasin répondit au Pape qu'après avoir bien examiné la question, et calculé
exactement , il avait trouvé, comme saint Cyrille , que le jour de Pâques de l'année suivante devait être le dimanche neuvième des calendes de mai , c'est-à-dire le vingt-troisième d'avril , dont il explique les raisons. 11 fait mention du miracle d'un baptistère de Sicile, arrivé l'an 417, sous le pontificat de Zosime.
La même année , 443 , saint Léon écrivit aux évêques de Campanie , de Picenum , de Toscane , et de toutes les provinces suburbicaires , une lettre décrétale. Picenum est aujourd'hui une grande partie de la marche d' Ancône. Trois évêques , Innocent, Légitime et Ségèce, furent chargés de porter dans les provinces cette décrétale, qui apparemment était le résultat d'un concile. Elle reprend divers abus : que l'on élevait au plus haut rang du sacerdoce des gens de condition servile , ou engagés à des devoirs incompatibles avec le service de l'Église et quelquefois malgré leurs maîtres; que l'on ordonnait des bigames ; qu'il y avait des clercs qui prêtaient à usure ou sous leur nom , ou sous des noms empruntés , quoique l'usure fût défendue même aux laïques. Le Pape ordonne qu tous ces abus soient retranchés, sous peine aux évêques contrevenants, d'être interdits et privés de sa communion, et il recommande d'observer les décrets de saint Innocent et de ses autres prédécesseurs.
Les conciles provinciaux concouraient avec le Pape au rétablissement de la discipline. Nous signalerons particulièrement le premier concile d'Orange, en 441 , et le concile de Vaison, en 442. Les canons de ces deux conciles sont une nouvelle preuve des sentiments de charité et de liberté qui distinguaient l'Église dans ces1 siècles de violences et d'esclavage. Le concile d'Orange prescrit de donner aux insensés , souvent si maltraites