‹ Histoire du pontificat de S. Léon-Le-Grand et de son siècleChapitre 72 sur 378 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tous troublez-vous? Nous vous ferons connaître ce que porte la citation. Le concile l'avertit pour la seconde fois de venir répondre à l'accusation de l'évéque Eu-

ScDu.

Alors ils sont entres et nous ont introduits auprès d'Eutychès. Nous lui avons donné la citation; il Fa fait lire devant nous , puis il a dit : Je me suis fait une loi de ne point sortir du monastère, si la mort ne m'y contraint ; l'archevêque et le concile voient que je suis vieux et cassé. Ils peuvent faire ce qui leur plaira, je les prie seulement que personne ne se donne la peine de venir pour une troisième citation , je la tiens pour faite. Il nous a pressés de nous charger d'un papier; mais nous l'avons refusé, en répondant : Si vous avez quelque chose à dire, venez le dire vous-même. Nous n'avons pas même voulu en entendre la lecture; il l'a signé , et comme nous sortions , il nous a dit qu'il l'envoyait au concile.

Le prêtre Théophile confirma ce rapport de Marnas , et le concile ordonna qu'Eutychès serait cité pour la troisième fois, par Memnon, prêtre et trésorier, Épiphane et Germain , diacres , chargés d'une citation par écrit , pour le quatrième jour après , c'est-à-dire le 17 novembre.

Le 16 novembre se tint la quatrième session. Asclépiade, diacre et notaire, dit : Quelques moines d'Eutychès et l'archimandrite Abraham demandent à entrer.

Flavien : Qu'ils entrent; — et il leur demanda le sujet de leur venue.

Abraham : Eutychès nous a envoyés parce qu'il est malade. En vérité , il n a point dormi toute la nuit et n'a fait que gémir. Je n'ai point dormi non plus , car il

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m'avait èftvôyé cherche*- dès liief soif, et il m'a dh«fgé de paroles pôUr voua.

FlàviëH : Nous ne le pressons pas $ e'eât & Dieu dô donner la santé , et à nous d'attendre qu'il se pôftê mieux ; nous ne sommes pas cruels. Dieu noué a établis pour exercer l'humanité «

ÂBRAHAte : Il m'a chargé de quelque autre éhosej que je dirai si vous m'interrogez*

Flaview i Gomment se peut-il faire , je vous prie, qu'un homme étant accusé, un autre parle pouf lui? Nous' ne le pressons pas ; s'il vient ici, il trouvera des pères et des frères; il ne nous est pas inconnu ) nous conservons enéore de l'amitié pour lui. S'il est venu autrefois soutenir la vérité contre Néstorius, combien plutôt doit-il venir la défendre pour lui-mênie? Nous sommes hommes, plusieurs grands personnages se sont trompés 4 11 n'y a point de honte à se repentir, mais il y en a à demeurer dans son péché. Qu'il vienne îgî et qu'il confesse sa faute, nous lui pardonnons le passé) et qu'il nous assure pour l'avenir de se conformer aux expositions des Pères et de ne plus dogmatiser. Il le faut, je l'ai connu avant vous* Vous savefc le zèle de l'accusateur; le feu même lui paraît froid» Dieu sait combien je l'ai prié de se modérer! îe ne l'ai pas pei* suadé , que puis-je faire ? Veux-je votre perte ? Dieu m'en garde !

Le lendemain , 1 7 novembre , se tint la cinquième session. Le prêtre Memnon y député pour la troisième citation , fit son rapport en ces termes :

Eutychès a répondu : J'ai envoyé l'archimandrite Abraham pour consentir, en mon nom , à tout ce qui a été déclaré par les Pères dû Nicée et d'Éphèse , et par lé bienheureux Cyrille,

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Ëtisèbè de Doryïée, ceignant de passer peur calomniateur, si le concile 6e contentait de cette déclaration, interrompu le rapport de Menmon :

n vient maintenant consentir; je lie l'ai pas accusé dé l'avenir, mais du passé. Si on lui donne maintenant une exposition qu'il Souscrira par nécessité , ai-je potif (épêrdama cause?

Flavien : Personne ne vous permet de vous désister de l'accusation, ni à lui de ne se pas défendre du passé. Ëusebe : le vous prie que cette parole ne me fasse pas préjudice; j'ai de bons témoins. Autrement dites au* voleurs qui sont en prison : Ne volez plus désormais ; ils\e promettront tous.

Memnon continua son rapport, et conclut en annonçant que Ëutycfcès avait demandé un délai du reste dé la semaine, promettant de se présenter au concile le lundi suivant.

Ensuite on fit venir ceut qui avaient été envoyés aux monastères pour s'informer des écrits d'Eutychès, et le prêtre Pierre dit :

Nous avons été au monastère de Martin, prêtre et archimandrite ; et l'ayant interrogé, il nous a répondu : Vendredi dernier, douzième de ce mois de novembre, Eutychès a envoyé ses écrits par un diacre nommé Constantin, me priant d'y souscrire. Je refusai, en disant que ce n'est pas à moi à souscrire, mais seulement aux évêques. Il insista : Si vous ne conspirez pas maintenant avec moi, l'évêqué m'accablera et viendra aussi fondre sur vous. — De là , nous avons été trouver le prêtre et archimandrite Fauste.

Flavien, interrompant le rapport : Que disait l'abbé Martin du contenu de cet ouvrage qu'il n'a pas voulu souscrire ?

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Pierre : Il disait que c'était la doctrine du concile d'Éphèse et de saint Cyrille, qu'il y avait une souscription, mais qu'on la cachait. L'abbé Fauste a dit aussi qu'on lui avait envoyé l'écrit par Constantin et Éleusinius, pour le souscrire. Il demanda ce qu'il contenait. On lui répondit que c'était l'exposition de Nicée et d'Éphèse. Il dit : Nous en avons autant, laissez-le-moi considérer de peur qu'il n'y ait quelque addition. Ils ne voulurent pas et se retirèrent. Fauste ajouta : Nous sommes enfants de l'Église , et après Dieu nous n'avons point d'autre père que l'archevêque.

Après ce rapport, Eusèbe deDorylée demanda qu'Eutychès fût jugé suivant les canons , prétendant qu'il y avait assez de preuves contre lui. Flavien en convint et, toutefois, pour plus grande sûreté, il accorda à Eutychès le délai qu'il avait demandé.

La sixième session fut tenue le samedi 20 novembre. Eusèbe de Dorylée demanda qu'on appelât, pour le lundi suivant, certaines personnes qu'il désigna et dont le témoignage lui était nécessaire pour la poursuite de son accusation. Flavien ordonna qu'elles fussent appelées.

Eusèbe ajouta : J'ai appris que les prêtres Marnas et Théophile, qui ont été envoyés à Eutychès pour la seconde citation, lui ont entendu dire quelque chose dont ils n'ont pas déposé et qui peut servir à faire connaître ses sentiments. Je demande qu'ils le déclarent devant les saints Évangiles.

Marnas était absent; Théophile présent, étant interrogé, répondit :

Eutychès nous dit, au prêtre Marnas et à moi, en présence du prêtre Narsès , de l'abbé Maxime et de quelques autres moines : En quelle Écriture trouve-t-on deux natures ? et ensuite : Qui des saints Pères a dit que

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