SAINTE-COLOMBE
Sancta Columba, 1184. Sancta Columba in caleto, 123). Sancta Colunna, E. R. Sainte-Colonbe, 1 289-1 462. Sainte-Colombe, 1419.
On trouve aux archives de la Seine-Inférieure la charte par laquelle EmengarddeCuverville, avec ses fils Guillaume, Henri et Rémi, et après lui, Gosselin de Sainte-Colombe, son gendre, aussi avec ses enfants Richard et Guillaume, renoncèrent, en faveur des religieux, à tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur Téglise de Sainte-Colombe, à l'exception du presbytère, dont ils voulaient réserver l'usage en son entier au curé de la paroisse, à charge pour lui de payer, chaque année, dix sols de monnaie courante entre les mains des chanoines réguliers.
Les curés ne furent pas toujours exacts, sans doute, à payer cette rente de dix sols qui leur avait été imposée par Emengard de Cuverville, puisque, en 1266, Guillaume de Saane, trésorier de l'église cathédrale, nommé arbitre pour aplanir une discussion soulevée à ce sujet entre les religieux de Saint-Lô et dom Gautier, curé de Sainte-Colombe, condamnait ce dernier à payer, par arrangement, seulement cinq sols au lieu de dix que les religieux réclamaient comme leur étant dus (i).
D'après les intentions du donateur, le prêtre destiné à desservir la cure de Sainte-Colombe devait être présenté
(i) r. p. just., XV f.
par le seigneur de Cuverville ou par ses héritiers au prieur de Saint-Lô, qui était chargé de le pourvoir du bénéfice (i).
Cette charte, sans date, ne pourrait nous faire connaître l'époque où cette donation eut lieu, si Rotrou, qui fut archevêque de Rouen pendant les années 1164 à 11 83, ne l'avait lui-même acceptée en se réservant toutefois ses droits d'évêque (2). Après lui le chapitre de la cathédrale la ratifia encore (3), et deux papes, Luce III et Urbain El, la confirmèrent à leur tour successivement par des bulles datées de 1 184 et 1186(4). Enfin, Maurice, archevêque de Rouen, la reconnut bonne et valable en 123 1 (5).
A cette même époque, sans doute, un certain Gilbert d'Orival donna, libre de toute charge, un manoir situé à Sainte-Colombe, près de l'endroit où étaient édifiés les granges des chanoines et les autres bâtiments qui leur étaient nécessaires pour se loger, en spécifiant d'une manière positive que ce manoir n'était pas destiné à l'usage du vicaire, et que le curé lui-même ne pourrait y rien réclamer ni changer sans le consentement des religieux (6).
Mais il était dit que ceux-ci ne pourraient pas jouir longtemps des avantages qui leur étaient faits. Deux années s'étaient à peine écoulées que déjà Guillaume de Cuverville, fils aîné d'Emengard, et Gosselin de Sainte-Colombe, ceux-là mêmes dont les noms figuraient à la charte de donation, réclamèrent le droit de patronage.
(i) V, p. just, XV.
(2) r. p. just., XV a.
(3) r. p. just., XV b.
(4) V. p. just., XXUI.
(5) V. p. just., XV c.
(6) y. p. just., XVd,
La contestation, débattue devant Maurice, archevêque de Rouen, fut décidée par lui, Tan 123 1, en faveur des religieux.
Les seigneurs de Sainte-Colombe appelèrent de ce jugement et obtinrent, par l'entremise des prieurs de HouviUe et de Basqueville, des lettres apostoliques en vertu desquelles la contestation recommença en 1233. Il fut alors convenu que, par amour pour la paix et afin de décider la question, l'affaire serait soumise à l'arbitrage de cinq religieux du couvent de Saint-Lô : Guillaume Le Moine, Robert d'Ecretteville, Raoul du Mesnil, Jean de Fécamp et Robert d'Espagne, qui, par une convention expresse, devaient faire leur rapport avant le jour de saint Michel au Mont-Gargan de la même année (i).
Effectivement, au mois de septembre 1233, trois jours avant l'époque fixée, les arbitres sus-nommés portèrent leur jugement, et décidèrent, comme on devait s'y attendre, que les ancêtres des sieurs Gosselin de Sainte-Colombe et Guillaume de Cuverville, ayant renoncé solennellement, pour eux et pour leurs descendants, au droit de patronage sur l'église de Sainte-Colombe, en faveur des religieux de Saint-Lô, ceux-ci devaient seuls jouir de ce droit et les seigneurs du lieu renoncer à leurs prétentions (2).
Comme de simples religieux n'avaient pas de sceau qu'ils pussent placer au bas de cette déclaration, pour lui donner plus d'authenticité, Nicolas, prieur de Saint-Ouen, et Jean, prieur de la Madeleine, qui avaient assisté au prononcé du jugement, y apposèrent celui de leurs couvents.
Malgré cet arrêt, formulé avec tant de justice et de solcn-
(i) V. p. just., XVi».
(a) V. p. just., XV/.
nité, le sire de Cuverville nous paraît avoir persisté dans son instance, puisque ce n'est qu'au mois d'octobre de l'année 1289 qu'il reconnut ses prétentions mal fondées (i) et qu'il prononça son désistement officiel aux assises de Cany, le jeudi après la Saint-Mathieu, apôtre, ainsi que le prouve la curieuse sentence du bailli que nous transcrivons ici :
« A tous cians qui ces lettres voront, le bailli de Caus, salut. Comme contens fust entre le prieur et le couvent de Saint-Lô de Rouen dune part et Guillaume de Cuverville escuier dautre sus le droit de patrognage de leglise de sainte Coulonbe. Sachent tout que es assises de Cani qui fusrent lan de grâce mil cccc quatre vins et neuf le jeudi après feste de saint Mahin lapostre le dis Guillaume sacorda que le drois du patrognage apartenoit au dis prieus et couvent es en doit le dis Guillaume asseurer soufEsanment les devant dis prieus et couvent de lui et de ses hoirs que il ne si hoir ni demanderont jamais riens ne es deus pars de la disme de la dicte paroche de sainte Coulombe et le dit prieus et couvens pour racheter leur travail li doivent donner trente livres de tournois. En temoîg de ce nous avons ces lettres seelees du seel de la baillie de Caus sauf le droit le roi et lautrui qui fust fait en lan et jour desus dis. »
Pendant ce débat, les religieux paraissent avoir joui librement de leur droit de patronage. En effet, dans une lettre d'installation datée de 1249, on voit que Eude Rigaud, archevêque de Rouen, nomme à la cure de Sainte- Colombe, frère Clément de Gien (de Gyenio), sur la présentation du prieur et du chapitre de Saint-Lô (2).
Cet état de choses se prolongea pendant quelques années
(1) r. p. just., XV.
(2) V. p. just., u.
et le chapitre de Saint-Lô nommait encore à la cure en 1340 sans contestation. Mais à cette époque, malgré les longs débats avec Guillaume de Cuverville, malgré les nombreuses chartes et les titres produits par les religieux en faveur de leurs droits sur le patronage et les dîmes de la paroisse^ le chevalier Robert de Houdetot voulut essayer encore de les revendiquer. Cettte prétention doit paraître d'autant plus extraordinaire qu'un cenain Guillaume de Houdetot, sans doute le père du réclamant, avait signé comme témoin à la renonciation du sire de Cuverville.
Il fallut donc, recommencer une longue et dispendieuse procédure. On voit dans les pièces de l'enquête que « le sergent, porteur du brief de patronage contre le dit chevalier... dimanche dernier à heure de messe en la présence de grant foison de bones gens avait esté devant le maistre autel de Sainte-Coulombe et soubs le crucefis de la dicte église, en la nef dicelle, au passage du cimetière, au prèsbicère, sus une pieche de terre de ausmone et au prouche lai fieu, et en tous ces lieux avoit leu le brief. »
Les religieux ayant perdu leur procès devant le bailli de Caux, présentèrent une sédule au roi pour exposer leur bon droit.
Celui-ci renvoya la cause devant l'échiquier en recommandant d'y faire prompte justice, en ces mots :
« Philippe par la grâce de Dieu rois de Franche a nos âmes et feauts gens qui tendront notre prouche échiquier de Roan... vous mandons et commetons que repris les procès fais par devant le dit lieutenant vous alliez avant en la dicte cause et les parties oies faites leur bon droit et brief la coustume du pais gardée. » Il recommandait, en outre, que le bailli ne s'occupât plus de l'affaire. « Donné au bois
de Vincennes le xxii® jour de décembre l'an de grâce mil CGC. XL. »
Malgré une protection aussi puissante, l'arrêt de l'Échiquier ne fut cependant prononcé qu'en 1342.
Entre autres choses le jugement disait que le curé présenté à la cure de Sainte-Colombe par le prieur de Saint-Lô sera^maintenu en possession du dit bénéfice, à l'exclusion du candidat patroné par M. Robert de Houdetot, qui cependant était chevalier et conseiller du roi, et que les religieux resteraient désormais en propriété comtne en possession du patronage de l'église, nonobstant l'empeschement^t opposition du dit chevalier. Ce jugement parut si important que les religieux conservèrent, et nous avons retrouvé aux archives, les noms de ceux qui témoignèrent en leur faveur (i).
En conséquence de cet arrêt, le roi s'empressa d'accorder des lettres royaux confirmant à Saint-Lô la possession du pa-
(i) « Che sont les nons de ceuls qui furent au iugement des religieux de Saint-1^ de Rouan contre mons. Robert de Houdetot. n
Nous ne donnons ici que les noms les plus notables.
Le bailli de Caen. Gautier D'Ausonville.
M. Robert de Fonteney. Guerart de Biaucbamp.
M. Richard de Condé. Robert de Trousseau ville. '
M. Pierre de Fescamp. Simon de Venois.
M. Raoul de GniberviUe, ch*. Régnant de Vimars.
M. Raoul de MeuUant* Nicolas de Betencourt.
M. Alain de Cl inchamp. Pierre de Saint- Victor.
Le vicomte du Pont-Audemer. Regnaut des Napes.
Le bailli de Fescamp. Robert de Gaillart-Bosc.
Maistre Pierre de Mont-Aubert. Ricard de Danpierre.
Guillaume de Meulan. Mathieu de Balue.
Joseph de Castellore. Robert de Bondeville. Philippe de Beaurepaire.
Cent huit noms figurent sur cette liste reconnue exacte par les maiires fenant Vkbi^uier,
tronage de Sainte-Colombe, et par suite, le chevalier Robert de Houdetot fut contraint d'y renoncer lui-même et de reconnaître, devant TÉchiquier de Rouen la justice du jugement rendu contre lui.
Mais les bons moines ne devaient pas encore jouir tranquillement de leurs droits, et jamais peut-être aucune propriété ne causa autant de procès, ne donna auunt de peine à un monastère que celle de Sainte-Colombe aux religieux de Saint-Lô.
Il y avait à peine vingt-six ans que leur dernière affaire était terminée, que déjà haut et puissant seigneur Joachim Ruault de Gamaches, sieur de Sainte-Colombe et maréchal de France, agissant au droit de demoiselle de Chally et de Nicolas de Cuverville, leur envoyait aussi une assignation pour comparaître aux plus prochaines assises du bailliage de Caux et de s'entendre condamner pour avoir usurpé le patronage de Sainte-Colombe dont il se disait seul seigneur et patron.
Les religieux cependant n'eurent pas de peine à prouvele contraire, et le 9 août de Tannée 1374 le sieur de Car mâches dut se désister à son tour comme ses devanciers et reconnaître l'inutilité de sqs injustes prétentions devant le bailli de Caux, lequel délivra des lettres confirmatives de ce désistement.
Nous ne voyons pas que par la suite les religieux aient été inquiétés de nouveau, pour cette même cause du moins, et la dernière pièce relative à la cure que nous ayons trouvée est un accord entre « Pierre Lescalopier, prêtre chanoine régulier de présent étant au prieuré de Saint-Lô de Rouen, et le prieur-curé du prieuré de Sainte-Colombe, dépendant du prieuré du Parc du dit ordre de Saint-Au-
gustin, diocèse d*Evreux », qui résigna son bénéfice de Sainte-Colombe entre les mains de Anthoiçe du Becquet, aussi chanoine de Saint-Lô, à condition que le dit sieur du Becquet le tiendrait quitte de toutes les réparations qui étaient à faire au chancel de Téglise et au manoir presbytéral, qu'il se chargerait défaire lui-même, sauf à poursuivre le prieur du Parc pour Taider dans ce travail. De plus, comme le bénéfice du prieuré-cure de Sainte-Colombe était de peu de valeur et insuffisant pour faire vivre un curé, il fut convenu, en présence de frère Antoine Vatrée, prieur claustral de Saint-LÔ, se portant fort pour les autres religieux du prieuré, que l'on payerait à l'avenir à frère du Becquet, chaque année et par quartiers, la somme de deux cents livres, à partir « de la feste de la Nostre Dame de la my aoust ».
Quant aux dîmes, il y eut aussi à Sainte-Colombe, comme partout ailleurs^ d'assez nombreuses contestations. En 162 1, les religieux prétendaient avoir le droit de les prélever sur toute la paroisse et sur un certain champ appelé les CostUres de la Bucailky tandis que le curé les revendiquait pour luimême, avec les dîmes des terrains nouvellement défrichés. Le différend ayant été porté devant l'Official de Rouen, il fut convenu, avec le consentement du curé Gautier et du porteur de pouvoir nommé par les religieux pour les représenter, que toutes les dîmes provenant des champs et des dosages sus-indiqués seraient chaque année apportées dans la grange commune qui existait dans la paroisse, que les religieux en prendraient pour eux deux parts, la troisième restant pour le curé, qui aurait en plus à son profit les dîmes provenant des navales ou terres nouvellement défrichées (i).
(i) r. p. just.. XV b.
Par un autre arrangement daté de 1475, les dîmes étaient recueillies^ engrangées et battues à frais communs, dont le tiers était supporté par le curé et les deux autres tiers par le fermier de ces dîmes, au droit des chanoines réguliers, lequel fermier, par suite de cet arrangement, était obligé de prêter la grange dîmeresse moyennant une redevance de vingt sols que le curé devait payer pour le loyer de la dite grange.
A Sainte-Colombe, comme dans toutes les autres paroisses où les religieux avaient des droits, le revenu des dîmes était loué, moyennant une certaine redevance, à un fermier qui offrait comme garantie du payement la caution d'un personnage important du pays, et c'était sur ce dernier que Ton avait recours lorsque le preneur ne remplissait pas ses engagements.
En 155$, comme les fermiers des dîmes étaient obligés à la réparation de la grange dîmeresse et des autres bâtiments, qui cependant étaient mal entretenus, les religieux s'adressèrent à M. de Cuverville, dont la signature en garantie figurait au bail, et profitèrent de la circonstance pour lui intenter un procès et pour réclamer, avec la réparation de leur grange, la restitution de plusieurs usurpations qu'il avait commises. Us demandaient notamment qu'il fût condamné à leur rendre une pièce de terre sur laquelle il avait empiété pour agrandir sa cour ou pour élargir des chemins, et à leur rembourser le prix de sept à huit vingt chines (140à 160) qu'il avait jugé à propos d'abattre parce qu'ils le gênaient.
M. de Cuverville invoqua pour sa défense que, tous ses biens ayant été confisqués par les Anglais, il y eut de grands changements faits dans le pays, dont il ne pouvait être res-
pensable, et que, d'un autre côté, les religieux s'appropriaient des dîmes qui lui appartenaient comme seigneur de Sainte-Colombe, etc.
Ces moyens de défense ne furent pas admis, et M. de Cuverville, battu sur tous les points, fut obligé de contribuer pour moitié à la réparation de la grange, de rendre la terre, de payer les arbres et de renoncer aux dîmes qu'il revendiquait.
Pour, terminer ce conflit, les religieux consentirent à échanger le terrain où était située leur grange et qui convenait au sieur de Cuverville contre une autre pièce de terre que celui-ci leur donna, avec une somme de cent livres, pour les aider à y faire transporter leur grange dimeresse.
Cependant, un arrêt du Parlement daté de 1655 peut nous Êûre douter que toutes les conditions n-dessus aient été exactement observées. On y trouve les considérants que nous résumons ici brièvement : attendu que les religieux ne peuvent trouver à louer les deux tiers de leurs dîmes, aucun habitant ne voulant les prendre à bail dans la crainte de blesser le sieur de Sainte-Colombe qui les tenait autrefois ; attendu aussi que la grange dimeresse est en trop mauvais état pour que l'on puisse y renfermer des récoltes, condamne les habitants à payer leurs dîmes en argent et à donner pour les remplacer la somme de trente sous « par acre tant plein que vide ».
Un autre arrêt, de 1656, ordonnait aux habitants de fournir une grange ou de payer la somme sus-indiquée, trente sous par acre. Puis on permit aux religieux d'engranger leurs dîmes dans des bâtiments situés dans les paroisses voisines « es hameaux contigus », vu que les habitants n'ont pu en offrir de convenables, à condition cependant
que le chapitre fournira les feurs par préférence aux paroissiens de Sainte-Colombe à prixcourant et raisonnable (i) ».
Le dîtnage de Sainte-Colombe se composait de neuf cents acres de terre, dont, par conséquent, trois cents étaient pour le curé et six cents pour les religieux, qui étaient louées par bail, en 147s, moyennant cent cinquante livres tournois.
Le fermier de ces dîmes, en 1577, devait payer au prieuré, pour sa part, en deux termes égaux, « Noël et Saint- Jehan, la somme de II ce L 1. et un baril de harenc blanc plain et paigne avec troys cents de harenc sor du meilleur que Ton pourra trouver en la ville de Rouen et au choix de Monsieur (le prieur) ou ses recepveurs au jour de Chandeleur. »
Plus tard on ajouta aux deux tiers des grosses dîmes une masure de deux acres et demie, plantée et bâtie, où étaient assis une maison habitable, la grange, un colombier dans lequel se trouvaient trente aires (2) de pigeons, écurie, étable, four, etc., avec quelques autres terres et trente livres de soumissions par an. Le tout était loué, en 1752, par le prix de 780 livres, et, en 1773, 1,200 livres. Dans le partage des propriétés fait en 1647 avec l'abbé commendataire de Cordes, ces mêmes dîmes n'avaient été estimées qu'à 330 livres.
Suivant l'usage de Sainte-Colombe, la dîme se payait
(i) Suivant les obligations imposées par la coutume de Normandie aux gros décimateurs, ils ne pouvaient loger le produit de la dime ailleurs que dans la grange dimeressc, et cette grange, k moins d'une autorisation contraire, devait être placée dans l'enceinte de la paroisse où s'exerçait le droit du dimage. Lorqu*ils faisaient battre leurs grains, ils devaient en prévenir les paroissiens pour qu'ils pussent venir en prendre les pailles, et s'ils voulaient vendre ces pailles, ils devaient toujours suivre le prix courant dans le canton et donner la préférence aux habitants de la paroisse.
(2) Couples.
dans la paroisse à la onzième gerbe (i), et les religieux de Saint-Lô avaient le droit de dîmer sur les trèfles, sainfoins, lins, chanvres et rabettes.
Quant à la cure, elle était estimée, dans le pouillé d'Eude Rigaud, à 90 livres de revenu, et, vers le milieu du xv!!** siècle, à 1,300 livres. Elle était alors desservie par un prêtre séculier.
En leur qualité de gros décimateurs les chanoines de Saint-Lô étaient obligés à l'entretien du chancel de l'église; mais par une transaction passée devant l'Official de Rouen en 1491, ils furent déchargés à perpétuité de cette servitude, moyennant une rente annuelle de vingt sous, qu'ils s'engagèrent à payer au trésor de la fabrique.
Cependant, en 1683, ce chancel étant tombé en ruines, fut réédifié à neuf aux frais des religieux pour les deux tiers, et du curé pourle troisième. La dépense s'éleva à 2, 100 livres. On fit venir le plâtre de Saint- Valéry; il coûtait cinq livres le mont. On paya, pour les cinq charriots qui l'apportèrent, onze livres ; pour cent et demi de bûches nécessaires pour le cuire, neuf livres ; pour les deux hommes qui furent occupés à le battre et à le cribler pendant trois jours, trentesix sous.
La copie d'un acte de fondation passé en 1331, le samedi veille de la Purification, nous apprend qu'un certain Jehan Dauthîgny, chevalier, autrement dit Le Sauvage, sieur de Houspillières, « considérant 1 a saincte célébration des messes et offices comme salutaire à la rédemption et absolution des âmes fonde une chappelle perpétuelle au nom de la saincte Trinité a l'honneur et louanges de Dieu et de la benoiste
(1) Arrêt du Parlement en 1657.
vierge Marie sa mère de tous sains et de toutes sainaes pour Tame de moy dit Jehan et de Jehane de Neville espouse de moy Jehan pour les âmes de mon père et de ma mère de mes enfans et de tous mes antecesseurs laquelle chappelle j'ai fondée au bout de ma cousture de OuspiUières et contenant demye acre de terre pour chappelle et hébergement au manoir de dix chappellains illec faisant le service divin a prendre au costè jouxte la maison Robert etc. illeques j'ai establi... deux chappellains perpétuellement qui leur service feront de ceste manière cest ascavoir au jour de lundi deux messes de requiem au mardi une messe de Nostre Dame au jeudy une messe de Sainct-Esprit et aux jours de mercredy vendredy et samedy diront deux messes de... suivant que iceux deux chappellains auront dévotion... et pour le vivre de ces deux chappellains j'ai Jehan dessus dit ai donne en fief et héritage perpétuel a ces dits chappellains sans rien retenir vingt quatre acres de terre assises en la parroisse de Saincte-Collombe en Caux les quelles je tenois de CoUart de Cuverville escuyer lequel CoUart les tenoit en arrière fief de Mons. Robert de Houdetot. »
CoUart de CuverviUe et Robert de Houdetot confirmèrent cette donation faite par leur cousin et ami le sieur de HouspUlières.
Nous ne savons où était située la chapeUe dont il est ici question. Toussaint Duplessis pense qu'U n'en existait pas à Sainte-Colombe, bien que le pouillé de 1738 en signale une sous le vocable de Saint-Thibaud, qui par conséquent ne serait pas la nôtre.
Sur une tombe placée dans le chœur de Téglise on voyait les armes de Jean de Cuverville, seigneur du lieu, et celles de sa femme, Françoise de ChenereUes» morte en 1442.
Les Cuverville portent de gueules à trois chevrons d'or et la famille de Chenerelles d'argent à un lion de sable.
Sous une autre tombe reposait messire Vulfran de Cuverville, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, lequel décéda le 6 septembre 1624, et prenait alors le titre de seigneur et patron de Sainte-Colombe.
Au-dessous du chœur existe un caveau qui fut trouvé, en 1861, renfermer cinq cercueils appartenant aussi aux membres de la famille de Cuverville,
D'après l'aveu de 14 19 les religieux avaient à prendre dix sous de rente- sur le presbytère de la paroisse.
L'église de Sainte-Colombe dépendait de l'archidiaconé du Petit-Caux, doyenné de Canville, bailliage de Caux, élection de Caudebec; un''* feux suivant le pouillé d'E. R.
Commune et arrondissement d'Yvetot, dans une jolie plaine et sur le bord de la route de Saint- Valéry ; 463 habitants.
SOMMESNIL
De Sonmeisnillo, E. R. Solmenilt, R. Roussel. Soubmesnil, 1648.
La Sainte-Vierge.
En la vicomte de Montivilliers, paroisse de Sommesnil, sur le moulin neuf de Herville appartenant à M. d'Estouteville, le prieur de Saint-Lô avait le droit de prélever une rente de trente-six mines de blé de moulture telle que le dict moulin moult. Cette rente était exigible chaque année le jour delà Toussaint (i).
(i) V, p. iust.. LXVIIII.
Doyenné de Canville, bailliage de Caux, vicomte de Montivilliers, valait xxv livres; xuiii feux.
Arrondissement dTvetot, canton d'Ourville, 300 habitants.
Suivant le pouillé d'E. Rigaud, c'était le roi qui nommait à la cure; du temps de Raoul Roussel et plus tard, c'était le seigneur du lieu.