‹ Histoire du priviláege de Saint-Romain (volume 2)Chapitre 48 sur 77 · David La Rose , de Saint-Lô , tanneur, âge' de M ans · texte numérisé non relu

David La Rose , de Saint-Lô , tanneur, âge' de M ans

Etant allé voir une petite Tenue qu'il avait à Saint-Ebrémondde— Bon-Fossé , près de Saint-Lô , il s'aperçut qu'un nommé Chemin taisait charrier des terres sur une portion de cour qui lui appartenait et que des sentences récentes avaient reconnue être sa propriété ; il lui dit qu'il était malhonnête de vouloir jouir de force de son bien, malgré les sentences de justice. Chemin , sa femme et leurs gens répondirent à La Rose par des injures grossières, et se mirent à le poursuivre , armés de pierres, de houes et de bâtons. La Rose ayant voulu frapper Chemin avec une hallebarde, Chemin, avec sa houe, détourna cette arme , qui alla porter à sa femme un coup mortel.

La Rose était protestant lorsque ce fait se passa ( le 24 décembre 1681 ) ; il fit abjuration en janvier 1682.

p. Robert De Picquot, écuyer , chevalier, sieur de

Magny-la-Campagne, diocèse de Séez, chevau-

léger de la garde, âgé de 38 ans.

Jacques De Picquot , écuyer , sieur de Magny ,

âgé de 50 ans.

Claude De Maxherbe, écuyer, sieur d'Amanville,

âgé de 46 ans , demeurant au Vieux-Fumé ,

diocèse de Séez.

Olivier Bonnet, de Vaux -la-Campagne, diocèse

de Séez, âgé de 3â ans.

Le sieur De la Morandière , beau-frère des sieurs De Picquot , étant mort , le conseil de famille avait nommé Tanneguv Besnard tuteur principal, mais avait ordonné qu'une

fille , âgée de 1 7 ans , que laissait le sieur De la Morandière , serait remise entre les mains de Jacques De Picquot, son oncle, qui la placerait dans un couvent. Mais Tanneguy Besnard , au mépris de cette délibération , emmena la jeune fille secrètement. Peu de jours après, les sieurs De Picquot, De Malherbe et Bonnet, se rendant à Caen pour consulter sur ce point, rencontrèrent, au Mesnil — Frémentel, Tanneguy Besnard à cheval et la jeune demoiselle en croupe derrière lui. Une explication eut lieu; on se battit; Besnard fut tué. Les deux frères De Picquot emmenèrent leur nièce.

Messire Robert De Poucques , ëcuyer , sieur

cTAttigny , âgé de 58 ans , demeurant au village

de Quesques, en Boulonnais.

Charles-Marie De Poucques , écuyer , seigneur

d'Attigny, âgé de ââ ans, demeurant à Quesques,

fils du précédent.

Ils avaient tué , de complicité , dans le village de Quesques , Antoine D'Arcy, fermier de Saint-Paul, en Artois. (Voir l'histoire. )

1686. Antoine De Pasté , écuyer, sieur du Tailly , âgé de AO ans , seigneur en partie de Bailleul-sur- Thérain, dans le Beauvaisis, né audit lieu.

En 1670, le soir du mardi -gras, Antoine De Pasté et le sieur Drieu , son cousin , reconduisirent le vicaire de la Fraye ( diocèse de Beauvais ) , qui avait dîné avec eux. « Le dit sieur vicaire entra dans une maison où étoit une assemblée de garçons et de filles réunis pour se réjouir et danser ; il y entra à dessein de leur faire remonstrance , ce qu'ils ne reçurent pas fort bien. » De Pasté et Drieu étaient restés à la porte en dehors. Leurs domestiques, pris de vin , ayant fait du tapage

DE SAINT ROMAIN. A9;i

et poussé dos cris pour troubler la réunion, les nommés Castelnau et Aubn sortirent, et les maltraitèrent. Alors commença entre eux un combat dont les sieurs De Pasté et Drieu se mêlèrent. Dans ce combat périrent Aubry et un des domestiques du sieur Drieu.

87. Philippe De Mathan , ëcuyer , sieur de Toumay, âge' de §6 ans, demeurant à Fre'ville, diocèse de Coutances, chez le sieur De Fre'ville, père de sa femme.

Sa mère avait épousé, en secondes noces, le sieur De Saint-Poix, qui, abusant de la facilité de Philippe De Mathan, l'avait ruiné ou du moins réduit à une position fâcheuse , le forçant à lui abandonner la jouissance de sa terre de Magny. Ils avaient eu des démêlés ensemble , mais ils s'étaient rapprochés , et Saint-Poix s'était même chargé de réconcilier Philippe De Mathan avec le sieur De Mathan de Sémilly , son frère aîné ; et , pour cela , ils s'étaient rendus au château de Sémilly, résidence de ce frère aîné, où les deux frères s'étaient embrassés. Le 21 décembre i685, Philippe De Mathan , voulant aller à la chasse au loup , avec le sieur De la Luzerne , prit le fusil du sieur De Saint-Poix , et le brisa en sautant un fossé du château de Sémilly. Le sieur De Saint-Poix survint. Fâché de voir son fusil endommagé, il adressa des injures à Philippe De Mathan, et lui dit que, s'il voulait tirer, il achetât des fusils. « Vous ni avez mis hors (Testât cC en pouvoir acheter, en me volant tout mon bien», lui répondit Philippe. Ce mot excita la colère De Saint-Poix, qui se jeta sur Philippe , cherchant à lui prendre le fusil qu'il avait endommagé. Mathan résista. « Pendant qu'ils tiroient ainsi ledit fusil l'un contre l'autre, le coup dont ce fusil estoit chargé partit et frappa le sieur De Saint-Poix, qui mourut trois heures après. »

1688. Charles-Claude De Bréauté, chevalier, seigneur

etcomte duclit lieu, âge' de â5 ans, servant le roi,

dans les mousquetaires noirs.

En juin i685, étant à Paris, il apprit qu'un sieur D'Atteville , du Cotentin , avait parlé de lui en termes injurieux et propres à le perdre de réputation dans la compagnie des mousquetaires. Le 6 juin de ladite année, ayant rencontré le sieur D'Atteville à la sortie de la Comédie-Française , il lui reprocha les propos calomnieux qu'il avait tenus contre lui. Celui-ci ne lui répondant que par de nouvelles injures , Bréauté mit l'épée à la main , se battit avec lui , et le tua , puis s'enfuit dans le Palais-d' Orléans dit Luxembourg.

1689. Jacques Lerouge, e'cuyer, sieur de Saint-Michel,

demeurant dans ladite paroisse de Saint-Michel,

près Montivilliers, âgé de 60 ans.

Depuis long-tems , un nommé Le Chevalier lui volait chaque jour du bois , et démolissait même les bâtimens de sa ferme , en enlevant furtivement les poutres et autres pièces de bois. Un jour, l'ayant surpris en flagrant délit, il le somma de le suivre, interjetant haro sur lui. Le Chevalier, voulant le frapper avec une serpe , s'enferra lui-même dans l'épée du sieur De Saint-Michel.

1690. Roger Du Bosc, e'cuyer, sieur de Pampou, âgé de

6â ans , demeurant à Saint-Maurice-du-Vieil- Chérencei , au Perche.

Le 16 août 1678, ayant appris que des braconniers chassaient dans ses blés , il y courut , et trouvant là le sieur De Belleperche , son voisin et son parent, il l'apostropha, l'accusant d'avoir aposté ces braconniers. Alors il descendit de cheval ; lui et le sieur De Belleperche mirent l'épée «à la main . Belleperche jeta le sieur De Pampou sous lui , lui mit l'épée

DE SAINT ROMAIN. /i »

sur L'estomac , en lui disant : « Cousin , ta vie ne dépend que de

moi, il faut (juc tu l'iuh'oucs. » Le sieur Do Pampou lui ayant demande la vie, Belleperche le laissa se relever, mais garda lYpée de son adversaire avec la sienne; irrité du refus qu'il faisait de lui rendre son épée , le sieur De Pampou remonta sur son oheval , arma un de ses pistolets, et tua le sieur De hVlleporohc.

En 1 54G , la fierté avait été accordée à Antoine Du Bose (noble homme), sieur de Pampou.

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