Tome II
450 HISTOIRE UV PRIVILEGE
De Clinchamp se haïssaient depuis plus de soixante ans , à cause de différends qu'elles avaient eus pour des prérogatives honorifiques. Un duel avait déjà eu lieu entre Baudouin et l'aîné des Clinchamp. Plus tard, se rendant à Sény, à la fête Saint-Eloi , « où la coustume est de faire grandes assemblées des peuples circon voisins , avec jeux , esbatz et danses » , Baudouin rencontra plusieurs damoiselles , avec lesquelles il s'assit sur un banc de bois. Tout-à-coup survint le sieur De Clinchamp, accompagné d'un maître d'escrime. Il dit bonjour aux damoiselles , en tournant le dos à Baudouin et le desdagnant. Daniel Le Cauchois , valet du sieur Baudouin , dégaîna son épée ; son maître l'imita, et, de leur côté , Clinchamp et le maître d'escrime se mirent en garde. Déjà Clinchamp avait reçu deux ou trois coups d'épée de Baudouin , lorsque celui— ci s'embarrassa dans ses éperons et tomba. Clinchamp, le voyant par terre, voulut lui donner un coup d'épée, mais Daniel Le Cauchois vint au secours de son maître, et donna à Clinchamp un dernier coup d'épée qui l'acheva. On parvint à arrêter Daniel Le Cauchois , qui fut pendu au Vieux- Marché de Rouen, le 3o mars i6o5. Le sieur Baudouin , son maître, plus heureux , leva la fierté le 19 mai suivant.
1606. Robert Costard, sieur de la Motte-Prestral, âge' de 4-7 ans , 11e' à Melleraut, près Séez., demeurant au Château-d'O.
Le Ier. janvier 1606, étant entré dans la cathédrale de Séez , avec son gendre et son domestique , pour faire sa prière , Brunet dit Cailleterie , accompagné de plusieurs parens et amis , se jeta sur lui , le traitant de voleur, déclarant interjeter haro sur lui , et « commettant grandes insolences dedans la dicte église , présence du sieur Evesque dudict lieu , et de tous les chanoines et autres personnes y estant. » Non contens de l'injurier, ils le battirent , lui donnèrent des coups de poing , le frappèrent avec le guipillon de l'église , et lui ôtèrent son
DE SAINT ROMAIN. iS1
manteau et son chapeau. La "Motte-lVcstral se défendit, son
poignard à la main , par\ lut à sortir de l'église, cl alla se réfugier dans une maison qu'il a\ ait dans Séez . Bientôt il s'y vit
assiégé par ses ennemis, accompagnés de vingt-cinq on trente
hommes arméf de hallebardes , de perluisaiu s , do bâtons à deux bouts, d'arquebuses el de pistolets. Ge<9 furieux s'efforçaient (le rompre les portes. Alors, La Motte-Preslral , son gendre, les sieurs De la Chapelle-Paulmier , frères, et un domestique, étant sortis de la maison, furent chargés parles assaillans. La Motte-Prestral , se sentant frappé par Brunet , l'étendit mort d'un coup d'épée. La Motte-Prestral fut obligé d'expliquer cette agression étrange en avouant, le jour de l'Ascension , que tous ces assaillans étaient accompagnés d'un a relier porteur d'un décret de prise de corps contre lui.
En 1595, comme il passait à cheval par le village de Montmerrei , accompagné des sieurs De Marigny et Lamotte- Marignv , ils furent attaqués par quelques soldats armés d'arquebuses et de pistolets, qui les forcèrent de mettre pied à terre et firent mine de s'emparer de leurs chevaux. Les trois gentilshommes résistèrent avec vigueur et tuèrent quatre de ces soldats. Une femme qui se trouvait avec eux, fut atteinte d'un coup mortel.
En i58(), étant au château de Courtonne , sous les ordres du sieur De Longchamp, il fut attaqué et injurié par un nommé La Forêt ; ils se battirent, La Forêt fut tué.
En 1 5c)6 , le 1 5 août , allant du château de Courtonne à l'assemblée de Montmerrei , il fut attaqué par un nommé Mathurin Levavasseur, qu'il tua d'un coup de pistolet.
En 1587 , servant sous le duc d'Elbeuf , ayant reçu de ce prince l'ordre d'aller arrêter, à Sainte-Colombe-sur-Séez, un religionnaire nommé Louis Hardy, il tua un des domestiques de ce religionnaire, qui défendait son maître.
&07. Guy De Thianges, sieur de Creusey.
En 1 5qo , il était commandant d'Ainav-le - Château , en
Bourbonnais, pour M. De ]Neuvy, gouverneur de cette province , sous l'autorité du duc de Mayenne. Irrité de la conduite du baron d'Ureau , qui était venu , de six lieues loin de là , enlever deux ou trois cents porcs paissant dans la foret de Troussey , et mû de pitié pour les pauvres habitans ainsi dépouillés , il alla , avec soixante hommes de la garnison , à la poursuite du baron , et deux jours après il entra , avec cette compagnie d'hommes armés , dans le château du baron , dont on ouvrait les portes pour envoyer vendre les porcs qu'il avait volés. Le baron et quelques soldats qui l'assistaient, lui résistèrent et tuèrent deux ou trois de ses hommes , « quoy voyant y luy donna ung coup de pistolet à la gorge > dont il mourut subitement . » Il vendit à son profit les chevaux et armes trouvés dans ce château , mais fit rendre les porcs à ceux à qui ils avaient été pris. M. De Neuvy disposa des autres meubles du château , et y mit garnison .
Cette expédition fut avouée par le duc de Mayenne ; mais le président Forget , cousin du baron d'Ureau , qui présidait les grands jours de Poitiers , n'eut aucun égard à cet acte du duc de Mayenne , Thianges et ses complices furent condamnés par contumace au supplice de la roue.
Recommandé par le cardinal de Joyeuse et le duc de Montpensier.
1608. Nicolas Le Ferreur , écuyer , sieur du Mesnil- Haston , âgé de §8 ans, né à Val-Frambert près Alençon.
Insulté , dans la grande rue d' Alençon , près de l'église de Notre-Dame , par le sieur De Saint-Denis , il lui donna un soufflet. Tous deux mirent l'épée à la main ; Le Ferreur tua le sieur De Saint-Denis. Ceci se passa à trois heures après midi.
Recommandé par le cardinal de Joyeuse , archevêque de Rouen .
Jehan Huault , sieur des Fresnots , âgé de 35
ans , de la paroisse de Champeaux , diocèse
d'Avranches.
In soir, ayant donné l'hospitalité à plusieurs paysans des paroisses de Saînt-Michel-des-Loups, de Carolles , de Saint- Jean et de Saint-Thomas, il s'aperçut, après leur départ, qu'il lui manquait un des couteaux qui avaient été servis sur la table. Accompagné de son domestique , il se mit à la poursuite de ces paysans , les rejoignit à peu de distance , et les somma de lui rendre son couteau. Deux d'entre eux se laissèrent fouiller, mais un troisième s'y étant refusé, en adressant des injures au sieur Des Frenots, une lutte s'engagea entre lui et ce paysan nommé Tuant, laboureur à Saint-Michel-des-Loups. Blessé par ce paysan , il lui donna un coup de bâton sur la tête et le tua.
René De Franqueville, écuyer, sieur de la Gariterelle, â^é de 35 ans, demeurant en la paroisse de Saint - Martin - de - la - Corneille , diocèse
d'Évreux.
m II y avoit eu quelque prinse pour quelques poinetz de la reUgion » entre Jacques De Franqueville et le sieur De Louvigny d'Estrielle, qui était protestant. Louvigny provoqua en duel Jacques De Franqueville , et le tua. René De Franqueville , témoin du combat , voyant expirer son frère , tira son épée, attaqua Louvigny, et lui donna la mort. Ceci se passa à Croissy, près du bois de Vaux.
611. Anne De VorÉ, écuyer, sieur de Lespicière, né à Notre-Dame d'Oigny, diocèse de Chartres , âgé de 31 ans.
Il avait tué Jacques De Vaudoumois , sieur d'AUerey, qui l'avait maltraité.
U&k HISTOIRE DU PRIVILEGE
Le père d'Anne De Voré était prénommé Gilles; il était chevalier des ordres , et demeurait au Buat , près Laigle , en Normandie.
Nota. L'arrêt qui avait admis Anne De Voré à lever la fierté , fut cassé au conseil , par la raison que le meurtre avait eu lieu de guet-à-pens. (Voir l'histoire. )
1612. Messire Jean De Lametz , chevalier , sieur de Bournonville, âge' de ^4 ans ou environ.
Antoine De Lametz, e'cuyer, sieur de Perne, âgé de 21 ans, demeurant à Moutonvilliers, paroisse de Saint- Antoine, à â lieues d'Amiens.
Les sieurs Lametz-Bournonville , De Scesseval et De Dromesnil avaient épousé les trois sœurs, filles du sieur De Lisle-Marivaux , gouverneur de Laon . Après la mort des père et mère de leurs femmes, des discussions eurent lieu entre eux pour la succession. Lametz-Bournonville et Scesseval eurent à se plaindre de Dromesnil. Au mois de juin 1609, Lametz-Bournonville et le sieur De Perne , son frère , se rendaient à Beauvais pour s'expliquer avec Dromesnil ; ils étaient précédés par leur train , qui se composait d'un valet de chambre nommé Lapointe, d'un palefrenier, d'un sommelier et d'un laquais. Tout-à-coup ils entendirent l'explosion d'une arme à feu, et, s'avançant, ils virent le sieur De Dromesnil tomber de cheval , atteint d'un coup mortel : c'était Lapointe , leur valet de chambre, qui, sans leur aveu, et mû, apparemment, par^un sentiment de vengeance personnelle, l'avait tué d'un coup de pistolet. Telle fut du moins la déclaration que les deux frères firent au chapitre . Lors de ce meurtre , ayant vainement cherché Lapointe pour le livrer à la justice , et voyant bien qu'on les soupçonnerait d'avoir ordonné ce crime, ils sortirent de France, « errèrent, durant trois ans, par les pays
estrangm, tomme Hongrie, Poulongne, Italie, Turquie, Emrleterre , Escoase et autres lieux, et combattirent contre les
infidèles. » Enfill, ayant appris que Lapointe, leur domestique, avait été pendue Beauvais, pour cet assassinat, et avait, dans son testament de mort, témoigné de leur innocence, ils vinrent à Rouen , solliciter la fierté, qui leur fut accordée.
Dfeux complices des sieurs De Lametz figurèrent avec eux à La cérémonie.
Jean-Maximilien De Graffart, écuyer, sieur de
Mailly , âgé de 96 ans , normand.
Dans une soirée de janvier 1610, lui , le sieur Dugard et un domestique partirent masqués du château de Becthomas , prèsElbeuf, où ils demeuraient avec le sieur De Beaulieu, seigneur et baron de Becthomas. Arrivés devant la maison
de Simon Mabire , où devaient avoir lieu, ce jour-la, les fiançailles du sergent Roussel, ils demandèrent à Mabire « s'il vouloit recepvoir un mommon ( défi de déz ) », en attendant les fiançailles , et montrèrent l'intention d'assister à ces fiançailles, auxquelles ils n'avaient pas été invités. Sur le refus de Mabire de les recevoir, ils insistèrent, et parurent vouloir entrer de force. Mabire et ses gens leur résistèrent ; une lutte s'engagea, et le sieur De Graffart, furieux de ce que son domestique avait été terrassé par Mabire, déchargea son pistolet sur ce dernier, et le tua.
On supposa que Graffart de Mailly et Dugard avaient été « ovoyes par le sieur De Becthomas , ennemi juré de Mabire. Le parlement avait condamné, par contumace, le sieur De Becthomas à avoir la tète tranchée , et Graffart de Mailly , ainsi que Dugard , à estre mis sur la roë.
Le parlement ne délivra le prisonnier que pour la cérémonie. Le soir, il fut arrêté après le repas qui avait eu lieu chez 1< maître de la confrérie.
16 K. Hector De Nourry , écuyer , âge de 16 ans .
demeurant à Bénouville-en-Caux , chez son
père.
François De Nourry, frère aine d'Hector. François De Nourry , sieur de Bénouville , leur
père.
Ils avaient tué , de complicité , le sieur De Trémau ville , qui les attaquait et voulait tirer sur eux. (Voir l'histoire. )
1 6 1 5. Philrer T De Villurrane , écuyer (noble homme) ,
sieur du lieu, âgé de %à ans, de Narbonne.
Ayant eu querelle, au jeu de la prime , avec le sieur De Guissanne , son ami , ce dernier vint , le lendemain matin , le chercher , sous prétexte d'aller à la chasse , lui rappela la querelle de la veille , le contraignit à se battre avec lui , et fut tué.
1616. Louis Le Petit, écuyer, sieur de Chausseraie ,
né à Saint -Pierre -des -Trois -Montiers , en Poitou, demeurant à Chiche, en Poitou, âgé de 37 ans.
Son frère aîné, Claude Le Petit, sieur de la Héquinière , jaloux d'une donation que lui avait faite leur mère , avant de mourir , ne cessait de le menacer , de l'insulter, et avait même, plusieurs fois, attenté à sa vie. Enfin, un jour, il se mit en embuscade , avec six hommes armés ; et Louis Le Petit étant venu à passer , il l'attaqua , le pistolet à la main , et le blessa à la tête Louis Le Petit , obligé de défendre sa vie , mit l'épée à la main , et comme son frère continuait de s'avancer vers lui , armé d'un pistolet , il lui donna un coup d'épée et le tua. Claude Le Petit dit, en expirant : « Dieu ma puny, et ce que je voulois faire à mon frère m'est arrivé. »
1617. Pierkf. ROCQUE, soldat, ne à Pont-Audemer.
Attaqués , sur un des ponts de Pont— Audemer , par trois bourgeois de cette ville, nommés Liot, Cornu et Lesène, qu'ils avaient précédemment insultés, Rocque et La Bresche, son ami , se voyant blessés l'un et l'autre , se mirent en défense, et tuèrent leurs adversaires, sur la place. Pierre Rocque était un mauvais sujet, qui avait à se reprocher d'autres méfaits , et , entre autres, une agression contre le sieur Des Manoirs et le curé de Beuzeville.
618. Guillaume Le Gentil ou Des Gentils (noble homme), sieur de Thirac, conseiller au parlement de Bordeaux , âge de â9 ans, fils de messire Louis Le Gentil, sieur et baron de Cadillac, président au même parlement.
Gabriel De Bonneau, écuyer, sieur de Montauzier, en Gascogne, demeurant à Baron-entredeux-Mers, âgé de 45 ans.
En 161 1 , âgé alors de 22 ans seulement, le jeune conseiller Thirac voulait épouser Isabeau De Lestonnac , nièce de la présidente de Cadillac, sa belle-mère. Tous les parens désiraient ce mariage , sauf la damoiselle De Crain , mère de la jeune personne, qui l'avait promise à M. De Pontac, trésorier de France en la généralité de Bordeaux , pour son fils , âgé alors de treize ans seulement. Le 21 novembre 161 1, Thirac, averti qu'on allait fiancer, le soir, les deux jeunes gens , et qu'on les marierait le lendemain, alla, avec plusieurs de ses amis , déguisés comme lui , se poster sur la place de Saint- Remy, pour enlever la mère et la fille , et les conduire (dit-il depuis) chez sa belle-mère. Averti de ce complot, le sieur De Pontac fit sortir de chez lui deux femmes déguisées, que l'on prit pour les dames Dr Lestonnac. An moment où Thirac
et les siens se disposaient à les emmener , M. De Pontae , suivi de ses amis, fondit, à l'improviste , sur eux.
Un combat eut lieu dans l'obscurité de la nuit; M. De Pontae père fut tué dans ce combat.
1619. Jean De Sillans, ëcuyer, sieur du lieu, de Saint-
Pëlerin et de Saint-Maurice, diocèse de Bayeux, âgé de 4.1 ans, fils du baron de Creuilly (peutêtre Creully).
Pierre Quenault, dit La Grotjdière.
SÉBASTIEN LAMORE.
De complicité , ils avaient tué le sieur De Guerville , dans la cour de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen. Ensuite , Sillans s'était réfugié chez le seigneur d'Hérouville , près de Caen.
Etant plus jeune , Sillans avait figuré dans un duel de six contre six. En i6o5, il avait tué d'un coup d'épée un de ses laquais, qui , non content de désobéir à un ordre qu'il lui avait donné , le menaçait de son épée.
1620. Pierre De Chavagnats , écuyer , sieur de la
Bresle, né à la Bresle, en Bourbonnais, âgé de lia ans, faisant profession des armes, de la compagnie du maréchal de Saint-Géran, gouverneur du Bourbonnais.
Il avait tiré un coup de pistolet sur le curé de Biosat , prêtre ingrat qui lui devait tout et ne reconnaissait ses bienfaits que par des calomnies et des outrages. (Voir l'histoire. )
1621. Balthazar De Guadaigne , écuyer, sieur de
Champeroux , âgé de 50 ans , demeurant au château de Champeroux, paroisse de Couleuvre,
ila ns le Bourbonnais, ayant servi sous Henri IV, en toutes ses guerres, en qualité (renseigne.
CLAUDE De Guadaigne , écuyer , sieur de Beauregard . à^e de ^>() ans , demeurant à Saint- Genis-Laval , au pays de Lyonnais , enseigne sous le commandement du maréchal de Lesdi- «uières.
Louis De Grivel, écuyer, sieur de Saint- Aubin, âgé
de 33 ans, demeurant a la Chapelle-Hugon, dans
le Bourbonnais , faisant profession des armes.
Ils avaient tue messire Jean De Lévis , chevalier de l'ordre du roi , comte de Charlus * François De Lévis, écuyer, son fils aîné , et Joseph D'Anglas , sieur de Bassignac , page du comte de Charlus. (Voir l'histoire.)
Itl François De Louviers, écuyer, sieur de Grigny, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , seigneur de Maurevert, près Chosme-en-Brie , âgé de 60 ans.
Le sieur De Vauchamps, écuyer, son fils aîné.
Dans une mêlée entre ces deux gentilhommes accompagnés de leurs domestiques , et les habitans de la commune d'Ausouër, plusieurs de ces derniers avaient péri. (Voir l'histoire.)
Précédemment , le sieur De Louviers ayant adressé des reproches à un berger qui faisait paître des moutons dans ses prairies, ce berger le menaça de sa houlette; le sieur De Louviers, irrité , lui donna un coup d'épée dont il mourut à l'heure même.
GA3. Jean Got, dit La Bouverie, de la ville de Séez, Tiui des gendarmes de M. le connétable. Des gens a\ec qui il avait eu, précédemment, une querelle .
vinrent à Séez, l'épier, dans l'intention de lui faire un mauvais parti ; averti de leurs desseins , il se fit assister de plusieurs de ses amis , bien armés ainsi que lui. Comme il rentrait chez lui , accompagné , il fut rencontré , dans la rue d'Argentan , par ses ennemis qui l'attaquèrent violemment ; voyant quelques uns de ceux qui l'assistaient , blessés , il se mit en défense , et un combat s'engagea , dans lequel il y eut des blessés de part et d'autre. Jean Got et les siens, ayant le dessus, poursuivirent jusques au bout de la rue de Billy , et sur le pont de la Boucherie, leurs adversaires qui s'enfuyaient. Là, James Louvet , père d'un des blessés , se précipita au milieu d'eux , s'écriant « que la 'ville estoit en révolte , sans police ny ordre aucun , qu'on lui apportast promptement sa halebarde , et qu'il y donneroit bon ordre. » Quelques amis de Jean Got crièrent a James Louvet de se retirer, et de fuir des hommes passés de colère. Louvet ne suivit point ce sage conseil, et répondit par des injures à ceux qui le lui avaient adressé ; Jean Got , irrité , lui donna un coup d'épée dont il mourut deux jours après.
Il leva la fierté , accompagné de ses quatorze complices.
1624. René Cordier, soldat de la compagnie de M. De Bre'toncelles, âge' de 35 ans, du village du Boutdu-Bois , paroisse de Coulonges , près de Nogent-le-Rotrou, dans le Perche.
Le sieur De Chantemesle était venu , accompagné de quatorze ou quinze hommes armés de carabines et de pistolets, à Brétoncelles , y avait fait prisonniers plusieurs paysans , vassaux du sieur De Brétoncelles , et ( ce seigneur étant alors absent ) était allé dans son château où il avait fait arrêter plusieurs autres villageois par des sergens qui l'avaient suivi. Le jeudi il janvier suivant, messire Jean D'Angennes , sieur de Brétoncelles , voulant se venger , partit
l)K SAINT ROMAIN. .61
de son château , accompagné de quinze ou vingt hommes armés, et M rendit au bourg de Voupillon , appartenant au sieur De Chantemesle ; ce dernier ne tarda pas à paraître, accompagné de dix ou douze hommes armés d'épées, de pistolets et de carabines. Un combat s'engagea, dans lequel périrent huit gentilshommes , quatre du côté du sieur De Brétoncelles , quatre de celui du sieur De Chantemesle ; il y en eut autant de blessés , entre autres le sieur De Chantemesle lui-même. René Cordier , qui avait accompagné le sieur De Brétoncelles, et tué un homme dans cette rencontre , sollicita et obtint la fierté , pour lui et ses complices « qui estoient au nombre de vingt ou environ. »
;. Louis De Bonnard, écuyer, sieur de Liniers, âge' de â5 ans, demeurant à Liniers , en Gastinois , gendarme de la compagnie du maréchal de Saint-Géran.
Le 20 avril 1621 , il avait tué, dans un chemin , le soir, un sergent nommé Chénard , avec qui il avait eu , précédemment , une querelle .
Son père et sa mère étaient protestans ainsi que lui. Quelques mois après le meurtre commis par lui sur la personne de Chénard , le sieur De Liniers , qui était allé à l'armée pour se soustraire aux poursuites de la justice , se trouvant à Béziers , où estoit le voy, fut converty à la foy catholique par M. De Chaumont , garde de la bibliothèque du roy, conduit par le dit sieur De Chaumont , en l'église des jésuites du dit Béziers , pour abjurer l'hérésie , et communia le mesme jour , puis fust présenté au roy par le dicl sieur De Chaumont , pour lui en rendre tesmoignage.
16%. Antoine Le Hué , écuyer, sieur du Vert-Buisson , âgé de 30 ans , né à Rouen , demeurant à
Beauvais-en-Lyons , ayant servi sous le duc de Longueville et sous le maréchal de Vitry.
Chassant, un jour, entre la Fresnaie et le Bosc-Bordel , lui et le sieur Du Halley , son parent , avaient tendu des filets ou helliers dans une pièce de grain , afin de prendre des perdreaux. Après une demi-heure d'absence, ils trouvèrent leurs filets rompus et déplacés ; alors le sieur Du Vert- Buisson , apercevant un homme qui chassait là auprès avec des chiens , vit bien que c'était lui qui avait rompu les filets, et lui en lit des reproches. Jean Braquet (c'était le nom de cet homme ) répondit assez grossièrement au sieur Du Vert-Buisson , qui , irrité , lui donna plusieurs coups de plat d'épée , et , le voyant prêt à lui sauter au collet, lui présenta la pointe de son espée , de laquelle il s'enferra et mourut peu après.
1627. René De Faussles, e'cuyer, sieur de Foreilles, âge' de 30 ans ou environ, demeurant en la maison de la Guérinière , près Chauvigny , en Poitou , gendarme de la compagnie du roi.
Ayant été maltraité d'une manière très-grave , par le sieur De Loubreçay , il obtint contre lui un décret de prise de corps, que des archers , accompagnés de douze ou quatorze voisins et amis, allèrent mettre à exécution. Comme le sieur De Foreilles chassait avec son frère et quelques parens , ils virent venir à eux les archers et leurs compagnons qui fuyaient, poursuivis par le sieur De Loubreçay. Ce dernier, arrivé près du sieur De Foreilles et des siens , donna un coup d'épée au sieur Du Theil , et le blessa. Foreilles, voyant Loubreçay et ses gens qui se ruaient , l'épée et l'arquebuse à la main , sur son ami terrassé , se jeta parmi la presse et tua le sieur De Loubreçay d'un coup de pistolet.
Il figura à la procession avec cinq de ses complices. Le jour
m SAINT ROMAIN. Ui.i
il.' l'Ascension , plusieurs gentilshommes finrc* apporter ....
cktpitrt hoc lettre du cardinal de Richelieu, en faveur du sieur De Foreilles.
Messîre Gabriel Du Fay (haut et puissant seigneur), baron de Virieu , Maleval , Chavanay et autres lieux, en Forez, capitaine de chevaulégers.
Pierre HÉmonnet , juge des terres et baronie de ce seigneur, ne à Bar-sur-Aube, en Champagne , âgé de 50 ans.
Ils avaient tué, de complicité , le sieur Mathieu Jacquemont, de la compagnie des cent gentilshommes du roi , qui chassai! continuellement sur les terres du baron de Virieu , et qui , sommé par eux de se rendre pour être mis entre les mains des magistrats, s'y refusait opiniâtrement et les menaçait de les tuer. 659. Jean-Maximilien Marc , huissier en la cour de parlement de Rouen, âgé de §8 ans, demeurant près de l'église de Saint-Amand de Rouen. Barre Lefebvre, âgée de 33 ans, née à Saint- Saëns, demeurant près du Pont-Dame-Renaude , près Téglise de Saint- Vivien de Rouen , veuve de Richard Hamon, tailleur d'habits.
Marc avait tué Hamon qui battait Barbe Lefebvre, sa femme ; cette dernière avait été arrêtée comme complice du meurtre.
Sylvain De Bridiers , écuyer , sieur du Solier, âgé de 35 ans, né à Chasseneuil près Argenton, en Berry, écuyer de la princesse Marie, fille du duc de Mantoue.
Lui et ses quatre frères se battirent contre quelques gentilshommes voisins dont ils avaient beaucoup à se plaindre. Dans
ce combat , périrent sept personnes , entr'autres deux des frères du sieur Du Solier et le prieur de l'abbaye de Maubec . (Voir l'histoire. )
1631. TANNEGUY POUGNANT, écuyer, âgé de §5 ans , né
à Rouen, sur la paroisse de Sainte-Croix-Saint- Ouen, fils d'un avocat au parlement de Rouen, ayant son domicile à Verclives près d'Ecouis , dans le fief de Bédane, ayant servi le roi, sous M. De Bassompierre, et sous le duc d'Enghien.
Il avait eu une querelle avec le sieur De Flesques de Bourneville , son cousin , qui voulait le contraindre à lui vendre un cheval à crédit, tandis que lui exigeait de l'argent comptant. Cette querelle s'étant échauffée , ils mirent l'épée à la main ; Tanneguy Pougnant, se sentant blessé , « voyant, en oultre , que Bourneville avoit une grande estocade , et luy une courte espée de cheval , se résolut d'aller à la passe avec luy et luy saulter au collet ; et , comme ilz se tenoient l'un l'aultre au collet , Pougnant , de son espée qui estoit courte , donna quelques coups sur la teste de Bourneville , qui mourut de ses blessures quelques jours aprèz. »
1632. Frère Jacques De Serant, chevalier de Tordre
de Saint-Jean de Jérusalem , sieur d'Andrieu , près Bayeux, originaire du diocèse de Lisieux , demeurant à Saint-Pierre-Canivet , à une lieue de Falaise, âgé de §0 ans.
Dès l'âge de quatorze ou quinze ans , il était à Malthe , et il fit sa première caravane . «L'escouade des galères de Malthe partit pour aller au Levant , et , arrivez sur les croisières d'Alexandrie , firent rencontre d'un grand vaisseau d'Alger, qu'ilz attaquèrent et prindrent. Jacques De Sérant, sautant dans le dict
% aisseau avec plusieurs autres ehe\ aliers , ses eonfrères , récent un coup d'esearsin sur la teste , en combattant , ce qui l'obligée de revenir en France , suivant l'avis et ordonnance des médecins. »
De retour en France, il eut une querelle, dans un jeu de paume , a\ee deux jeunes gens nommés Baudelot et Brédif , qu'il ne connaissait pas et qui l'attaquaient. Il se battit avec eux , tua l'un et blessa l'autre.
Une autre fois , à Andrieu , il eut querelle avec un fermier et son fils ; voyant le fermier le menacer d'un levier , Jacques De Sérant avança son épée dans laquelle ce fermier s'enferra luy-mcsme.
Un sieur De Fresné-Tassilly avait insulté deux des vassaux du père de Jacques De Sérant , et avait pris l'épée de l'un d'eux. A quelque tems de là , Jacques De Sérant et un de ses frères , très-peu accompagnés , furent insultés , à la foire de Guibray , par les sieurs D'Omblainville et De Fresné- Tassilly , qui étaient assistés d'un grand nombre de gentilshommes. D'Omblainville tua, d'un coup d'épée dans l'estomac , le jeune frère de Jacques De Sérant , qui n'avait pas encore eu le loisir de mettre l'épée à la main. Jacques De Sérant , meu de juste douleur, se jeta dans la mêlée , porta un coup mortel au meurtrier de son frère, et blessa le sieur De Fresné-Tassilly.
1°. Nicolas Dubosc, âge de 27 ans, ne à Rouen, paroisse de Saint - Maclou , clerc au tabellionnage , sous son père , demeurant chez sondit père , paroisse de Saint-Nicolas.
2°. Anne Le Thuillier, âgëe de 38 ans, veuve de feu Bernard De la Palu, sculpteur à Paris, née à Brionne.
JNicolas Dubosc, ayant déjeuné et bu avec plusieurs mauvais Tnrnr ïl. 3Q
sujets comme lui , et , entre autres , avec un nommé Le Cornu , tavernier, les mena chez Anne Le Thuillier, femme galante , avec laquelle il était familier. Le Cornu, ayant voulu prendre des libertés avec cette femme , Dubosc s'y opposa ; il en résulta une querelle , puis Dubosc et Le Cornu se battirent ; Dubosc tua Le Cornu d'un coup de poignard.
Nota. Nicolas Dubosc fut pendu à Rouen , le 5 août i634 -, pour avoir tué , à la porte Cauchoise , le fils d'un tavernier de Dieppe.
16;m. Adrien De Croismare, écuyer, sieur de Gréaulme, Agé de 57 ans, demeurant à Gréaulme , né sur la paroisse de Saint-Laurent de Rouen.
Le 4 juillet i63i , trois ou quatre émissaires du sieur François De la Fosse de Montot étaient venus , successivement , dire au sieur De Gréaulme que ce gentilhomme l'attendait , ayant quelque chose à lui dire. Le sieur De Gréaulme avait compris qu'il s'agissait d'un duel, ayant eu récemment une querelle avec le sieur De Montot. Toutefois , il n'avait tenu aucun compte des trois premiers avis, et était allé, avec sa femme, visiter le sieur De Beauval, son voisin. Le soir, comme il venait de rentrer, un peu échauffé d'avoir bu , un quatrième émissaire vint lui dire que le sieur De Montot l'attendait à la porte ; il y alla, et voyant le sieur De Montot l'épée nue à la main , il dégaina la sienne; ils se battirent , et le sieur De Montot , blessé mortellement de deux coups d'épée , mourut à l'heure même.
1635. François De Raveton, chevalier, sieur de Chauvigny , né au Vieux-Palais, à Rouen , paroisse Saint-Eloi , âgé de 30 ans , capitaine dans le régiment de M. De Grancé , demeurant en la paroisse de Creulé ou Crulai , diocèse d'Evreux. i°. En mars 1G24, Q rencontra, sur la chaussée de l'étang de
Randonnai, trois soldats, avec l'un desquels il avait eu précédemmenJ querelle. En te voyant, ils mirent l'épée à la main , et "attaquèrent. Blessé par l'un d'eux , il se défendit , tua un de ces trois soldats, en blessa un autre, et mit le troisième en fuite.
>' '. m Depuis plus de 3oo ans, il y avoit tous jours eu froideur entre les maisons DeChauvignv et De Tubeuf. » Le samedi de Pâques 1 627, comme le sieur De Raveton revenait de la chasse avec le sieur De Chauvigny, son cousin, et le sieur de la (iritfonnière , leurs chiens se mêlèrent avec ceux du baron de Tubeuf, qui lui-même chassait, accompagné d'amis et de domestiques. Quelques injures que s'adressèrent ces gentilshommes ennemis, finirent parmi combat à outrance, dans lequel furent tués le sieur De Chauvigny, cousin du sieur De Raveton , et un nommé L'Auvergnat, valet du baron De Tubeuf. Ce dernier périt de la main du sieur De Raveton.
3°. En i(332, il avait eu une dispute avec un sieur Du Ghâtel, lieutenant du prévôt; ils s'étaient battus; Du Châtel avait été tué d'un coup d'épée.
4°. En i633, conduisant sa compagnie, et se trouvant à Arcis-sur- Aube , ayant été averti que le bâtard d'un gentilhomme avait battu son charretier, il alla adresser des reproches à ce bâtard, et la dispute s'échaulfant , il le battit et le tua. Recommandé par le duc de Longueville.
i36. Léonor Durand, âgé de â5 ans, né à Etrépagny, filleul de la duchesse de Longueville , soldat depuis 5 ans.
Sortant d'un cabaret, à Etrépagny, un peu échauffé de boisson, il eut une dispute, dans la rue, avec un nommé Pierre Lamy , qu'il tua d'un coup de poignard.
; Antoine De L'Estoile, écuyer, sieur de Fresneville , âgé de 35 ans , né à Fresneville-en-Boulonnais. militaire.
Jacques De L'Estoile, écuyer, père du précédent.
André De L'Estoile , écuyer, sieur de Bréville , cousin-germain d'Antoine.
Jean De Hansel, écuyer, sieur des Coquetz, beaufrère d'Antoine.
Mathieu Lejeune, domestique.
Ils avaient tous figuré dans une mêlée qui avait eu lieu à Fresneville, en 1 634, le lCr- septembre, jour de l'assemblée de ce village, mêlée dans laquelle avait été tué, par l'un d'eux, le nommé Damon ville, apprenti maréchal.
Recommandés par le duc de Longueville et le baron de Bully.
1638. Raulin Dubusc, âgé de §7 ans, jardinier, né sur la paroisse de Saint-Paul-lez-Rouen.
Nicolas Dubusc , son frère , était un très-mauvais sujet , manifestant chaque jour des inclinations perverses et une violence, une cruauté extrêmes. On l'avait vu terrasser et frapper avec fureur un de ses oncles qui ne l'offensait nullement, et prendre à la gorge son père qui voulait le contenir. Il haïssait à la mort Raulin Dubusc , qui , souvent maltraité par lui , s'était vu contraint de quitter Eauplet , où était la maison paternelle , et d'aller demeurer au Port-Saint-Ouen . Nicolas Dubusc n'en avait pas moins persisté dans sa haine ; il avait dit « qu'il f ailloit qu'il beust du sang de son frère , et que quand il l'auroit tué , c'estoit à faire à demy-heure de mauvais temps. » Raulin Dubusc étant venu, à peu de jours de là, voir sa mère, Nicolas laissa entrevoir de sinistres desseins. L'après-midi , comme Raulin Dubusc sortait de l'église de Saint-Maclou , Nicolas se jeta sur lui et le frappa à la tête. Raulin , qui par précaution avait pris un pistolet , se défendit et tua son frère.
I6J9. Jean Duchemin , âge de 24 ans , ne à Rouen , paroisse de Saint-André , cavalier de la compagnie du sieur De Lainberville.
i°. Etant à boire à l'hôtellerie de l'Ecureuil ( paroisse Saint- Laurent de Uouen), et voyant entrer des soldats chargés de l'arrêter, il (it résistance , et son pistolet ayant été détourné de sa direction , il tua la maîtresse de l'hôtellerie, qui se trouvait là dans la mêlée.
2°. Il âT»t tué , dans la rue du Pclit-Ruisscl, à Rouen, un soldat nommé Chouquet , qui insultait et frappait une femme.
3°. Il s'était battu en duel avec un nommé Roué, et lui avait crevé un œil.
4°. Un soir, revenant du bal, il avait été attaqué par sept ou huit Anglais , s'était mis en défense , et en avait tué un.
16',0. Mathieu De Gueroult , écuyer , sieur des Joncherets . né à Saint-Martin d'Ecubley, près Laigle ,' âgé de â7. ans , faisant profession des armes, demeurant à Laigle.
Le sieur De la INooz, frère de sa femme , était allé, avec le sieur De \alandré et plusieurs autres personnes , pour « jouer, hors Laigle , dans un lieu nommé le Clos-Regnault , et y prendre la collation ou le souper. » Le sieur Des Joncherets, sachant que sa femme voyait de mauvais œil ces parties de plaisir, suivit cette compagnie, en équipage de chasse, et L'ayant rejointe, dit à son beau-frère de venir avec lui, ce que ce dernier^fit aussi-tôt. Mais le sieur De Yalandré traita le sieur Des Joncherets de sot ; de là une querelle ; puis on se battit. Le sieur Des Joncherets tua le sieur De^V'alandré d'un coup de fusil .
René -Joseph De Bérard , chevalier , sieur de Chartrenay, âge' de 3â ans , né à la Croix-de- Sam t-Quintin, en Touraine.
Thomas De Bérard, chevalier, sieur de la Grillonnière , âgé de â5 ans , de la paroisse de Civray, diocèse de Tours, lieutenant-colonel.
François Luquet, âgé de §5 ans, né à Sully-sur- Loire, domestique du sieur De Chartrenay.
Les frères De Bérard ayant surpris Louis Postel , sieur d'Ormois , couché avec leur sœur dans le château de la Grillonnière , le sommèrent de l'épouser , il s'y refusa ; ils le poursuivirent à outrance , il se défendit contre eux , mais à la fin fut tué.
16£2. Olivier Dagouet, écuyer, sieur de la Giraudière, né àSoufoye, près de Richelieu, âgé de 30 ans.
Sa mère , étant veuve , s'était remariée à Louis Gervais , sieur des Gastines , qui dissipait, de la manière la plus scandaleuse, les biens laissés par le premier mari. On l'avait vu jouer en un seul jour l'office d'auditeur des comptes , laissé par le défunt, et la terre de Brénesay près Loudun. Olivier Dagouet , seul héritier de son père , voyait avec douleur ces dilapidations qui préparaient sa ruine. Le sieur Des Gastines, non content de le dépouiller , l'avait bravé et insulté plusieurs fois. Enfin, le a, octobre i636, s'étant rencontrés entre Montreuil-Bellay et Loudun , ils eurent une querelle qui s'échauffa; Olivier Dagouet reçut un coup de houssine ; « estant né gentilhomme , et ne pouvant supporter un tel affront », il tira un coup de pistolet sur le sieur Des Gastines , et l'acheva d'un coup d'épée.
Recommandé par le duc de Longueville.
Paul Le Marchant, eeuyer, sieur et patron du Chavoy, du côté d'Avranches , né à Chavoy, âgé de 31 ans. fils de religionnaires décèdes.
Il avait tué, à Chavoj , un sergent nommé Morin-, qui avait maltraite ses fermiers el qui l'insultait lui-même.
Recommandé par les dues de Longueville et d'Harcourt.
Nota. En i5rjr] , la fierté a \ a i l été accordée à un sieur Le Marchant du Chavoy, de la même famille.
Jacques Bremontier , âge de 49 ans , ne au
Tronquay; conseiller du roi, président en L'élection de Lyons.
Jean Bremontier , âge de 1 4 ans , de la paroisse
de Lorleau, près du Tronquay.
Etienne Anquetil , âge' de 46 ans , drapier au
Tronquay.
François Lorgery, âge' de 45 ans , tonnelier au
Tronquay.
Pascal Mesnager , âgé de 42 ans , tisserand au
Tronquay.
Pierre Oviefve , de Charleval, près Lyons, âgé
de 40 ans, geôlier des prisons de Lyons. Pierre Lorgery, sabotier au Tronquay, âgé de
31 ans.
Georges Del am are , âgé de 35 ans , laboureur,
né au Tronquay.
Nicolas Boissel , âgé de 38 ans , batteur en
grange au Tronquay.
Etienne Majbire . âgé de 85 ans , du Tronquay,
avironnier à Rouen, rue de la Vicomte.
Un HISTOIRE DU PRIVILEGE
Noël DelAmare , âgé de 36 ans , charron au
Tronquay.
Louis Brémontier , âgé de 33 ans , tabellion au
Tronquay.
Jean Drouet , âgé de â^ ans , laboureur au
Tronquay.
NICOLAS BrÉMONTIER, âgé de â4 ans , du Tronquay. Louis Boissel , âgé de 30 ans , laboureur au
Tronquay.
Jean Picart, âgé de 44 ans^ toilier au Tronquay.
Les prénommés et les autres habitans du Tronquay, maltraités par le capitaine La Fontaine -du — Houx et par ses soldats , leur avaient résisté ; un combat avait eu lieu dans la place du village du Tronquay ; dans ce combat , plusieurs villageois et plusieurs soldats avaient péri ; le capitaine La Fontaine-rdu-Houx avait été tué.
Le privilège profita , en cette occasion , à cent ou cent vingt habitans du Tronquay,
1645. Philippe De Sebouville, écuyer, sieur de Sébouville, âgé de ââ ans, né à Morgny, près la forêt de Lyons.
Le jour de V Ascension i&^i , il avait tué, à Puiseuxle-Hauberger , près Senlis , un vigneron nommé Antoine Dufay , qui poursuivait , des pierres à la main , le sieur D'Angerville , son ami.
I6/Î6. Pierre Lernault, âgé de â4 ans, né au Neubosc, au pays de Gaux, valet de chambre du sieur De Sermonville ou Salmonville.
S' étant arrêté à boire à la Hénaudière , hameau de
Servaville , où il avail une sœur mariée à un nommé Guillaume Lame, il s'enivra, et donna un soufflet à sa sœur qui l'appelait ivrogne. Le mari de celle-ci sauta au collet de Lernault, pour le terrasser. Lernault mit l'épée à la main , et en donna à son beau-frère un coup dans le sein , dont il mourut à l'heure même. 11 blessa ensuite , de la même épée, son frère et sa sœur.
Jean De Droullin, ëcuyer, sieur de Saint-Christophe-Vrigny, diocèse de Se'ez , âge' de ââ ans.
i°. Lui et le sieur De Montfleury, revenant du Mesnil- Durand à Saint-Christophe , eurent une querelle , dans le chemin , avec les sieurs De Saint-Blaize et Londel. Le sieur De Saint-Christophe , blessé à l'épaule par le sieur Londel, mit Tépée c\ la main et le tua.
i° . Le sieur De Saint-Christophe, attaqué sur le chemin de la Mulotière à Séez , par le sieur Ruel des Préaux, avec qui il avait eu une querelle la veille , mit l'épée à la main pour repousser sa violence. « Le sieur Des Préaux, voulant sadvancer sur luy pour lui porter quelques coups, s'enferra malheureusement de l'épée de son adversaire » , et mourut aussi-tôt .
Le sieur De Droullin était parent des présidens Leroux du Bourgtheroulde ; Poè'rier d'Anfreville , Bretel de Gré— monville ; De Martigny ; et des conseillers De Yigneral , De Montaigu ; D'Estalleville , Blondel , De Brinon , De Boisivon et Desmarets. Il était protégé par le duc et la duchesse de Longue ville .
Jacques Adam , écuyer , sieur de Valcomtat , ne' à
Cravant, paroisse de la seigneurie de Valcomtat.
Lui et Pierre Adam , écuyer , sieur d'Estreville , son frère , dans un état voisin de l'ivresse , rencontrèrent , sur un chemin , un nommé Jolivet , qui se prit de querelle avec
le sieur D'Estreville , et le tua d'un coup de fusil. Le sieur De Valcomtat, voulant venger son frère , se jeta sur Jolivet , l'épée à la main , et le tua.
Recommandé par le duc de Longueville.
1649. Charles Leforestier , ëcuyer , sieur du Bois-
saptel, âgé de 55 ans, né à Gisay, près Bernay. Nicolas Leforestier, écuyer, sieur de la Poterie,
âgé de 50 ans , frère du précédent , demeurant
en sa maison des Baux de Breteuil.
Alexandre Leforestier, écuyer, sieur d'Estrée.
âgé de 40 ans, né à Aubenay, diocèse d'Evreux,
cousin des deux prénomme's.
A quelques pas de l'église de Lande-Preuse, où ils venaient d'entendre la messe , ces trois gentilshommes et quelques parens qui les accompagnaient eurent querelle avec le sieur De la Boullaie , accompagné lui-même de plusieurs gentilshommes qui , comme eux, venaient d'entendre la messe dans l'église de Lande-Preuse. A la jonction de deux chemins, dont l'un conduit à Sainte-Marguerite , et l'autre à la Hiette , un combat s'engagea entre ces gentilshommes , tous armés d'épées , de fusils et de pistolets. Le sieur De Montpisson , cousin de Le Forestier , blessé mortellement par le sieur De la Boullaie , alla expirer dans l'église de Lande— Preuse , où il fut accompagné par ses parens , et suivi par le sieur De la Boullaie et ses amis. Là , le combat recommença ; et le sieur Du Boissaptel tua d'un coup de pistolet le sieur De la Boullaie, meurtrier du sieur De Montpisson.
1650. Pierre Martin , âgé de â8 ans , notaire royal à
Pratclause, paroisse de Chasseradèz, diocèse de Mende, en Languedoc.
Le nommé Rocher, son beau-frère, avait été maltraité
par le sieur Baldit, viguier de Villcfort. Il s'en plaignit à
Martin, el le pria d'aller demander justice, pour lui, au sieui De Crousoulles, conseigneur de Villefort, dont Baldit était L?officier. Martin, par pure taquinerie, avertit Baldit de la démarche qu'il allait faire chee le sieur De Crousoulles, et n'eut aucun égard aux instances que lit cet ollicier pour le détourner (h1 cette démarche qui allait lui attirer des reproches de son supérieur. Le Lendemain , comme Martin se rendait de A illel'ort au château de Gastanat , demeure du sieur De Crousoulles , Baldit le rejoignit dans un pré appelé le Prat- Fontat , à un mille de Villefort, et Ut auprès de lui de nouvelles instances pour le détourner d'aller chez le sieur De Crousoulles. Martin avant été inllexiblc, Baldit lui adressa quelques paroles dures et menaçantes; tous deux mirent l'épée à la main ; Baldit s enferra dans celle de Martin.
Pierre De Graffart, écuyer, sieur de Mailly et du Franc-Pêcher, âgé de 30 ans , né au Vaudreuil, et y demeurant.
i°. Attaqué, au bout du pont du Vaudreuil , par Nicolas De Graffart , écuyer , sieur de Cave , son cousin-germain , et blessé de plusieurs coups d'épée que ce gentilhomme venait, de lui porter, il se mit en défense et le tua.
2°. Lui et quatorze autres gentilshommes s'étaient introduit.» dans l'abbaye de Conches (vers i644 ou '^4^)» sous prétexte d'assister M. De Montenay, conseiller au parlement, chargé d'informer d'un vol d'argent commis dans cette abbaye. « Survindrent le sieur D'Escorpins , frère de Gabriel De Quesnel , abbé de Conches , et plusieurs paysans au nombre de plus de deux cent> , lexjuelz , voulant faire sortir Graffart De Mailly et ses compaignons , rompirent les portes de l'abbaye, et , estant entrez, tirèrent les uns contre les autres plusieurs coups de pistolet et de fusil , desquolz coups le sieur D'Escorpins et son
vallet furent tuez , ainsi que plusieurs de ceux qu'ilz avoient
amenez. »
Nota. En i6i3, un Maximilien DeGraffart, écuyer, sieur de Mailly , avait été élu par le chapitre pour lever la fierté ; le parlement ne l'avait délivré que par provision et pour la cérémonie seulement.
1652. Charles Du Saussey, sieur de la Fontenelle, âgé de 3â ans, ne' dans le faubourg Saint-Sever-lez- Rouen, demeurant au Grand-Couronne, faisant profession de porter les armes.
Thomas Carlet , fermier de M. le président de Couronne.
CARAN, domestique du sieur De la Fontenelle.
Pierre Cointrel, du Grand-Quevilly.
En mars i652 , le sieur De la Fontenelle , allant, le soir, de l'Aunay au Grand-Couronne, accompagné de Caban et de Cointrel, trouva Thomas Carlet aux prises avec un nommé Hue , qui l'avait épié pour lui faire un mauvais parti . Hue en voulait à Carlet parce qu'il avait fait mettre en fourrière ses vaches qui faisaient du dégât dans la foret. Hue avait une fâcheuse réputation , et on l'accusait de trois ou quatre meurtres. Le sieur De la Fontenelle, voyant la vie de Carlet, fort honnête homme, à la merci d'un mauvais sujet armé d'un pistolet , prit la défense de Carlet qui était sans armes , et dit^à Hue de se retirer ; Hue ne répondant que par des injures et des gestes menaçans, le sieur De la Fontenelle, craignant pour sa propre vie , tira sur lui un coup de pistolet et le tua.
Thomas Carlet, Caban et Cointrel , figurèrent avec lui à la procession .
DK SAINT ROMAIN. £77
& LOUIS DE BeàUMAJS, chevalier, sieur do Beaumais
et de Sorel, ecuyer, demeurant au Mesnil-sur-
TEstree, âge de 37 ans.
i°. A l'armée , il avait été complice du meurtre du sieur De Lansae, crime à raison duquel Jacques De Morant , sieur du Couldré , principal coupable , avait eu la tête tranchée au camp, trois jours après le meurtre.
2°. Cinq jours seulement avant l'Ascension de cette année ( i653 ) , lui et plusieurs gentilshommes avaient poursuivi dix-huit ou vingt soldats qui étaient venus chez lui enlever une jument ; ces soldats avaient tiré des coups de fusil et tué l'un d'entr'eux ; eux-mêmes avaient tué deux de ces gens de guerre. Dans ce dernier fait, il avait eu pour complices :
1°. Tanneguy De Glapion, ecuyer, sieur des Roulis, de Marcilly-la-Campagne, âgé de 35 ans.
2°. Claude De Glapion , ecuyer , sieur de Resné, demeurant a Saint-Laurent-des-Bois.
3°. Alexandre De Girards, ecuyer , sieur de Merbouton.
4°. Esme De Sallenoe , ecuyer , sieur de la Fontaine , demeurant à la Madeleine.
5°. Robert De Quincarnon , ecuyer , sieur de Morainville.
Et 16 autres tant gentilshommes que roturiers.
5:. François Dujardin, âgé deâ3 ans, né à Rouen, paroisse de Saint-Michel , demeurant sur la paroisse de Saint-Laurent de Rouen.
Leroy , Emery et Chrestien , jeunes gens de Rouen.
Avant passé sa journée dans un cabaret de la rue des
hn HISTOIRE DIT PBÏVILEGE
Cordeliers, Dujardin fut attaqué le soir, en sortant, par un nommé Grégoire La Montagne avec qui il avait eu dispute , ce jour même . Grégoire La Montagne, le menaçant de son épée, Dujardin se défendit avec la sienne, et poursuivit son adversaire jusqu'à l'église de Saint-Pierre-du-Châtel , où il le tua.
1655. Guy De Cormeilles , écuyer , sieur de Vieux- Bourg , âgé de 35 ans , ne' au Vieux - Bourg , diocèse de Lisieux, vicomte' d'Auge.
Il avait bu , pendant cinq à six heures , dans une maison du hameau de Quetteville, à une demi -lieue de Beuzeville , avec le sieur De la Chesnaie , gentilhomme , Beuzelin , bourgeois de Rouen, et Brassy, homme du pays, et les têtes s'étaient montées. Ainsi échauffé de boisson, il pressa Beuzelin de se marier, et lui indiqua sa belle-sœur, damoiselle de condition, veufve. Beuzelin répondit qu'il ne voulait point de veuve , et « qu'il avait un sold pour avoir un pot neuf , qu'ainsi il allast et elle aussy se taire f » Guy De Cormeilles lui dit qu'il était un coquin ; la dispute s'aigrit ; Beuzelin voulut frapper Cormeilles avec un couteau. Ce dernier donna à Beuzelin trois ou quatre coups d'épée, et le tua.
Le parlement ne le délivra que pour la cérémonie du jour seulement.
16.16. Louis Du Saucey, e'cuyer, sieur de Montservent , ne' audit lieu, près de Coutances, âge' de AO ans. François Du Saucey , écuyer , sieur de Saint- Pierre, âge' de §7 ans.
Ils étaient fils du sieur De Servigny.
Des procès existaient depuis long-tems entre eux et les sieurs Evremer père et fils, l'un procureur du roi à l'amirauté de Coutances, et l'autre prêtre. Un cheval du sieur Evremer père avait été adjugé au sieur De Servigny, père
des sieurs Du Saueev, pour lui tenir lieu des dépens obtenus contre ledit l'\ reiner. Sur ees enlrelaites, les sieurs ])u Saueev avant rencontré, en chassant à l'oiseau , les sieurs Evremer prie et fils, une querelle s'éleva aussi-tôt entre eux, puis ils se battirent, les sieurs Du Saueev accablèrent leurs adversaires à coups de gaule, et lis laissèrent sur la place, puis allèrent chez Evremer, et s'emparèrent du cheval adjugé à leur père, cheval que le sieur Evremer avait enlevé récemment dans un herbage. Le lendemain, Evremer père mourut des coups qu'il a\ ait reçus.
1, Messire René De l'Ospital , chevalier , marquis, cl Seigneur du lieu , âge de 45 ans, demeurant en la paroisse de Hestigny , en Tourainc , en son logis de la Feuberdière, né à Choisy, neveu de Tévèque de Nantes.
François Bureau , procureur fiscal à Restigny, et Guillaume Guédier, curé de la paroisse de la Chapelle— Blanche , dans le diococ d'Angers, étaient les ennemis acharnés du marquis de l'Ospital ; ils lui nuisaient et l'insultaient en toutes rencontres ; ils s'étaient mis en embuscade pour le tuer. Un jour, le marquis, accompagné de quelques domestiques bien armés, rencontra ses deux ennemis, qu'il avait peut-être cherchés , « à la veue des quelz le souvenir de tous les ditez assassinatz, violences et injures passez luy revint en l'esprit ; et. en la présence de ses dietz ennemis, il s'esmeut et de passion de cholère , dans le premier mouvement, il poussa à toute bride aus dietz Bureau et curé, et, mettant l'espée à la main, leur cria qu'il falloit mourir. » Il donna deux coups d'épée au sieur Bureau , qui mourut à l'heure même. Le curé reçut plusieurs coups d'épée et de pistolet, mais nen mourut pas.
Pikrkï: De Theuffles . écuyer . âgé de ââ ans , né au Bois-Guilbert. près Bnchy, ayant demeuré
à Letteguives , chez le sieur De Theufïles, son frère , et demeurant actuellement au château de Rebais.
ISAAC D'AUSSY . ëcuyer , sieur de Saint-Michel , page du baron de Rebais.
Par suite d'une querelle qui eut lieu dans l'auberge du Cygne , à Ry , ils avaient tué le sieur Allaudy , qui voulait attenter à leurs jours, et avaient blessé le sieur Baillard.
Huit ans avant , le sieur De Theufïles , étant page du baron de Rebais , et demeurant , par son ordre , au château de Cailly, avait tué un soldat maraudeur qui s'enfuyait avec un cheval volé par lui à un gentilhomme.
Une autre fois , poursuivant des bohémiens qui avaient volé les habitans de Rebais , il tua d'un coup de fusil leur chef , qu'il n'avait voulu que saler un peu par derrière , mais qui malheureusement s'étant retourné , reçut une charge de menuise dans le bas-ventre.
Il avait donné des coups de bâton à des sergens qui venaient exploiter à Rebais, sans la permission du baron.
1659. Alexandre Du Tertre , ëcuyer , sieur de la
Morandière , de la paroisse de Saint-Lo , à
Rouen , âgé de SI ans.
Pierre Le Paigny, sieur d'Aubertot, né au Bec-
de-Mortagne , diocèse de Rouen.
Partant de Sierville en Caux , à cheval , un oyseau sur le poing et un fouet à la main, ils rencontrèrent des gentilshommes avec qui ils étaient en mésintelligence ; on se querella, on se battit; un nommé Susanne , domestique des gentilshommes ennemis des sieurs De la Morandière et D'Aubertot , fut tué d'un coup de pistolet.
Françoise Canu. de la paroisse de Moult, à quatre
lieues de Caen, âgée de 35 ans.
Le fermier Maduel , d'intelligence avec cette femme , avait assassiné son mari , et l'avait épousée peu de tems après. Le crime avant été découvert , Maduel fut rompu vif à Rouen ; Françoise Canu fut condamnée à être pendue ; mais l'exécution ayant été différée, vu son état de grossesse, elle sollicita la licite, et lut élue par le chapitre. Le parlement la déclara indigne , sans l'avoir fait monter pour l'interroger. Le chapitre insista, mais en vain. Plus tard, elle fut mise en liberté , par ordre du roi .
bi. Jacques Dangrenay, âge de 40 ans ou environ, né sur la paroisse de Saint-Godard de Rouen , demeurant sur celle de Saint-Éloi,près le Vieux- Palais , brouettier.
11 avait tué, dans un moment de colère, Guillaume Quesné, son beau-fds , qui causait beaucoup de désordre dans sa maison , et qui chaque jour commettait des actes de violence et faisait du scandale dans la ville .
Louis Lefebvre, âgé de 26 ans, apprenti tonnelier, né au Grand-Quevilly, demeurant à Orival, près Elbeuf-sur-Seine.
Jacques Lavigne , homme de journée à Orival , avait voulu enlever la belle-mère de Lefebvre , pour en abuser , et ce dernier lui gardait rancune. En février 1657, m* > sa bellemère et Louis Bellebarbe , frère de celle-ci , étant allés à Elbeuf, et étant prêts à retourner à Orival , après avoir fait leurs affaires , entrèrent dans un cabaret , près de l'église de Saint-Etienne. Ils y trouvèrent Lavigne, qui présenta un verre à Lefebvre , celui-ci refusa de le prendre ; de là , une querelle; Lavigne voulut se saisir des pistolets que portait Tome II. 3|
Lefebvre ; Lefebvre sortit du cabaret avec ses parens , et ils retournaient à Orival , lorsqu'ils s'aperçurent que Lavigne les suivait, pour les insulter. Alors Lefebvre tira sur Lavigne un coup de mousqueton , dont ce dernier mourut huit jours après.
1663- Jean De Bouton, ëcuyer, sieur de Chantemesle. Victor-Léon De la Fontaine , écuyer , sieur de Besancourt.
Le parlement de Rouen les déclara indignes. Le grand conseil, par un arrêt du i5 septembre 1672 , déclara que le crime était fiertable, et, par un autre arrêt du 22 décembre suivant, ordonna que les complices du sieur De Chantemesle participeraient, comme lui , aux effets du privilège.
Ces deux gentilshommes figurèrent à la procession de la
fierté, le jeudi 1 1 mai i6^3, jour de l'Ascension , c'est-à-dire
• dix ans après avoir été élus par le chapitre. (Voir l'histoire.)
166£. Alexandre Le Bas, écuyer. sieur de Montgouge, âgé de 36 ans , né à Foulbec , près le Pont- Audemer.
Robert Legoueslier , écuyer , sieur de Vaudor , âgé de 30 ans , né à Saint-Etienne-la-Tillaye , près le Pont-rÉvêque.
Ils avaient tué , de complicité , dans la ville de Pontl'Evêque , près de la chapelle de l'hôpital , un sieur De la Tour, archer du vibailli de Rouen, qui les insultait.
1665. 1°. Jacques De Cairon, écuyer, sieur de Merville, fils de Nicolas De Cairon, sieur de Cardonville, près Caen, âgé de 3â ans.
â°. Charles Du Thon Montcarville, écuyer, âgé
de 33 ans . (ils de M. Du Thon , conseiller au prcsidial de Caen.
Le valet du sieur De Cairon relançant un lièvre sur les terres de M. De Séqueville, gouverneur de Vire , avait été maltraité par quinze ou vingt domestiques armés qui injurièrent grossièrement le sieur De Cairon lui-même. Peu après, le sieur De Cairon et le sieur De Salemier, fils de M. De Séqueville, s'étant rencontrés à la Pomme— d'Or , près Saint— Maclou, sur la route de Pont— Audemer , se provoquèrent et se battirent; M. De Salemier périt.
2°. A l'âge de 25 ou 26 ans , Jacques De Cairon de Merville s'était battu à l'épée , en plein jour , au carrefour Saint- Pierre , à Caen, avec le sieur De Courdon, écuyer, et avait blessé son adversaire. Ceci s'était passé «en la présence de quantité de personnes. »
$6. Gabriel De Blondin, écuyer, sieur d'Imblemare, .
gentilhomme , âgé de §4. ans , demeurant en la
paroisse des Flamets-Frétils , près Neufchâtel. Emar De Blondin , écuyer , sieur de Bellesme ,
âgé de 30 ans ou environ , demeurant en sa
maison de Bellesme , paroisse d'Arqués , près
Dieppe.
Nicolas De Blondin , écuyer , âgé de â9 ans ,
frère du précédent, demeurant en la paroisse de
Rieux, près Blangy.
i°. Le Samedi-Saint 1660, Gabriel et Emar De Blondin, cousins-germains, revenaient de Dieppe où ils étaient allés pour se confesser , lorsque Gabriel De Blondin , qui marchait en avant , rencontra , près de la chapelle d'Espiné , le sieur De Gontrecourt , lieutenant au château d'Arqués , qui , en l'apercevant, lui eria : « Tl fault mourir' », et , en parlant
ainsi, lui tira deux coups de pistolet. Gabriel De Blondin , qu'aucun de ces coups n'avait atteint , poursuivit, jusque dans la cour de la ferme d'Intraville , Gontrecourt qui s'enfuyait , et le tua d'un coup de pistolet. Au même instant, Emar De Blondin , son cousin , étant survenu , ils se retirèrent en la terre du sieur D'Aubermesnil , à deux lieues de Dieppe .
2.0. Emar et Nicolas De Blondin , accompagnés de leurs amis , poursuivant dans la ville d'Arqués le nommé Lejeune qui était condamné par corps à payer une certaine somme due par lui au trésor de l'église, Nicolas le suivit dans l'église et jusqu'auprès du maître-autel. Là on se battit, et Nicolas De Blondin fut blessé d'un coup de chandelier et perdit beaucoup de sang; l'église fut déclarée polluée.
Ces trois gentilshommes avaient encore d'autres faits à se reprocher.
1667. Nicolas Le Noble, né au Havre, âgé de 18 ans,
étudiant en logique au collège des jésuites de
Rouen, fils d'un médecin de Rouen.
François Agasse , sieur de la Noë , de Rouen ,
étudiant en rhétorique au collège de Rouen ,
âgé de 19 ans, fils d'un conseiller à la table de
marbre de Rouen.
Ils avaient tué, dans la cour des Pigeons, à Rouen, Jacques- Nicolas Cailloué , fils du vicomte d'Arqués , qui les poursuivait à outrance depuis plusieurs jours , l'épée à la main.
1668. Claude Le Métayer , écuyer , sieur de la Rive ,
âgé de 3â ans, demeurant au Vaudreuil.
René Legendre et le sieur De Franc— Pécher haïssaient mortellement le sieur De la Rive ; l'un , parce qu'il avait refusé d'épouser sa parente ; et l'autre , parce que le sieur De la Rive avait accusé le sieur De Graffart, son frère, de lui
a>oir volé dès meubles. Le jour des Rameaux 1666, ils l'insultèrent ehez lui, et l'aeeablèrent de mauvais traiteinens. Poussé à bout, il les poursuivit, comme ils sortaient de sa maison , et tira un coup de fusil sur René Legendre qu'il tua. En 161 3 et en i65i , nous avons vu la fierté aecordée à Des (iralVart-de-Mailly-Frane-Pècher.
Claude Grouet, écuyer; sieur du Chesnoy, âgé de 35 ans, né à Montargis, en Gastinois, lieutenant au régiment de Picardie.
Le sieur Du Chesnoy et son frère étaient allés insulter, ehez lui, le lieutenant civil et criminel de Montargis. Une lutte corps à corps avait eu lieu entre ce magistrat et le sieur Du Chesnoy, qui l'avait traîné dans la rue et maltraité à la vue du public. Un décret de prise de corps avait été lancé contre ce gentilhomme, qui était en fuite. Poursuivi par un nommé Brossard , sergent , qui était porteur de ce décret , il le tua sur la route de Montargis à Châtillon.
Un nommé Tabard avait volé un cheval appartenant au frère du sieur Du Chesnoy. Ce dernier se mit à sa poursuite , et l'ayant atteint, le déshabilla tout nu, lui donna des coups de plat d'épée, lui coupa les cheveux, le fit monter tout nu sur le cheval qu'il avait voulu voler, et le mena ainsi l'espace d'une lieue jusqu'à Châtillon.
Daniel D'Eschallou , écuyer , sieur du Doguey ,
âgé de 30 ans, né à Rouvres, près Falaise.
Décrété de prise de corps pour avoir battu le domestique du greffier de Condé-sur-Noireau , il ne craignit pas de narguer, aux portes de Falaise, M. Miraumont, procureur fiscal de cette juridiction, à la requête duquel avait été lancé ce décret de prise de corps. Tl répondit par des injures aux représentations que lui adressa ce magistrat, sur sa hardiesse de se montrer en public. La querelle s'échauffa, M. Miraumont
mit l'épée à la main, ainsi que le sieur D'Eschallou. M. Miraumont succomba.
1671. Jean Lemercier, âgé de â7 ans, serrurier, demeu-
rant à Saint- Jean -de- la- Léqueraye, près de
Pont-Audemer.
François Cordier , dit Le Fort, âgé de 60 ans,
cabaretier, de la paroisse de Saint-Martin, appelée
vulgairement de Saint-Firmin-du-Vièvre , près
de Pont-Audemer.
Philippe Cordier, âgé de â6 ans, son (ils.
Jean Le Mercier allant, un jour de fête, de la paroisse de la Cousture à Saint-Martin , accompagné de quelques amis , ils eurent une dispute , sur le chemin , avec un nommé Marguerin Cordier, qu'ils maltraitèrent fort. Deux heures après , comme Le Mercier buvait avec ses amis chez Cordier, cabaretier à Saint-Martin , survinrent des sergens et des records chargés de les arrêter pour avoir battu Marguerin Cordier. Le Mercier résista ; un combat s'engagea dans le cabaret entre lui et ses amis d'une part, et les sergens de l'autre. Dans ce combat, périt Des Mouceaux dit La Coudraie , huissier, qui fut tué par Jean Le Mercier.
1672. Guillaume Delamare, âgé de ââ ans, chandelier
à Martainville, près Pont-Audemer.
Pierre Leron , cuisinier chez madame Deshommets de Martainville , veuve d'un conseiller au parlement.
En 1670, ces deux individus, chassant ensemble sur les terres de la paroisse de Martainville , dépendantes de madame Deshommets de Martainville , dame du lieu , rencontrèrent Antoine Passavant, de la paroisse de la Lande, qui chassait
mu les terres de leur maîtresse . Cet individu ayant refusé de leur remettre son fusil et de les suivre, ils le poursuivirent et le tuèrent sur des terres dépendantes de la baronnie de Bonne* ille-la-Lou\et , près de Saint— Léger.
Louis Dp: Mautallen , écuyer , ne à Rouen, âge de 40 ans.
i°. A l'âge de 22 ans, lui et son frère ayant dîné, à la Neuville - Champ - d'Oisel , avec les sieurs Lemonnier et Malortie , une dispute s'éleva entre eux ; et Louis De Mautallen tua d'un coup d'épée Louis Lemonnier , qui accablait son frère d'injures.
20. Accompagné d'un gentilhomme angevin , il se battit un soir dans la rue des Carmes , à coups d'épée , avec le sieur Legris , son beau-frère , et Jolain , domestique de ce dernier , qui l'avaient provoqué ; Jolain fut tué. Le sieur Legris ne sauva sa vie qu'en se réfugiant dans le couvent des Carmes.
3°. Un soir , lui et le sieur De Broully revenant du Bourgbeaudouin trouvèrent, sur le pont de la porte Saint— Hilaire de Rouen , des joueurs de violon que le sieur De Broully voulut forcer de jouer l'air de la reine des prés ; sur leur refus , ce gentilhomme se mit à les frapper de son épée. Le peuple accourut et voulait jeter le sieur De Broully dans les fossés. Mautallen, prenant la défense de son ami, tira au hasard un coup de pistolet sur cette multitude, et tua un sieur Le Monnier , marchand de laine.
Armand De Challet, écuyer , sieur de Moretz , âge' de 34 ans, gentilhomme du pays de Beauce.
Lui et Léonor De Challet, écuyer, sieur de Chanseville , son frère aîné , buvant ensemble dans un cabaret du bourg (l<- Chan>e\ ille . M querellèrent , puis se jetèrent des brocs à la tète. Ils finirent par tirer leurs épées. Armand De Challet tua .->on frère.
1675. François De Marconnay, écuyer, sieur de Bois-
métais, âgé de 30 ans ou environ, ne' à Curzay, en Poitou.
Lui et René De Marconnay , son frère , chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , ayant entendu du bruit près d'un cabaret de Curzay, s'y rendirent pour voir ce que c'était. De ce cabaret, on tira sur eux, ils tirèrent aussi , et tuèrent trois personnes.
1676. Jean-Baptiste De Gouvetz , écuyer, sieur de la
Porte, âgé de 30 ans, né à Domjean, vicomte de Thorigny.
Il était en procès avec le sieur De la Valette ; ce dernier , pendant une maladie grave du sieur De la Porte , et au mépris de la promesse qu'il lui avait faite de ne point agir tint qu'il serait malade, obtint contre lui une condamnation de dépens, par corps. En août 167 1 , le sieur De la Porte se promenant tranquillement auprès de sa maison , un fusil à la main , vit le sieur De la Valette , qui voulut lui barrer le chemin , et le faire arrêter par des sergens et records dont il était accompagné. Le sieur De la Porte le pria, à diverses reprises , de se retirer ; sur son refus , il lui tira un coup de fusil , et le tua •
1677. Antoine De Gueldrop, écuyer, sieur de Hoenne-
court, âgé de 58 ans, demeurant à Poislebarbe, paroisse de Saint-Pierre de Noyon , premier capitaine et major au régiment de la Mailleraie.
Revenant, au mois d'août 167 5, du camp de Noyon, où il était allé voir un garde du corps , son ami , il rencontra, en chemin , un de ses domestiques , qui lui apprit que Béra dit
Le Koux, garde des bois de Salency, avait voulu emmener M|S moutOBS , sous prétexte qu'il les avait trouvés paissant sur les terres de Salency , quoiqu'en réalité ils lussent alors sur le territoire de Terre-le-Fesse. Béra n'ayant pu emmener le troupeau , avait emporté un mouton sur ses épaules, et refusait de le rendre. Le sieur De Gueldrop, un peu échauffé de vin , se rendit chez Béra , qui le menaça de son fusil ; et comme le sieur De Gueldrop , pour le tenir en arrêt et l'intimider, lui présentait son pistolet , par malheur le coup partit , et Béra tomba mort.
'8. Pierre De Baignart, écuyer, sieur du Gerrié, dans la paroisse du Champ-Dominel., vicomte' de Breteuil., âge de 30 ans.
Le Ier. septembre 1666 , revenant de la foire de Saint- Gilles de Dreux , il rencontra , près du bois des Cornets, un paysan qu'il ne connaissait pas et à qui il demanda pourquof il ne le saluoit pas? Ce paysan lui ayant répondu qu'il nestoit point oblige à cela,\e sieur Du Gerrié lui arracha une baguette qu'il tenait et lui en donna plusieurs coups. Survint le sieur De la Bédellenerie qui le blâma de ce qu'il frappait ainsi cet homme , sans motif. Après avoir disputé quelque tems , ils mirent tous les deux le pistolet à la main et tirèrent l'un sur l'autre ; le sieur De la Bédellenerie fut tué.
En 1 672 , allant du bourg de Dam ville chez le sieur D'Acon, il voulut, sur le chemin, caresser une femme. Un paysan , qui passait par là , lui ayant reproché l'indécence de sa conduite, Du Gerrié lui donna des coups de plat d'épée. Les cris de ce villageois attirèrent deux domestiques du sieur De Bellegarde , qui demandèrent au sieur Du Gerrié pourquoi il maltraitait les vassaux de leur maître ? Comme ils voulaient le conduire vers le sieur De Bellegarde , il résista ; enfin , il tua , d'un coup de pistolet, le garennier du sieur De Bellegarde.
1679. Simon Laine , écuyer , sieur de Tinnetot . âgé de
33 ans, demeurant à Rouen, paroisse de Saint-
Nicaise.
Le 5 septembre 1678, lui et quelques gentilshommes ses amis n'avaient fait que boire ; ayant acheté des rognons de mouton , ils allèrent dans un estaminet où l'on refusa de faire cuire ces rognons ; ce refus les irritant , ils insultèrent la maîtresse de la maison , et le maître étant survenu avec un fusil pour mettre le holà , ils se jetèrent sur lui , le désarmèrent et s'emparèrent du fusil, que le sieur De Tinnetot emporta. Il était nuit , le sieur De Tinnetot entendant dans la rue Ancrière quelqu'un qui accourait derrière lui , crut que c'était le maître du fusil ou une personne chargée de l'arrêter. Il présenta son fusil, qui partit aussi-tôt sans qu'il l'eût armé, sans doute parce qu'il l'était lorsqu'il l'avait pris au maître de l'estaminet, et il eut le malheur de tuer le sieur De Quévreville , son ami, qui venait le rejoindre après s'être arrêté un instant.
1680. Charles Vergnaut, écuyer, sieur de Bondilly, de
la paroisse de Saint-Martin-de-Sanzay, en Poitou,
âgé de 46 ans.
Il avait tué sa femme sans le vouloir, disait-il. La fable qu'il débita aux députés du chapitre est des plus absurdes. (Voir l'histoire. )
1681. Florimond De Monsure , écuyer, sieur de Hévi-
court , né à Sully.
A la suite d'une querelle de chasse , il avait tué Henri Le Baume , écuyer, sieur de Remirebaux.
1682. Jean Raimroult , âgé de &0 ans , né à Rouen ,
demeurant rue Etoupée , paroisse de Saint- Pierre - PHonoré , avocat au parlement, conseiller aux hauts jours de l'archevêché de Rouen. Attaqué , sur la route de Bouville à Rouen , par le sieur
De Brette ville, qui, Le menaçant de son pistolet , lui disait: //
faut que tu meures , Raimboult lui lira un coup de pistolet, et le tua.