‹ Histoire du priviláege de Saint-Romain (volume 2)Chapitre 52 sur 77 · Jean Yoris, âgé de §6 ans , maître à danser, à · texte numérisé non relu

Jean Yoris, âgé de §6 ans , maître à danser, à

Vernon-sur-Seine.

J e an-Henri Yoris, âgé de 24 ans, maître à danser. Jean-François Yoris, âgé de 19 ans , maître à

danser.

Le ier. mai i n 1 2 , Jean Yoris et ses deux frères ayant passé l,i nuit à donner des sérénades, à planter des mais et à tirer des coups de fusil devant les portes des personnes de considération de la ville de Ver non , allaient , vers huit heures du

matin , déposer leurs armes chez des personnes de connaissance , pour aller ensuite à la messe, lorsqu'au carrefour près du pont, ils rencontrèrent le sieur Le Bigot, officier dans le régiment de Bourbonnais , qui les railla , dans les termes les plus humilians , sur les armes qu'ils portaient. On mit l'épée à la main, et Jean Yoris , après avoir protesté plusieurs fois que c'était à son corps défendant, porta au sieur Le Bigot un coup dont il mourut presque aussi-tôt. Yoris se réfugia dans l'église de Vernon , où il fut arrêté.

171 U. « Messieurs du chapitre n'ayant trouvé aucun prisonnier dans le cas de la fierté , ont envoyé un chapelain en avertir la cour, pourquoi chacun s'est séparé. » (Registres du chapitre. )

1715. Marie Bertin, journalière, âgée de !â9 ans, de la

paroisse de Sentilly, diocèse de Séez.

Enceinte des œuvres d'un nommé Guérin, elle accoucha debout dans un grenier, à l'insu de sa mère. Transportée, hors d'elle-même , elle releva son enfant, qui était tombé à terre, chercha à l'étouffer avec ses doigts , puis descendit promptement à sa chambre où elle prit une petite fiole d'eau bénite , qu'elle lui versa sur la tête pour le baptiser . Alors , elle remonta au grenier, où elle l'étrangla avec une jarretière. Elle fut condamnée à mort par la haute justice d'Hyèmes.

1716. Claude Drouet , âgé de 66 ans , matelot , né à

Dieppe.

Il s'était engagé , avec le sieur Augué , capitaine d'un bâtiment marchand , pour servir sur son navire en qualité de matelot , moyennant le prix de i o livres par mois , tant qu'on serait à terre, et 2.5 livres quand on serait en mer. Trois mois s'écoulèrent sans que son capitaine lui donnât un sou; Drouet avait une femme et des enfans , et il ne savait comment les nourrir. Plusieurs fois il alla à l'auberge de la

placé RojrtUe à Dieppe)., ou logeait Le sieur Augué , et lui demanda quelque argent ; celui— ci reconduisait toujours. Enfin . un jour « ne scachant plus où donner de la tète pour avoir d\\ pain à ses entants » , Drouet revint à l'auberge de son capitaine, qui était encore couché, quoiqu'il fût neuf heures passées. Le sieur Augué lui dit de le laisser en repos, et mit les draps de son lit par dessus sa tète. Drouet, au désespoir , prit son couteau, et en donna plusieurs coups au sieur Augué ; son couteau s'étant cassé , il le jeta par la fenêtre dans la cour de l'auberge, s'enfuit et se réfugia dans l'église de Saint— Jacques ; bientôt, comme il en sortait, il fut arrêté. Le capitaine Augué ne mourut pas de ses blessures.

François Boissel , âge de 35 ans , de Fleury-sur- Andelle, cabaretier au Pont-Saint-Pierre.

I n sieur La Ruelle et un autre homme avaient bu dans son cabaret, y avaient fait du dégât et cassé des verres. Boissel voulait que La Ruelle payât ce dommage. La Ruelle l'insulta et lui donna des coups de bâton. Alors Boissel, se saisissant du bâton de La Ruelle, lui en donna un coup mortel. La Ruelle expira le lendemain.

Louis-César De Paul du Moucel, âgé de 43 ans, ancien capitaine de cavalerie (son pays n'est pas indique'.)

II avait eu une dispute à Paris dans un café du coin de la rue des Tournelles , avec un nommé Gabriel. Sortant, un quart— d'heure après , de ce café , sans chapeau, et pour satisfaire un besoin, il fut attaqué par Gabriel, l'épée à la main. Il se mit en défense et tua son agresseur.

9. Louis Bailleul, âgé de 40 ans, laboureur, demeurant au Val-de-la-Haie, près d'Aumale, fermier de madame De Fleury.

\\;mt surplis trois femmes qui volaient du bois dans les

propriétés de madame De Fleury, il leur cria , de loin , de s'arrêter et de laisser leur charge. Deux d'entre elles jetèrent le bois qu'elles avaient pris et s'enfuirent. La troisième, nommée Calon , s'en allant avec le bois qu'elle avait pris , Bailleul lui tira un coup de fusil, pour l'arrêter, n'ayant aucun dessein de la tuer . Mais le coup porta dans les reins, et la fille Calon mourut peu d'heures après.

1720. Robert Caron, âgé de 53 ans, compagnon char-

pentier, demeurant à Bliquetuit.

En avril 1709, coupant du bois pour son chauffage, dans la forêt de Brotonne , près du chemin de Normare , il fut aperçu par Longuemare , garde de la forêt , qui le contraignit de lui livrer sa hache. Longuemare lui donna ensuite plusieurs coups de bourrade de pistolet. Caron , irrité de ces mauvais traitemens, lui donna un coup de bâton, dont Longuemare mourut presque immédiatement.

1721. Louis-François Vincent, âgé de â3 ans, ci-devant

employé à la romaine de Rouen, de la paroisse de Saint- Vincent de ladite ville.

En juin 1720, revenant du Pré de la Bataille, où il avait bu avec un de ses amis , il rencontra , à la Bourse , un vieux mendiant à qui il donna quelques tapes sur la joue , en lui disant : « Vieil coquin, on devrait t' envoyer à Mississipi. Va-t'en à Mississipi. » Trois jeunes gens qui passaient trouvèrent mauvaise sa manière d'agir, et lui dirent que s'il ne voulait point donner l'aumône à ce mendiant , du moins il ne devait pas le maltraiter. De là une dispute, puis des voies de fait. Vincent mit l'épée à la main ; le jeune homme qui lui avait parlé, voulut parer les coups avec un bâton, mais bientôt il fut atteint d'un coup mortel. Ce jeune homme s'appelait Ferdinand Collier.

Robert Lk Gendre . marchand de chaux , âgé de 39 ans. de Câudêbecquet.

Le jour âe Saint- "Michel 1714? il avait eu une dispute, dans un cabaret, près de l'église de Saint- Wandrille , avec trois Individus, et notamment avec un nommé Boudin, dont 11 était Le débiteur, et qu'il ne payait pas. A onze heures du soir, revenant à Caudebecquet , il fut rencontré , près du moulin de Caillouville, par ces trois individus qui étaient partis du cabaret avant lui. Ils l'attaquèrent et le maltraitèrent fort. Legendre tira un couteau de sa poche, et en porta un coup à Boudin , qui l'avait attaqué le premier ; Boudin mourut sur la place.

&3. Jacques Deshayes , laboureur , demeurant k Planches, diocèse de Séez, âge' de 50 ans. François Deshayes, âgé de 43 ans, frère du précédent, et laboureur, comme lui, à Planches.

Ils avaient tué , de complicité , Pierre Etienne , de la même paroisse , qui insultait François Deshayes , le frappait et semblait vouloir lui oter la vie.

Robert Halley, âgé de 56 ans, né au faubourg Saint-Gilles, à Caen, adjudicataire des banneaux de la ville de Caen , et chargé de porter toutes les vidanges au Cours-de-la-Reine.

Il avait tué , près de la porte au Berger, à Caen , le nommé Le Jean , de la paroisse Saint-Gilles , qui , malgré ses avertissemens, s'obstinait à porter des vidanges auprès du sépulcre, au mépris d'une sentence qui ordonnait de les porter au Coursla-Reine , et rendait Robert Halley responsable des contraventions, sous peine de cinq cents livres d'amende.

15. Robert Calais , âgé de 50 ans , chargé de sept Tnfans, berger, de la paroisse de Radepont. Etant berger au Boisguilkiume , près de Rouen, chez uji

sieur Plumetot, il fut attaqué , de la manière la plus violente , par Nicolas Debaux, berger d'un sieur Barbery, qui lui tira plusieurs coups de pistolet, sans le blesser. Robert Calais alla chercher son fusil , et , voyant Debaux le coucher en joue , il tira sur lui , et le tua .

1726. François Féré , âgé de â0 ans, maître tapissier,

demeurant à Rouen , dans la rue Beauvoisine , paroisse de Saint-Godard , archer du grandprévôt.

Vivien FÉRÉ, père du précédent , âgé de 5^ ans , demeurant avec son fils , brigadier de la maréchaussée de la Haute-Normandie.

Les deux frères Thiriau , archers de la maréchaussée , en voulaient à Vivien Féré père, qui, conduisant avec eux un déserteur à Givet , en Flandre , l'avait laissé échapper, peutêtre volontairement . De retour à Rouen , ils avaient plusieurs fois cherché querelle au père et au fils. A la fin de juillet 1 7 25 , ayant rencontré François Féré dans la rue de la Renelle , ils lui avaient donné des coups de sabre . Le 1 5 août suivant , François Thiriau vint chercher Féré fils chez un vinaigrier près du bailliage. Féré le suivit, croyant qu'il avait quelque chose à lui dire. Dans la petite rue Saint-Laurent, Thiriau lui chercha querelle, et mit le sabre à la main. François Féré dégaina son épée , se mit en défense , et , se voyant en danger de perdre la vie , porta à Thiriau un coup d'épée qui fut mortel.

1727. Georges Lavoisé, âgé de 37 ans, facteur de bois,

demeurant à Câtillon-en-Bray , et précédemment au Rouvray-en-Bray.

On volait du bois de cotret et du bois de marque dans la vente dite la Queue-Bourguignon , confiée à sa garde, et les

marchands adjudicataires s'en liaient souvent plaints à lui. Il prit le parti i\\ aller la nuit. Le i5 novembre I7a3, à deux heures du matin , étant allé l'aire sa ronde, il trouva Paul Le Houx , (jui chargeait , sur deux chevaux , du cotret de tremble. Le Houx, en l'apercevant, fit mine de s'enfuir. Lavoisé lui tira un coup de fusil, et le tua.

Joachim De Minfant ou Mifaut , ëcuyer, âgé de 3â ans, gentilhomme, demeurant en la paroisse de Saint- Vigor de Trungy, diocèse de Bayeux.

En janvier i723, rentrant chez lui, il fut suivi et insulté par Jean Bouillon , sa femme, sa belle-mère et sa belle-sœur, qui le traitèrent de Mesnil - Barré , Labrière , Antéchrist, voleur de grand chemin. Après plusieurs instances inutiles pour les engager à se retirer, Minfant leur tira un coup de fusil et tua Bouillon. Après ce crime , Minfant s'engagea dans le régiment de Louvigny , mais il déserta, et ce fut dans ces circonstances qu'il vint, eif 1727, solliciter la fierté. Mais M. Le Blanc, secrétaire d'^at, avait adressé au procureurgénéral l'ordre d'empêcher que le privilège fût accordé à ce gentilhomme. Le jour de l'Ascension 1727, le procureurgénéral avait fait venir, près du Palais, des cavaliers de la maréchaussée pour arrêter le sieur De Minfant, dans le cas où le parlement lui accorderait le privilège. Le chapitre, averti sans doute de ce qui se passait, ne choisit point alors le sieur De Minfant , qui , ayant réussi à se faire recommander par le cardinal de Fleury, fut élu et délivré sans difficulté l'année suivante ( 1728).

Guillaume Groulart , chevalier , marquis de Bosc-Geffroy, âgé de 44 ans, demeurant en son château de Bailleul.

Charles Groulart, chevalier de Torcy, frère du

précédent , âgé de 30 ans , demeurant au château de Bailleul.

Louis Richard, leur valet de chambre, âgé de 30 ans, né à Fréauville.

Le 29 août 1728, les deux frères Groulart avaient dîné ■chez le sieur De Mercatel , seigneur de Croixdalle , avec grosse compagnie de seigneurs et de dames. Retournant, le soir, au château de Bailleul , ils rencontrèrent six ouvriers de la verrerie du sieur De Valdanois , qui , on ne voit pas pourquoi, portaient des fusils. Le chevalier deTorcy leur demanda où ils allaient ; ils répondirent malhonnêtement ; il les traita de coquins. Alors ils l'entourèrent, semblant le menacer de leurs fusils. Le marquis de Bosc-Geffroy, qui marchait derrière, survint, et voyant son frère ainsi aux prises avec six hommes armés , tira sur ces derniers un coup de fusil qui tua le nommé Rougleux , l'un d'eux.

Un sieur De Pierrepont sollicitait vivement la fierté cette année-là. On s'était donné beaucoup de mouvement pour la lui faire obtenir ; mais le chancelier d'Aguesseau écrivit au procureur— général de s'opposer à la délivrance de ce gentilhomme. Le chapitre, averti sans doute, désigna tout d'abord les trois prisonniers nommés ci-dessus.

1730. Henri-François Baudot De Bar ville, âgé de 26 ans , gentilhomme , lieutenant dans le régiment d'Artois.

Alexandre De Bailleul, écuyer, âgé de 19 ans, volontaire dans le régiment des Cravates.

Le 29 août 1729, étant à Senneville-en-Caux, après avoir chassé plusieurs heures , ils étaient allés se reposer chez un gentilhomme de leurs amis , et ils en étaient sortis un peu échauffés de vin . Apercevant une compagnie de perdrix dans

une pièce d'orge, ils y entrèrent. Nicolas Le Cordier, propriétaire de celte pièce de terre, accourut et leur adressa des injures. Manille, qui , aussi-tot qu'il l'avait vu venir, était sorti, avec son ami, de la pièce d'orge, et se trouvait maintenant dans un pàtis tout proche , lui dit que s'il avançait darenUge , il lui casserait la tète d'un coup de fusil. Le Cordier continuant ses injures, BarviUe lui donna plusieurs coups de crosse ; et comme un frère de Le Cordier accourait à son secours , le chevalier de Bailleul marcha au-devant de lui , mais donna en passant deux coups de crosse à Nicolas Le Cordier. Ce dernier mourut le lendemain, à 5 heures du matin .

Jacques Malart , ëcuyer, sieur de la Gasinière ,

âge de 34 ans , demeurant à Routrou, diocèse

de Se'ez, cadet dans le régiment de Sommesnil.

Depuis long-tems , ce gentilhomme vivait en mauvaise intelligence avec Robert Bayard, son voisin, qui avait cherché plusieurs fois à lui usurper de la terre. Le 18 novembre 1 729, ayant trouvé la fille de ce paysan qui faisait paître des chevaux et des vaches dans une de ses pièces de terre , plantée d'arbres fruitiers , il dit à cette fille de se retirer ; et comme elle s'y refusait, il lui arracha son toquet , qu'il jeta à terre. Survint Robert Bayard , père de la jeune fille , qui s'avança contre Malart, le menaçant d'un levier qu'il portait. Malart le coucha en joue avec son fusil pour le tenir en respect ; Bayard s'efforçant de le désarmer , Malart lui donna un coup de bourrade sur la tête, dont il mourut huit jours après.

Jean De Brienne , ëcuyer, sieur de Saint-Le'ger , âgé de 41 ans , de la paroisse de Saillant , diocèse dWngoulême. demeurant en sa maison de Rochefort.

Il en voulait à Jean-Joubert De la Judie , son fermier ,

parce que ce dernier refusait de se soumettre à une sentence arbitrale qui avait déclaré communs entre eux tous les frais résultant de l'incendie d'une grange. Ils n'en buvaient pas moins ensemble , et s'enivraient de compagnie. Un jour qu'ils étaient ivres , ils se querellèrent ; Jean De Brienne tira , sur son fermier, un coup de pistolet , dont celui-ci mourut peu de jours après.

Recommandé par M. De Montmorency-Luxembourg.

1733. Jean De Samaison, âgé de 45 ans, de la paroisse

du Me snil -Durand, près de Lisieux, toilier.

Il était très-mal avec son frère et sa belle-sœur , dont le logement tenait au sien... Ils avaient souvent des disputes, qui dégénérèrent en voies de fait.

Dans une de ces disputes , se voyant assailli par son frère , sa belle-sœur et son neveu , armés , l'un d'un levier , l'autre d'un fauchet , et le troisième d'un fléau , et étant déjà blessé , il se jeta sur sa belle-sœur , un couteau à la main , et la tua .

1734. Robert Castel , âge' de §â ans, laboureur à

Brémoy, diocèse de Bayeux.

Un nommé Julien Quiret avait maltraité la sœur de Robert Castel; et ils étaient en procès, pour cela , à la juridiction de Vassy. Le mardi de la Pentecôte i^o, Castel, retournant chez lui , rencontra Quiret qui venait vers lui , un bâton à la main , et lui demanda s'il voulait lui en faire autant qu'à sa sœur. Ils se battirent à coups de bâton , puis se colletèrent ; Castel ayant terrassé Quiret qui le tenait aux cheveux , prit un caillou qu'il jeta violemment à la tête de son adversaire , et le tua .

1735. Pierre Choury ait La Coste, âge' de 31 ans, de

la Be'nechie , paroisse du Monder , de la ville de Saint-Yrieix , en Limousin.

Ayant trouvé Jean Mazabraud , laboureur , coupant xine

haie vi\e qui séparait les héritages de François Choury, son père, il lui dit de cesser; Afazabraud continua. Vue dispute s'engagea entre eux; Pierre Choury, se voyant menacé d'un coup de hachereau , donna un coup d'épée à Mazabraud , et le tua.

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