‹ Histoire du priviláege de Saint-Romain (volume 2)Chapitre 61 sur 77 · Jean -P\OM AIN Lefebvre , âgé de â3 ans , né au · texte numérisé non relu

Jean -P\OM AIN Lefebvre , âgé de â3 ans , né au

Thuit-Simer , demeurant à Elbeuf-sur-Seine , paroisse de Saint-Etienne, ci-devant tailleur de pierres , maintenant soldat dans les grenadiers royaux.

Le 5 mai 1 780, étant dans un état complet d'ivresse , il tua, dans le presbytère du Thuit-Simer , le nommé Benoît Girard , ouvrier tondeur de draps , qu'il avait engagé comme soldat, et (jui \ oulait rompre cet engagement pour en contracter un autre plus avantageux. Le bailli d'Elbeuf l'avait condamné à mort.

1783. Charles Dannequin , âgé de 60 ans, demeurant à Tournedos-sur-Seine , ci -devant garde et fermier du président du Portail.

Toutes les nuits , les braconniers venaient voler des lapins dans la garenne de Léry. Le 22 février 1777, Dannequin alla , avec son fils et deux domestiques armés comme lui , épier ces braconniers ; il ne tarda pas à en voir un qui , l'ayant aperçu le premier , le couchait en joue. Dannequin le somma cinq ou six fois de lui dire son nom ; ce braconnier refusa toujours , et donna un coup de sifflet qui fit venir un de ses camarades. Dannequin , se voyant couché en joue par ces deux hommes , tira et tua le nommé Martel , laboureur , l'un d'eux.

Il avait en vain sollicité sa grâce , il n'avait pu l'obtenir , même à l'époque de la naissance du Dauphin.

Le marquis de Conflans l'avait recommandé au chapitre.

178&. Michel Aubert, âgé de 36 ans, journalier, de la paroisse d'Etreville.

Marin-François Morisse , âgé de 32 ans , marchand de poissons, de la paroisse d'Eturqueraye.

François Morisse , âgé de 36 ans Journalier, demeurant à Étreville.

Adrien Perrey, âgé de 27 ans , de la paroisse d'Etreville , journalier.

Revenant du Vieux-Port , où Marin-François Morisse était allé chercher des moules , ils furent insultés et couchés en joue par un nommé Jacques Deschamps, qu'ils ne connaissaient pas. Marin-François Morisse lui jeta un caillou à la tète , et le tua.

1785. Nicolas Girard , âgé de 50 ans , né auMineray, demeurant en la paroisse de Bourg , près de Verneuil, dans le Perche, fabricant d'épingles. Le 9 août 1782, se voyant assailli à coups de pierres par

des enfans du hameau de Rfineray, il les menaçait de la erosse de sou fusil, Lorsque suryrat Nicolas Maloiset, âgé de m ans, qui lui dit qu'il avait tort de boùrrader des enfans, et s'efforça de le désarmer; Girard résista; dans la lutte, le fusil partit,

d Maloiset l'ut tué.

86. Jean-Baptiste Fouquet, âge de 48 ans, marchand, et syndic militaire de la paroisse du Bourgtheroulde, en Roumois.

Sa femme lui avait toujours donné, depuis leur mariage, de graves sujets de plainte; elle avait même été enfermée deux fois dans des maisons de force à Paris et à Lisieux , à raison des désordres dont elle s'était rendue coupable. Toutefois, une réconciliation s'était opérée entre eux, sous la promesse qu'elle avait faite de changer de vie. Mais elle était retombée dans ses anciens désordres, s'enivrant sans cesse et fréquentant les plus mauvaises compagnies. Le 10 juin 1 781 , fête de la Trinité, Fouquet, voyant un de ses enfans, âgé de huit ans, qui pleurait de ne pouvoir se coucher, parce que sa mère s'était enfermée dans sa chambre, alla enfoncer violemment la porte de cette chambre , et trouvant sa femme ivre , la frappa , à diverses reprises , avec un débris de la porte. Elle mourut quelques jours après.

Il n'y eut point de prisonnier délivré. (Voir l'histoire. )

Aimable Berthe , âgé de 37 ans , né à Rouen , paroisse de Saint-Maclou, cordier à Yvetot.

Le 6 avril 1781, ils buvaient depuis plusieurs heures, dans un cabaret d' Yvetot, lui et un nommé Le Breton avec qui il s'était réconcilié après une querelle assez récente encore. En buvant, leurs têtes s'échauffèrent et leur querelle se renouvela. Berthe , blessé des injures que lui prodiguait Le Breton , se saisit d'une bouteille de bière à demi-pleine, qui était sur la

table , et la lui jeta à la tète. Le Breton mourut quatre ou einq jours après.

1789. 1°. François Lefervre.

2°. Georges Lefervre, son fils, cordonnier en la

paroisse de Campigny, diocèse de Bayeux.

Le 22 novembre 1788, Georges Lefebvre , voyant son père, âgé de 70 ans , battu et terrassé par un nommé Pierre Castel, sur le grand chemin de Bayeux à la mine de Litry, prit un ferrement perçant et coupant ( dit le registre de la Tournelle) , en donna trois coups à Castel , et le tua.

Le père et le fils furent délivrés et figurèrent ensemble à la cérémonie.

Georges Lefebvre avait été condamné à être pendu ; le père avait été condamné à l'amende honorable et à assister au supplice de son fils.

1 790. Nicolas Béhérie, ou Béherée , de Bpissay-sur-Ry. Marie-Anne Pinel, son épouse.

Le 22 octobre 1788, une dispute s'était élevée entre la femme Béhérie et le sieur Buquet, son propriétaire. Leurs cours étaient contiguè's ; la femme Béhérie avait chassé, en le maltraitant, un porc qui appartenait au sieur Buquet ; de plus, Buquet accusait cette femme de secouer ses pommiers pour faire tomber les branches mortes qu'elle s'appropriait. Dans la dispute , le sieur Buquet frappa la femme Béhérie , qui cria et appela son mari a son secours. Béhérie accourut , armé d'une gaule au bout de laquelle il y avait un crochet de fer ; et il frappa avec cet instrument le sieur Buquet, qui rentra chez lui se coucher, et mourut quelques heures après.

Ce sont les derniers individus qui aient levé la fierté.

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