EXPLICATION
DES PLAAGHË, VIGNKITES ET LETTRES GRISES
DV TOME PAEMIEA.
Cl. gnai* par Mllaw CMluMi Lavcmh.
Frontispice. — Cért*raonie de la levée de la fierté, à Rouen, le jour de TAsceouon. (Place de la Yieille-Toor.)
T a scène est censée se passer dans le XVX«. siècle | doot l'aritste a rappelé les costumes.
Titre- — Figure de la gargouille supportant le jeton 4€ la Coafrérie de Saint-Romain , vu de faee et de revers .
Page i« — Friae représentant la procession descendant du Besle de k YieUfe-Toor.
Iic piindpal groupe se compoM du prisonnier àÛiwré de ses fers , remplacés par dcsgomaodes de flears doni quatre jeunes filles , vêtues de blanc , soutiennent les evtrémitës. Ces dÎTcrs personnages soal couronnés de roses.
Paéface. — Porte d'une maison en bois de la me Damiette, à Rouen , décorée de deux statuelles représentant saint Jean-Baptiste et saint Romain.
Tage 1 . — Saint Uoinain , cscoilc d'un meurlritT, se rendant maître de la gargouille.
Page 67. — Dagobert remettant à sainfc Ouen la charle du privilège.
Page ao3. — Assassinat de don (viiiilaume Letanneur, religieux bénédictin de l'abbaye de \almonl.
Page 4^9* — Soinl Kuniaïu. A ses piedâ, dans l'attitude de la prière et de la reconnaiisanee , «n prisonnier dont les fers sont brisés.
Nota. A PexcepUon (le la vignclle du l'itr«, tous les tulres morceaux
Savli sur bob ^r M. BaEViBRB, ont otc composés et dessinés par
AGUÉRE on accourait en foule de tous les points de la ISoriiiandie , des provinces voisines et même de TAngleteire , admirer chaque année à Roumi , le joiir de.
1 Ascension, le spectacle le plus auguste et le plus touchant; on venait voir un meurtrier arraché à Téchafaud , traversant les rues , couronné de fleurs , heureux de sa libellé recouvrée , heureux de vivre , après avoir vu la mort de si près. £n vertu d'un privilège unique en France, le chapitre de Rouen iavait choisi parmi tous les autres prisonniers, avait dCTAndé qu'il lui fÙt livré; les
Il PREFACE.
magistrats le lui avaient laissë emmener; et 1 infortuné recevait d'un collège de prêtres sa grâce inespérée , que le roi de France lui avait refusée même le T^endredi-Saintf ce grand jour d'indulgence et de pardon. Pensée attendrissante , qui montrait au monde la Religion désarmant la Justice , et la miséricorde céleste conmiençant là où finit la pitié des hommes! Ëtce spectacle , déjà si beau en lui-même, combien d'éclat il empruntait encore d'un cérémonial pompeux; de l'aspect. de la châsse révérée de Sainte .ilomain, que le gracié portait, après l'avoir soulevée trois fois sur une place publique , aux acclamations de la muldtude ivre de joie ; et enfin d'une proceeh sion magnilique.où assistaient les trenle* deux paroisses de Rouen , et qui , au son de toutes les cloches de la ville , mises en volée, rimmense Cteoi^gBs^' Ambme tonnant par-dessus toutes les autres^ s'avâ^ çait majestueusement avec ses bannières flottantes, ses croix, ses c^^âsses 4 ses
oraemeiis splendides, ses énormes bouquets , se» deax . dragons aux gueules béantes, emmenant, coinme en triomr phe^cet bonune que l'église venait de rendi'e à la vie et à la liberté !
Ëmerveilléde ce que les anciens racontaient sur ces belles solennités qui réjouiraoyt i^ur jeunesse, nous avons voulu en apprendre davantage sur un sujet qui nmis intéressait tant Au calnnet des nue miscrits de la Bibliothèque royale , où nous eûmes autrefois le bonheur de travailler pendant six ans en qualité d'élève de FEeokdes Charles^ nous avions trouvé des révéladons {Mrécieuses sur la fierté. Mais c'âait surtout à Kouen , c'était dans la ville de Samt-Romcuriy que nous devions apprendre à bien connaitre son privilège. Dépositaire des antiques mémoriaux de rÉdûquier etduPai^iement de Normandie , nous les avons tous soigneusement compulsés. Les registres, les chartes de l'ancien chapitre de Rouen,' les statuts de confréries, lesaimalesde la i ourneile,