‹ Histoire du privilége de saint Romain en vertu duquel le chapitre de la cathédrale de Rouen délivrait anciennement un meurtrier tous les ans, le jour de láscensionChapitre 24 sur 27 · HE SA0IT BOMAIBI · texte numérisé non relu

HE SA0IT BOMAIBI

cliàteau ^ après s'être tous débouéa pour fiôre moins de brait, ils fSArent introduits par des valets. Ils

entrèrent dans la chambre de leur sœur ; Tun d'eux écarta les rideaux dn lit... il n'y avait plus lieu d*en douter.... leur sogur était dé&bonorëe. Cependant, aussi-tâc qu'il les avait aperçus « le sieur D'Ormois s'ëlait jetë sur son ëpee, puis la lampe qui éclairait la chambre ëtaat venue à s'éteindre , il s'était oufiii en cbeinise, et était allé se barricader dans une des chambres de Tétage supérieur. Bientôt, voyant les issues du cliâteau fermées pour Tempédier de s*évader, il demanda aux sieurs De Bërard ce qu'ils lui voulaient. « // fmiUf lui direnl41s9 qwvaustspù»' siéz celle que vous avez déshonorée, »— « Jip mourrais piusiosi, répondit-il ; je n 'ay rien aiUuU contre Vkt^ mvr dë madamoMle vosùt tmur; j€ emtsais avec elle, mois cestoU sans mlam mat* » Cette réponse était peu finie pour contenter les trois frères. Après

bien des pourparlers , D'Oi^ois, voyant que c'était

faû de lui, résolut de vendre dier sa vie. Lui et son domestique se présentèrent à leurs adversaires » rëpëe et le pUtUet à la main; de part et d'autre on tira ; des deuxe^tés, les balles portèrent. D'Ormois étant blessé» ou lui dit qu* il estait encore assez tmps fespomser Margamie De Bérard, et if a il y avoil ung prestre non loin de là. Mais il répondit qu'il voulait qu*on l'achevât, et, en disant ces mots, couckâ en jone le sieur Thomas De

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Berardy qm^ voyant cela, l'ëtendit mort k &e8 pieds. Aussi-tôt les meurtriers s'enfuirent, on instruisit contre eux. Des ipdices graves donnèrent lieu de penser que cette tragédie était le résultat d'un complot honteux, ourdi entre Marguerite De Berard, sa mère et ses firères, pour contraindre le sieur D'Okrnois à un mariage auquel il rëpu^ail inyinciblemeat. Le trop célèbre Laubardemont» envojé en Touraine pour fiiire le procès aux coupables, les condanma par contumace , les uns à être rompus Ti&» les autres à avoir la téte tranchée. Enfin, en I64I , les sieurs }}v Berard vinrent à iiuueii ^aiiiciter la âerte., Bouthiilier -Uiavigny, secrétaire d^état aux syBTaires étrangères, proche parent des Bérard , écrivit à François Harlai , premier du nom, archevêque de Rouen, et au chapitre, en leur faveur. « Il seroit dif&cile à ces gentilshommes (écrirait^il) de se mettre en seureté par autre voie que la fierté. » Et comme le chapitre Tavait invite à recourir plutôt à la grâce du roi, ce ministre répondit : « Si le crime ^nt les sieurs de la GriDonnière sont accusés eusi permis d'implorer la grau duprmee, j*oae vnos dire que le Roy m'eust peat estre faict Thonneui* de lue Taccorder pour eux. Ce sont gentilshcmmes de condition, qui sont tombés dans ce crime par un malheur extrême. U y a quatre ans qu'ils eu iont pénitence , et ils espèrent , dans le repentir et très^grand déplaisir qu'ils ont de leur

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faulUi qu'ils obtiendront le remède 4ja*il& chcrchd^t pour mettre fin à leurs peines en levant U fierté. » Le duc de Longuevillc ccrivit aussi eu laveur de ces gentiishommest « qu'il avoit veu, disait-il, signaler souvent leur valeur dans les armées. C*est princi* paiement, ajoutait-il, pour les personnes de leur mérite et condition que le privilège de la fierté a esté introduit. » Ces soilicitatioas eurent un succès complet. La fierté fiit accordée aux sieurs Defiérard de la Grillonnière. Mais, pendant plusieurs années encore , ils continuèrent d'expier leur crime par les persécutions qu'ils eurent à essuyer de la part de la ianiilic du sieur D'Onnois. Marguerite De Bcrard , qui n'avait pas levé la fierté, était plus tourmentée que les autres , et on était parvenu à la iaire airèter. Après de longues procédures , le conseil renvoya cette affaire au jugement du parlement de Rouen , qui, par un arrêt du août i 6A& , ordonna que les prisons seraient ouvertes à Marguerite De Bérard , la renvoya en la possession de ses biens , et la mil hors de procès. Ainsi se termina cette affaire , après onze ou douze années d angoisses pour la famille De la Grillonnière. Ge qu'il y a de piquant, c'est * que l'esclandre qu'avait faite ce procès n'empêcha pas Marguerite De Bérard d'être recherchée en mariage : peu de tems après la mort tragique du sieur Postel d'Ormois , elle avail épouse un sieur Jacques De Sarcilly , sieur des Fourneaux.

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1642. Un baron de Ris (je ne sais s'il e'tciil de laiamiUe des Faucon de Ris qui adonné phuieurs premiers présidens au parleuieiu de Koueii) ayant assassiné le vicomte de Montmartin, le parlement de Paris Pavait condamné à mort par contumace. En \ G4i^, Le roi (Louis Xni), informé que ce gentilhomme «pouTSuiToit pour lever la fierté de sainct Romain, et obtenir, parce moyen, Timpunité de son crime », écrivit au chapitre « qu'il estott h propos que Ton n'abusât point de ce privilège, l'cstendant à toutes sortes de personnes qui, par faveur, estoient admises à s'en prévaloir, ce que si Ton ioléroU quelquefois , il estoit bon, néantmoins, que oe ne iài pas touagours. Vous ferez donc en sorte , pour ceste fois-cj, ajoutait-il, qu'un autre que le dict baron de Ris lève la dicte fierté. i»

Le chapitre eut égard à cette lettre ; et le privilège fut accordé, cette année, à un sieur Olivier Bagooet de la Giraudière, qui avait tué soa beau-père ^le mari en secondes noces de sa mère).

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