‹ Histoire du privilége de saint Romain en vertu duquel le chapitre de la cathédrale de Rouen délivrait anciennement un meurtrier tous les ans, le jour de láscensionChapitre 23 sur 27 · SOS HISTOIRE OU PRIVILEGE · texte numérisé non relu

SOS HISTOIRE OU PRIVILEGE

âgë alors de treize ans senlemenlt $ls du sieur De

Pontac, trésorier-général de la ^tnieraiilé de Bordeaux. Les parens s'en étaient plaints au parlement de Bordeaux , qiiî avait défendu à la dame De Lestonac de marier sa Me , jusqu'à ce qu'il en eiit été autrement ordonné par la cour. Malgré cet arrêt, des relations étroites avaient continué entre les dames De Lestonac et le trésorier -général de Bordeaux. Touts'aclieiuiuaità un lûariage Irès-prochain« et enfin , un soir , on vint dire an conseiller Thirac que « les dictes damotselles , mère et fille , soupoicnt au logis du sieur De Poatac» pour, ic lendemain de grand matin, se marier, n Aussi-lâl, accompagné de neuf ou dix de ses amis , armés et ( déguisés ainsi que lui , le conseiller Thirac se- rend à la place de Saint-Bemy, oii demeurait le sieur De PontaCf dans le dessein ^ à ce qu^il dit depuis, « de se saisir de la jeune fille , lorsqu'elle sorturoitt pour. la représenter en justice , et £ure ordonner de son nuriage par l'avis des parents. ««Cependant, le sieur De Poutac, averti du complot , avait iiaaginé une ruse pour le d^ouer. O envoya de ce oâté « deux certaines filles habillées en damoiselles et voilées d'escharpes » , se doutant bien que Thirac et les siens les prendraient pour les dames de Lestonac. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver; au moment où Thirac et ses amis se saisissaient de ces deux femmes pour les enlever, M. De Ponlac et ses

I» SAINT EOMAIK. 509

amis, les uns Véfée k la main» les autres munis

d aniies à Itju, s'avancèrent pour s'y opposer. Une mélëe eut lieu dans Tobscurilé de la nuit ; des coups d'ëpëe et de mousquet (tirent ëchang^s. Le sieur De Pontac père , atteint d un coup mortel , expira le jour même ; quelques uns de ses amis furent blessés. Un procès criminel , commencë à Bordeaux, contre le sieur De Thirac et ses complices, lut évoque au parlement de Paris ; deux des complices furent condamnés à mort et exécutés. Mais Thirac dit à Rouen que « e*estoii pour auire acier sçavoir est pour s'estre mariez, encores quilz le Jûsseni desjà et que. leurs femmes feusseni vivantes, n Si ce dernier cas était pendable, il faut avouer que l'équipée de Bordeaux ne Tétait guère miMns. Pour le sieur De Thirac, il était en fuite, et fut condamné à mort par contumace* Après avoir erré plusieurs années en Flandre et en Espagne, enfin il vint, en 161 8 9 solliciter à Rouen la iierte qu il obtiut. Dans ce laps de tems , la demoiselle DeXiestonac , qu'il. avait Techerchëe avec tant d^ardeur, s'était mariée f comme Tavait voulu sa mère, au fils du sieur De Pontac ; et ainsi , trois ou quatre hommes avaient péri, et un magistrat s'était deshoniuré inutilement.

L'arrêt du conseil, qui, en 161 â, avait débouté le sieur De Lespidère du privilège de la fierté, diê^^^r» n'avait pas moins déplu aux magistrats de Rouen '"^'''•**

510 HISXOIU DU mViLÉGE

qu'au chapitre. Le parlement de IHormaiidie voûtait être le 8éul juge de tous les difFérends qui privaient naître à Toccasion cVun privilège particulier à la province ^ et voyait avec chagrin ses anréls cassés par le conseil , toujours prêt à s'arroger une haute compétence sur une matière qui semblait devoir lui être étrangère. Dans rassemblée des tftats de Normandie, à la iin de rauuée ï6\&^ le paricment et le chapitre , loraqufaa arrêta le» remontrances à adresser au roi Louis XDI, réai^ surent à y faire insérer une clause relative au privilège de saint Rmnam. Cet article ( le tîtnâème des remontrances) était ainsi conçu : « L'une des plus andemies remarques qui soit tn ceste province , est le miracle c^ue Dieu a faict par Tintercession de saint Romain, archevesqoe de Rouen, en mémoire du quel vos prédécesseurs ont donné un singulier privilège au cluqiitre de la dide église , confirmé par vostre très bonocé pèreHcmyle-Grand, en Tan 1596, et doqt le dict chapitre est en bonne et vialaUe possession , de temps excédant la mémoire des vivants. Néanmoins , il se trouve toi^ours quel^pies ans qui, opiniastrement, le veulent révocquerw doubte, et, en suscitent plusieurs proceds qu'ils tâchent d'évoquer hors ceste province ; il plaira à Voire Bi^rsté d ordonner que tous diÛeread:» meus et à mouvoir contre ceux qui auront joui du dkt priiti!^, se

tansnaesonien vottreooivl de paviemem de ftouen,

4iaiis pouvoir estre ëvocquez ailleurs. » • •

Le parlemeal et le chajMtre avaient été obligës d'agir de «onœrt pour fîmre înaërer dant le cahier des remoaliances cette clause relative au privilège. Mais leur accord nMtdft qu'apparent, ^ ducun de * ces corpa avait sa pensée. Ce que le parlement dëimit avant tqiut, c'était d'èire V uaaque tribunal où pussent être déballas tous les procès relatifs à la âerte. Le chapitre , au contraire, ne voulait, pour rien- au inonde, de cette compëlence exclue sive, qui eût fait du parlement l'arbitre suprême du droit de l'église de Rouen , et eut mis le privilège à sa merci. Souvent des arrêts de celte cour, defa- ^voraUes au privilège , avaient été déférés au conâeil du roi, qui en avait fait justice; et le chapitre n'avait garde de s'interdire une ressource à laquelle il pourrait, dane^ la-suite, avoir besoin de recourir encore. Mais , d^une autre part, depuis la mort de Henri IV , le privilège n'avait pas encore été reconnu par Louis XIU, son successeur. Il importait au chapitre d'obtenir une confirmation expresse du roi régnant, de l'obtenir à la demande et aooales au^ices des états de la j^ovince ; et, agissant dans ee but, mais dans ce but seidement, de concert avec le parlement, il espérait bien que la remontrance resterait sans efibet en ce qui concernait cette cour, et n'aurait pas d'autre résultat qu une

5lâ HISXOUIE DU raiVlLBGË

coiiiirmatioii nouvelle du privilège de saint Romain. L'ëvëoement justifia sa prtfvi6ion.^Lea commissaires du roi près les états renvoyèrent bien au roi l'article relatif à la fierté , en déclarant « ^'i(s esioieni â^ad»U que les prwilégÊS accordés au dkih ' pUre de Rouen JdsserU conservez , el les di/^^érends, en espéeutian ificeubp, iraiiéz a» parkmmt de Rouen, et non ailleurs, » Mais le roi (san6 Joule a la jurande satisfaction du chapitre) sembla regarder comme simple une proposition ëvidemment complexe Y et répondit en peu de mots : « La volonté du roi est que les privilèges accordés au chapitre de Koueii soient conservez , à la charge de n*en point abuser » ; et pas un mot sur la compétence. Ainsi il se trouva que le parlement avait servi le chapitre , sans avoir rien obtenu pour luimême.

En 1619, 1 élection du sieur De Sillans, désigné par le chapitre pour lever la fierté , fut Toccasion de scènes fâcheuses qui iruubierent la ville, le jour de T Ascension. Le sieur De Sillans, gentilhomme du Cotentin , était allé dans Tabbaye de Saint^£tienne de GaeHi pour voir dom François De Sillans, son îtm^ Yxol des religieux de cette abbaye. l>aas les corridors de la maison, il eut une quereOe avec les sieurs De Golombières et De Guerville , qui avaient fait maltraiter par leurs lapais un sieur De Montplaisir, son ami. On mit

Tépëe k la main, et le aîenr De Goeralle fol toi

dans Fabbaye par un de ceux qui accompagnaient le aienr De bilans. Cette i^oeoatre mit pem^iK ctë dësirée et recherchée par Sillans, qui fut immëdiatement poursuivi par la justice ; ou procéda acthrement contre loi. La famille De Guerrille etit assez de crédit pour Tempécher d'obtenir du roi des lettres de g^ce. Mais Sillans eut recours* au privilège de saint Romain ; et ses de'marches auprès du chapitre, secondées par M. De Bmoy^ évéqae de Coutanees, dont il avait éponsé la nièce, forent appuyées aussi au nom du roi, qu'il était enfin parvenu à intéresser en sa faveur. Le doc de Eohan écrivit aux chanoines de Rouen pour qu'ils donnassent leurs voix k ce gefitilhonime. « Encores qu'il se trouve quelque difficulté en son affaire , faites ( écrivait ce prince aux chanoines ) , faites qu'il soit passé outre , attendu que le roy le désire ainsi , Sa Majesté se voulant servir de iuy en ces occasions présentes* Je vous asseâre» outre, que vous

ohllgoi t z ijuantitc de braves gentilshommes à t|ui

il appartient. » Ce fut en vertu d'une lettre de cachet du roi , adressée à M. De Baucpiemare, gouver^ neur du Fieux^Palids, que Siiians fut reçu dans les prisons de cette forteresse» D fut élu par le chapitre pour lever la iierte, avecQuénaultditLaGrou-' dière et Sébastien Ija More , ses complices. Les parcns des sieurs De Guerville et De Colombières ,

5f& HISTOIBE DU PBmiiGE

avaient intrigué beaucoup, auprès du parlement pour empêcher tettê ccnmpa gnie de déKvrer SiUins. Le jour de T Ascension, ils sigiiiiièrent des letires d'érocatton auxquelles on n'eut point dVgard. Dans rinlerrogaloire que Sillans préla sur la sellette, on le questionna sur l'assassinat du sieur De Beaorepsîre, crime dont ses parties cirilesTaTaient accusé pour aggraver sa position. Il repoussa ëiiergiquement cette accusation, qoi, en effet, paraissait dénuée de preuves. Mais, soit que le parlement ajoatAt peu de*foi à ses réponses, soit qu'il j eut, comme Tavouait le duc de Rohan, son protecteur, <^iu> autrt diffkuUé dan, cette ^ain, U fut décidé que Sillans et ses deux complices « ne seroient délivrez que pour la solemuité du jour sealement* Toutefois , afin de ne troubler la feste, il lui cou venu que les trois prisonniers ne pourroient être arrcstés pendant cette journée par les huissiers ni par autres, pour quelque cas que ce fut. i> Après avoir prononcé cet arrêt, le premier président fit avertir le mattre de la confràîe de Saint-Romain de donner ordre que les prisonniers m fussent pas arrêtés , afin qoHl ne fât apporté aucun trouble à la cerëniouie , « ains de les faire mettre en liberté , après icelle accomplie. » Le premier président étant retourné à son hdtel après la délibération , y vit arriver presque aussi-tôt deux chanoines députés pour loi dire que le chapitre

DE SAINT RCniAIK. SfS

se troundl arrêté par les réserres de la décision

que venait de rendre la cour. premier presicieiit leur en fit connaître les motifs; ils parurent sati^ faits et se retirèrent. Un parent du maître de la confrérie de Saint-Komain survint presque aussi* tiôt« Le bruit courait , dit-il , que les parties civiles du {Nrisonnier voulaient le faire arrêter ; le maître en charge de la confrérie, craignant du tumulte ^ suppliait le premier président d'ordonner à la Cinquantaine d'assister ie prisonnier jusqu'à sa maison où il devait souper, selon Tusage. Le premier président lui dit qu'aux termes de Tarrét, le prisonnier ne pouvait être airété pendant la journée* Toutefois , pour rassurer la cuafrcric , il autorisa cet envoyé à dire, en son nom, au capitaine de la Cinquantaine, «pie si quelques personnes voulaient arrêter le prisonnier par les voies de justice, on fît karo sur elles, et qu^on les lui amenât anssi'-tdt. Fendant tous ces pourparlers, M. De Sillaiis était au haut du peiron de la Vieille-Tour , oà il attendait la procession qui tardait plus que de coutume, le chapitre n'ayant pas voulu qu'elle partit de Notre-Dame avant d'avoir reçu la réponse du premier président. Sillans vit dans le peuple qui sta- u» rritoii».e. tionnait svar la place unefcrmentation qui l'inquiéta, k B«te, »\mMt C'étaient ses ennemis qui, furieux de ce qu'il avait obtenu la fierté, l!épiaieAt, résolus à ne le point perdre de vue. Un neveu du maître de la confi^rie

516 HISTOIBE DU PBIVILEGfi

de.Saiat-Romain s' étant écrié que êi Von tentik quelque coup de main pour s'emparer du prisonnier y il iaudrait metlre balle en bouche, ce mot, qui parvint aux oreilles de Sillans , achera de réclairer sur les dangers ultérieurs qu'il courait U se douta que le parlement ne 1 avait délivré que pour un jour. Alors sa résolution fut pronçle; apercevant un vide au milieu de cette multitude qui fourmillait dans la place de la Yieille-Toor, tout-à-coup il s'élança du peiTon , descendit les degrés f rapide comme Tédair, et disparut , assisté de ses amis , qui , tous l'épée à la main , protégèrent sa retraite , et le reconduisirent au Vieux- Palais où il s'était fait écrouer. Il était près de huit heures du soir; et, dans ce moment même, la procession de Notre-Dame se mettait en marche. Des ofliciers de Téglise vinrent annoncer au chapiirt « qu'il y avoit eu grosse rumeur à la Vieux-Tour, et que le prisonnier s*estoit enfni. Pourquoj, néautmoius, les chanoines ne différèrent le cours de leur procession , ains acherèrent icelle , sans avoir peu , pour l'absence du dict prisonnier esleu y effectuer les cérémonies qui estoient à faire.»

Une infonnation eut lieu contre les auteurs des désordres qui aTaient troublé la solennité de TAs-

cension, et notamment contre et' u\ qui avaient dit et fait dire « qu'U foUoU meUre balk mbouAt^,

pour empêcher que Sillans ne fût arrêté. J'ignore quel en fut le résultat.

On ne lira peut-être pas sans intérêt le détail des faits qui mirent le sieur De la Bresle , gentil- ^ ijjj,*^!!'^ homme du Bourbonnais , dans la nécessité de recourir, en au privilège de la fierté. Ce gentilhomme y étant au service du roi , arait conduit une compagnie dans le Piémont, et y arait emmené ayec lui un nommé Claude Barbier , qui s y conduisit bien et montra beaucoup de brayoure. De retour en France avec le sieur De la Bresle, Barbier, ayant changé de dessein et voulu entrer dans Téglise , le sieur De la Bresle le fit, par sa protection , «parvenir à Tétat de prêtrise » ; bientôt, le béné&ce de BioBat étant venu a vaquer , il détermina la dame De Biozat sa parente à donner cette cure à son protégé. Mais alors Barbier commença « à se déconnoistre et se laisser aller à toutes sortes de dissolutions »,ne tenant nul compte des représentations que lui adressait la dame De Biozat , et ne témoignant pour elle que du .mépris. Le dimanche 13 juillet 1 61 3, cette dame Tayaut fait prier d^attendre qu'elle fût arrivée, pour commencer la grand' messe, lui, au gontijore, commença Toffice long-tems avant l'heure ordinaire, les paroissiens n otant pas encore assemblés ; et lorsque la dame De Bioaat arriva , la messe touchait à la fin. « De «pioy se faschant incontinent , elle querella le curé , qui luy

518 Ui5iOm£ DU P&lViLÉG£

répartit, en présence de tous les habitans de Biozai, que sî elle ne se feust point amusée à paailardet oivr son La Bnsle^ êUe se /eusi levée assez matin pour vemr à la messe. CVtait uae horrible calomnie , une diflEumation atroce contre « une dame qui n!^ voit jamais vescu qu'avec toute honnestetc, sans donner soupçon à personne. i» M. De Biosuit étant alors dbsent pour un procès deTamiRe, la dame DeBiozat se plaignit au sieur De la Bresle, s€m parent^ qui était de part avec elle dsois le sâoiglant outrage qu'elle avait reçu, et qui, comme elle, avait comblé Barbier de bienfaits. La Bresle ayant écrit au curé de le venir trouver, cet homme, audacieux autant qu'ingrat , alla au château de Bioiat et aecaUa d*injures sa bienfiritrice. d lui reprocha d'avoir écrit à son mignon, afin. de le faire tuer, et jura qu'il y donnerait bon ordre. Anssi-tdt, il se rend à Fuom où était le sieur De Biozat, etpaiTieut 1 le faire croire à Texistence d^nne intrigue criminelle entre sa femme et La Bresle. Ce mari crédule retourne à Biosat , « se saisit de sa femme , l'enferme dans nnechamiirede son chastean, et la contraint d'escrire à La Bresle quelle le prîoit de la venir trouver pour luy conférer de choses gu*dle ne luy pouvoit escrire. » Bien éloigné de soupçonner m fHége, La Bresle partitpour Biocat ; mais, à une liene et demie environ , il trouva en embuscade le sieur De Biozat, le curé Barbier et quatre autres

M aaJMT ftaBUiM. si9

personnes, qiii Te coucfaèreni en joQe , tirèrent «nr

lui , mais ne purent tuer que son clieval ; pour lui, il panrini à & enfuir dàm le bois où il ne put être poursuivi par ses agresseurs , qui , tons « étaient à cheval* Sur sa plaioiei le sieur De Biozat, le curé di . leurs complices furent décrété» de prise de cofps. Jusqu alors , la cause de La BresLe était bouue ; et la justice allait le venger.; walbeureuseMieat , îl voulut aider lui-même à prendre le curé chez une c/uun/brière ipi'U moU m bQwrg ; et» pour KmsàÀt d'impmdenoe ^ ks archers du prëvôt se faisant attendre , il s'eUorça de se saisir du curé Sacbier. Celui-ci résista vi(;ourettsement ; une lutte s'eng^ gea entre eux. La iiresle, craigiia^it que le cuKé 9 qui savaitfort tnetn manier les armes» ne ySnt à bout de lui , lui tira on coup de pistolet qui lè Uessa grièvement» mais dont» touteiuis» il ae mourut pas. Alors, ce prêtre coupable confessa ses torts et proclama r innocence de sa vertueuse bieiiiaitrice qu'il avait indignement calomniée. De son côté le sieur De

BiozaL reconnul son erreur, et rendit toute son affection à son épouse ; tous les dewc se réconcir lièrent avec La Bresle. Cependant, le procureur du roi au prësidial de Riom, ennemi de La Bresle» et qui avait» en vain» excité Barbier à se porter partie civile » agit d^ office contre ce gentilhomme; il fut jugé par contumace» et condamné à la roue. Un peintre dt IViuni , qui l'avait peini autrefois , reçut

sio msTons du mviUBw

Tordre de u faire son pourlraia au aaUirei, qui fut attache , pendant six mois , en une potence de b haulteur d*uii homme, pour le faire remari^uerde font le monde. » Ce £ut dans ces circonstances qoe

La Bresle se présenta en 1620 pour sollidler la £ierte« D*Omano, lieiitenant-général^n Normandie, fit des démarches en sa fayeur. De plus , Louis JSt écrivit au chapitre « qu'il auroit bien agréable que ce gentilhomme , qui estoit Vun des gendarmes de si compagnie, obtînt le privilège » Ce monartjue appuya d'autant plus ▼olontiers les soUicitatioiis de Bresle , qu'il avait à coeur de (aire exclure d'auliw prétendans qui remusûent tout pour é&re admis à lerar la fierté cette année ; c'était un nommé Poignant 9 dit Crèvecœur, qui avait assassiné, de guet-4pens, le sieur De Bemapré, commandant i Moiilreuil; c* étaient aussi les meurtriers du comle deLéviS'Charlus, condamnés àmorl.par le bernent de Paris. Dès le mois d'avril , le roi avak écrit au parlement de j^ormandic, que « comme il esloit bien instruit que c'estoit ung assassinat de gnetà-pens (qui est, disait^-il, un des cas exceptés du dict privilège), sa Tolonlé estoit qu'ils ne fussent reçeus à lever la fierté. » Le duc de Loiigueville , gouverneur de la province, avait, à ia soUicitaiiun

(0 ietiM dii SO nwî ffiSO» anciennes archives du cbapiir*.

DiL SAIMT ROMAIN. 5tf

do grand -prieur de France , recommandë au

chapitre et au parlement le sieur De Beauregard , Tun de ces condamnés. Mais Missi-lét qu'il aTaii connu les intentions du roi, il s'était désisté. La Bresle fut ëlu par le chapitre , et délirré par le parlement. *

Ces diverses lettres » adressées par le roi au parlement et au chapitre , soit pour détourner ces compagnies d'accorder la fierté à certains postuians, soit pour les prier d'en fayoriserd autres, pouvaient réellement être considérées comme autant de reconnaissances du droit de l'église de Rouen, autant de confirmations, du moins implicites, du privilège. Mais y cette année même , ce privilège fut reconnu et confirmé d'une manière encore plus authentique. Comme par le passé, le parlement désirait toujours être le seul jtîge des procès que Ton intentait quelquefois à ceux qui avaient levé la fierté. Dans une nouvelle assemblée des états, qui eut lieu à Kouen, en janvier 1690, il fit insérer au cahier des remon* trances une clause ainsi conçue ; « Il a pieu à vostre nugesté confirmer le privilège saint Romain parla responce du cahier de l'assemblée dernière ; mais noua vous supplions très- humblement, comme nous le faisions dès lors , d'ordonner que les différends qui interviendront ensuite du dict privilège contre ceux qui en auront esté déclarés dignes , se jugeront et termineront au parlement de Rouen,

32â HISTOiaE OU PfLlVijL£GE

sans en pouvoir estre disiraicte ny évoqués. » Les

commissaires avaient renvoyé cet article au roi , eu ijoutant qu ib esêoietU d^a^is de l'aceonkr^^K Mm c'tftait un parti pris par le roi et par le conseil, d'écarter cette prëtendon , sans paraître en voir la portée. «Le roy (répondit -on) a, cy^devant, déclaré par plusieurs fois son intention âur ce sulgectt qui est que les privilèges accordé aa dapitre de Rouen soient conservés , à la charge de n'en abuser. » Ce fut toute la r^onse qu'obtint le parlement ; et force lui fat de s'en contenter. IGSt. Les meurtriers du comte de Ctuudus , que hom LeinMartricn XIH avait , cn 1690, signalës au parlement V ca

Lctr.»-cb«iM»ci recommandant si expressément de leur refuser la k fierté. fierté, furent plus heureux ramiëe suivante. Es 1 Giâl , le monar<£ue , non seulement permil , mab demanda que le privilège leur fût aocordé. La reine Marie De Mëdicis envoya à Rouen M. De Lanquetoi, son maître d'iidtel, pour solliciter le chapitre eu leur faveur. Dans une lettre asses étendue , tot elle Tavait diargé , eUe recommandait particuHêiement les sieurs De Beanregard. « La qualité à Tacte quUIs ont commis par un malheur extrême n'ayant permis qu'ils aient esté secourus par b

de Normandie , irmu: à Rouen , le 20«. jour de janvier et auirtsjo"" mtujpansmii six cent vingt R9nitnf imprimerie de le Mcxfitfierf 16^-

1>£ SAWT IIOM4UI. 513

remèdes ordinaires, nous avons sujet d espérer, (ëcrivait-^Ue) que, ayant Iraisnë long-temps miêérablemeut leur vie dans les appréhensions de la mort, leur longue patience et la rqpentance que nous leur avons veue et que vous reeonnoistrez en eux , vous convieront à leur départir ceste grâce. » Enfin, le jotir de l'Ascension, ayant Fâection, Alexandre De Vendôme , grand prieur de France , fils deHenrilY et de Gabrielle I>'£strëes, introduit daiiii la salle capilulaiie, dit au chapitre i^ac u ^oub^ le bon plaisir du roy , il s'estott exprès acheminé en ceale ville, ponr se rendre solliciteur envers MM. du chapitre pour les sieurs De Beauregard et Champeroux , afin de leur impétrer le bénéfice de la fierté. U prioit duac Messieurs du diapilre, de toute son aflTectîon , 'avoir esgart aux mérites de leur famille, et à leurs aiHiclious que, depuis dix ans, ils avoient souffertes ^^K »

Le fait qui avait mis ces gentilshommes dans le cas de recourir au privilège, mérite d'élre rapporte'. Depuis plus d^un siècle, une haine héréditaire divisait les maisons de Lëvis-Cbarlus et de Beauregard, familles nobles et puissantes du Bourbonnais. Pourtant, enfin, les maréchaux de France étaient parvenus a accorder leurs diilérends , et

(*) RagîftvM dn du^trc de Romn.

5S6 mSTOlBK W PRIVILEGE

les cheis de ces deux nobles maisons s' estokiU embrassez. Restait à juger un dernier procès ^ qoi allait être terminé par deux gentilshommes eldeuxavocatSf arbitres acceptés par les parties. Les sieunDe Beauregard partirent de Paris pour le Bourbonnais, aiin d'exécuter la sentence des maréchaux de France. Quelques gentilshommes ledrs parens «i amis (irent route avec eux. Ils se rendaient aiii^i , à cheral et en équipage de chasse, d'une petift vilk nommée Sancoins, à Champeroux, où ëlaitlechà teau de Balthazar De Guadaigne t sieur de Beauregard , l*un d'eux , lors qu'ayant passé le bour^ de Lurcy-le-Sauvage , appartenant au comte de Charlus « ils entendirent du bruit derrière eux. Bientott sur le revers d uu coteau voisin du chàleau dePo- Ugny qu'habitait le comte deCharlus, ils aperçurent dou^e uu quinze cavaliers; le comte de Charlus, qui était parmi eux, marcha à leur rencontre et b joignit au gué de Mézamblm. Voyant ce seigneur mettre le pistolet à la main , MM. De Beauregard et leur suite en firent autant Au même instant, deoi des sieurs De Beauregard furent attaqués , Tunpff le comte de Charlus, Tautre par un gentilhomoK de la suite Je ce comte. Uii combat à coups de pistolet s'engagea. Dans ce combat , le chevalier de Beauregard fut blessé à une main. Le comte <k Lévis-Gharlus , chevalier de Tordre, eul le corps ra versé d*tine balle : plusieurs furent blessée, de

m «AIKT aOHAIM. 585.

paurt et autre. Quelqu un de la suite des Beauregard tua un page qui lui avait donnë un coup d'ëpëe. Le fils aîné du comte de Charlus, âgë de dix-huit ansi fut tué de la main de Balthazar De Beauregard , qui avait reçu de lui un coup d'ëpée. Peu de jours après, les Beauregard furent investis dans leur château de Champeroux , par le sënëdial de Bourbonnais accompagné de tous ses archers et de beaucoup de gentilshommes, païens et amia * des Lc'vis. On fit le siège du château , et les Beauregard, ainsi que leurs amis, eurent bien de la peine à s'ëchapper par une issue secrète. Les prévôts du Berri, du Bourbonnais et du Nivernais firent des procédures contre les fugitifs. Un con^ seiller du parlement de Paris lut envoyé sur les lieux, avec un heutenant du grand prévôt. U s'ensuivit un arrêt qui condamna les Beauregard (par contumace) à. être, les uns roués vifs, les autres pendus. Le château de Champeroux fiit rast^ , sous couleur que les Beauregard s'étaient rebellés contre la justice. En 16â1, après dix ans d'angoisses et de souffrances, les sieurs De Beauregard et leurs consorts furent élus par le chapitre et délivrés par le parlement. Mais l'arrêt de délivrance fut dénoncé au conseil par la comtesse douairière de Charlus, et une procédure assez longue s'engagea sur cette aflaire. £nfm, le 15 juillet 1699, un airét du conseil décida

5tt HisTomE,mj psavuÉm

que, pour certaines considérations ^ lés s^enn De Beauref^ard jouiraient du prîvîïë««e de saîntRomaîn, « pourlaseureié de leurs vies ei personnes seuienmlt à la charge quMU 8*abstiendroient de la cour et ik pays de Bourbonnois, et ne se trouveroient jamais en aulcnns Heax et endroîctz où seroient la comtesse de Charlus et ses enfants , et s'ils s*y rcDcontroient foitiiitemeni ^ quHls seroient tenos de s'a retirer aussi! ost. En eaa de contravention , le privilège de la &erte leur deviendroil inutile, et ik ne s^en pourroient plus aid^r. » IMjà bcoiiilette douairière de Charlus avait obtei^u des dommagesintërèts considérables , et une chapelle expiatoire avait e'të construite à Poligny , aux irais des sieurs De Beauregard. Par ce nouvel arrêt du conseil, ils furent condamnés à payer encore soixame-dooit mille livres de dommages-intérêts

En f 699 Ja fierté fut donnée à FrançoisDeLo» viers, sei^eur de Maurevert, dans la Bric, fils Louviers De Maurevert, assassin de Taniiral deCoB^ giiy. Depuis plus d'ua sit ck, les sieurs De B&iB^ vert étaient en procès avec les habitans d'Ausouër. relativement il la propriété d'un bois taîHis. Iiesienr De Maurevert, qui se prétendait eo droit d'exploii^r ce bois k son profit /en attendant la décision^

Manuscrit Colbeit^ bibiiotiièque royaU, Aifaim^ét tr»^' tome 6% , ia-folio.

DE SAIKX fiOMAlM. 527

procès, y envoya quatre bûcherons dans le mois de noTembre 1621. Mais les babitans se saisirent de ces quatre ouvriers , et les condiifsîrent dans les prisons de la haute jus tire d'Ausouër. Avertis de ce qui se passait , le sieur De Maurerert et le sieur Die Vautharaps , son fils, montèrent à cheval et se rendirent à Ausouër. À la porte du manoir seigneurial, qui appartenait aux religieux de Marcoussis, ils trouvèrent le prieur , qu'ils supplièrent de leur rendre leurs bâcherons j sans quoi de tels procèdes pourroient estre cause de quelque malheur. N'ayant rien pu obtenir ni du prieur, ni de ses religieux, le sieur De Maurevert , indigne , leur déclara quil prendroii plus de leurs habiians prisonniers, qu'ils n*£woient prins des siens ;et^ pour commencer, peu d'instans après , il ht arrêter et enfermer dans son château le vacher de la commune. Mais bientât le

tocsia sonna, et on vit tous les habitans d'Ausouër rcv CT t et ]«% k*1>w*

• 111 «Il y 1» y ^ d^Anioticr.

accourir sur la place du village, armés d epees, de

serpei», de liadies et de leviers; une fois le'unis, ils allèrent dévaster le bois contentieux et d'autres bois qui appartenaient au sieur De Mau^ert. Mais, sur ces entrefaites, ce gentilhomme survint, accompa* gné de son fils et du sieur De Saint^Remy, et suivi de six doiuesliques.Tous étaient armes d'arquebuses et de pistolets, Lè père et le fils arrêtèrent quatre paysans, en leur disant : « Allons , prisonniers , à MaureverL p Mais les autres rillageois défendirent

5^8 UISTOUU:: Ot PAIYUJÉGE

lexsTB camarades 9 et firappèrent le sîeiir De Hawe-

verl. Celui-ci, outré de colère, cria ; Tue, tue; et» à sa voix, loub ceux de sa suite tirèrent plusicnn coups J arquebuse et de pistolet sur celle troupe de villageois. Ceux-ci firent une résistance vigoureuse, ils frappèrent à coups de levier sur les De Maureyert, leurs amis, et leurs domestiques, et en désarmèrent deux on trois. Un de ces derniers, âgé de soixante-dix ans , se sentant frappé, tua d'un coup d'ëpëe le villageois qui le maltraitait ; un autre paysan tomba mort un instanl après. Mais ces tristes succès aivaient étedtèrement adietës. Les sieurs De Maurevert et ceu de leur suite, étaient sanglans et meurlris des coups de levi^ qui leur avaient é,\é portés. Toutefois, ils se mirent à la poursuite des habitans, en tuèrent encore un , et emmenèrent prisonnier dam leur château, le médecin du village dont, au reste, les secours leur étaient bien nécessiiK<> Le sieur De Maurevert , sdn fils et son neren, condamnés à avoir la téte tranchée , et leurs domestiques, condamnés à être pendus, s'eninireiU et vinrent a itouen solliciter la fierté qu'ils ob- , tinrent

im. L'élection de René Cordier, qui leva lafiertt en Ibâ^f est un nouvel exemple de ces coml)^ entre gentikhommes , si fréquens encore à celte époque, malgré la rigueur des édiu. Le sieur

DE SAIMT ROMAm. St9

De Chantemesle, gentilbomme du Perche ^ suivi d*une douzaine d^hommes mais de carabines et de pistolets , était venu à Bretoncelles , en Tabsence de Jean D'Angennes, seigneur de la paroisse, et avait

fait, tant dans le château où il s'était introduit par violencçt que dans la paroisse où on n'avait pu lui résister, plusieurs prisonniers qu'il avait remis à la garde de quelques sergens qui le suivaient. Peu de jours après, messire Jean D*Angemies, seigneur de Bretoncelles, chevalier de Tordre du roi, vint, à son tour, accompagné d*une trentaine de geulilshoinmes armes, au bourg de Voupillon dépendant du sieur De Chantemesle. Une rencontre eut lieu entre eux et ce seigneur, que suivait une compagnie à peu près du même nombre. On en vint aux mains. Des deux cdtés , plusieurs gentilshommes perdirent la vie , notamment les sieurs De Piedfontaine, De MondreviUe, Brunei, Meaussé , Du Plessis de Saint-Reniy, La Vallée Viardière, Du Buse, De Saint-Martin, Du Saussay, Rémond. Plusieurs furent blessés, et entre autres le sieur De Chantemesle. René Cordier, qui ne s^était trouvé dans cette mêlée que parce que le sieur De Bretoncelles , dont il était le vassal , lui avait ordonné de le suivre, sans lui communiquer son dessein , fut admis à lever la fierté , quoiqu'il eût tué plusieurs personnes en cette rencontre. Le privilège lui fut accordé, pour lui et

530 HISTOIBE DU PEmuffiB

860 complicea» m nombré dê vingt. ( liegisire da chapitre. )

Le sieur De Bonnard de Liniers, qui solicita la fierté en 1695, était fils d*im père et d*tiiie mère r^igionnaires ; lui-même faisait proftssÎDn de talviniame en Tannëe i&ài « époipie où il commit le crime qui le força depuis de recourir au privilège de aaint Romain. Maia, peu de mois après, «se trouTant à Bézîers oik eatoil le roy ^ De Lbieis fat converty à la foy catholique par M. De Chaumonl, garde de la bibliothèque du rôjr; conduit par k dit sieur De Chaumoot en Téglise des jesuitei de BÀiers, pour abjurer rhéreaie, il communia le mesme jour , puis (îist présenté au roy par le dit sieur De Chaumont , pour iuy en reudre tesmoignage. i* En 1 6â5, le pieux Louis XOD recommanda au chapitre ce nouveau catholique ^ dont la con version s*était faite si à propos » et il obtiot la fierté à l'unanimité'. Dans la suit* , nous verrons de© autres conversions de ce genre (en 1670 et 1683.) im. En 1 698 , la fierté fut levée par baut et pmsflant u fierui««ée seigueuT le baron de Virieu (du Lvonnais), lieule viîin. nantd!une compagnie de cbevâu-légers. Un nommé Jacquemoii cliassail sans cesse sur les terres de gentilhomme, malgré les défenses expresses et fréquentes qui lui avaient été intimées. Un jour, 1* baron de Virieu, accompagné du sieur Hcmon' net, juge de sa baronnie, et suivi de

domestiques « ayant aperçu Jacquemmi qui cbassait

encore sur ses doinaines, résolut de rarrêler, pour le timr^ disait-il, il la justice» Jacquemon se réfugia dans une maison du village, où il lut assiégé par le baron de Yirieu et ceux de sa suite. 11 blessa plusieurs domestiques, refusant opiniâtrement de se rendre , quoiqu on lui promît de ne lui faire aucun mal« Enfin, il taî atteint d'un coup de pistolet, ' et mourut à l'heure même. Le baron de Virieu ' quitta ses terres et servit le roi avec distinction pendant plusieurs années , ayant avec lui le sieur Hëmonnet, juge de sa barouuie , et Jean Jdoux , qui Tavaient assisté lors du meurtre de Jacquemon. Les services signalés du baron de Virieu lui valurent de bons témoignages auprès du roi, qui écrivit au parlement et au cliapiue pour les prier de lui accorder la fierteé Tous les trois l'obtinrent en 1628.

L^année suivante , les suffrages du chapitre se 1 réunirent sur Jean ^ Maximilieu Marc , huissier ^•■«^ au parlement de Rouen , et sur Barbe Lefebtre <*ti»«i>fl«rt«< sa complice. Maximilieu Marc éiaal allé , le jour des Rois, voir un nommé Hamon, tailleur d'habits , son compère , le trouva ivre et prêt à battre sa femme qui ne voulait plus loi donner à boire. Mare chercha à défendre cette femme contre la brutalité de son mari; mais ce dernier, outré de colère, l'appela voleur, ce qui lui valut un soufflet, u A l instant, tiamon tira de sa poucheue un pc lit

5Jâ HISTOIRE DU PBIVIL&GE.

Cousteau vulgairemiîiàl appelé une jambetle, menaçant Marc de l'en vouloir frapper. » Alors , Marc tira son ëpëe du fourreau, et donna à Hamon deux ou trois coups de plat d épëe sur les épaules; et «nëantmoins, inopinément, le dict Hamon se trouva blesse au costé d'un coup de pointe, ce qui m'estonna grandement (disait Marc dans sa confession devant le chapitre ) , ne croyant que le dîct Hamon fust blessé. » Hamon mourut quelques heures après. Marc quitta la ville , et n'y revint que pour solliciter la iîerte, qui! obtint du chapitre, avec Barbe Lefebvre, veuve de Hamon, arrêtée,

uis quelque Leius , comme cuiaplice du uàeurlrc

de son mari. Le parlement consentit que Marc et la veuve Hamon levassent la fierté ; mais il y eut dans le dlclum que prononça le premier président, des réserves qui semblaient menacer Marc d^étre arrêté après la cérémonie. De plus , à l'époque du meurtre de Hamon, Marc avait été interdît de son office d'huissier à la cour. Le parlement, eu l'admettant à lever la ûerte, déclara que u néantmoins, il estoit déclaré incapable d'exercer jamais aucun oflSce royal, et à luy eojoinct de se dçûaire de son oflke d'huissier en la court, dans trois mois , à faulte de quoy faire il scroit tenu pour vacant. » Le chapitre, estimant que cette clause portait atteinte au privilège, envoya des députés chez le premier président , pour demander qu'elle lût rapportée. Ce magistrat

m SAINT ROMAIN. ' 533

kur répondit que a La court n'avoit eu aucune intendon ou desseing de pr^adicier au priTÎlége ; et queç'avoit esté le seul intéresttricelle qui Tavoit portée à proapncer les dictes modificalioDS, ne dësirant se servir da dict Marc , à raison de la fanlte par luy commise. » U leur dit de venir, le lendemain, faire leur remontrance à la cour, et leur promit de iaire ce qu'il pourrait pour décider le parlement à lever cette modification. Il ne parak pas toutefois que le parlement soit jamais revenu sur sa première décision. Pour en finir sur l'élection de Marc, lacërëmonie, qui avait éié suspendue pendant ces pourparlers , eut lieu a près le retour des chanoines députés. Biais elle fut troublée par deux incidens. D'abord « il y eut un grand désordre» par l'insolence de quelques clercs du pariement , qui voulurent se saisir do prisonnier et le conduire du Palais au hallage, au préjudice de ceux de la Gnquantaine et des arquebusiers , qui d'ordinaire en ay oient la garde » On ne vint à bout qu'avec peine de les £ure renoncer à leur projet. L'autre incident fit plus de sensation. Marc avait su quelque chose des réserves contenues dans Tarrét du parlement; el les clercs n'avaient, sans doute, voulu lui servir d*escorte, que pour assurer son

i') KtpÊii9$ du parlement.

534 HISTOlU OU MlVILKGfi

ëvasîoD. Le peu de suçcès de cette teutaiîve ne M... 0. nfuii découragea poiat le prisonnier. Au moment où il

«irit*. amvait a la Yieille-Toor, il saisit 1 instant propice , et (dit un journal manuscrit du tms) se^uU^ sans dire adieu à personne; en aorte que Barbe Lefebvre leva seule la fierté.

1 830. En 1 630, le cboiz du chapitre tomba sur Sylvain DeBridiers, sieur du Solier, gentilhomme du Beny. Ses aïeux; avaient été les fondateurs et bienfaiteurs de Téglise deCkaaaeneuil près d'Argentonen Berry, et, à ce li ire, avaient toujours joui des honneurs sètgneurianx dana cette église. On voyait dans le chœur leurs armoiries et leurs tombeaux. Les u firri«3c»t cinq fila du aieur Du Soliert dont k père avait joni

Du s«uer. paisii)lemenl de ces droits hononnques, se virent, en 16ili, troublés dans leur posaeasioa par le aieur De la Flipière et par son fipère , prieur des bénédictins de labbaye de Maubec» qui, d^uis ks guerres dvilea, jouissaient entièrement du revenu de ce bénéfice. Us le faisaient desservir fort mal par un prêtre auquel ils ne donnaient que trente livres de gages et le tronc de l'église. La messe s y disait à la commodité du ■ sieur De la Flipière, quelquefeîs avant Theure ordinaire; et, par ce moyen, les habitans étaient souvent privés de Tentendre. Ce prêtre , tout entier à la dévotion des La Flipièxe , oubliait a Jesseiu , dans les prières publiques , les sieurs Du Solier, fondateurs et Uenfiiiteurs de

m aàlMT EOiftMH. 535

1* église qu'il de^emil* Lorsque La Flipière ou ^quelqu'un des siens assistait à Toffice , cet eodësîastique ne faisait aucuae bénédiction de pain, aûn d'éviter de rendre aux sieurs Du Soliâr ce qui leur était du. Les habilans de Chasseneuil el les sieurs DuSoUer se plaigairentà Tarchevêque deBaoï^s^ et l'official leur promit de leur donner un corë. Le prieur de Maubec» furieux contre les sieurs Du Salier^ alla un jour^ armé jusqu^aux dents , acoam* pagné d'un de ses religieux et d'un domestique armés d'arquebuses, se mettre en embuscade; et tous les trois altaquèrent un des frères Du Solicr et un gentilhomme qui était avec lui. Comme le sieur Du SoUer exboriait ce prieur belliqueux à se souvenir qu'il était ecclésiastique , le prieur répondit qu'ûmeUoUsaquaUiéàpatif etguecelamdebvoU empescher. Ils se battirent donc , mais sans résultat. Bientôt Tarchidiacre de Bourges étant venu visiter Téglîse de Chasseneuil , déposa le desservant 9 et le remplaça par un prêtre de la ville de Saint^Marceau, qu^il chargea les sieurs Du Solier de protéger. Mais le sieur De la Flipière et le prieur de Maubec» son frère i n*en continuèrent pas mrâis de faire faire le service par leur prêtre interdit, et « le conduisoieut tous les jours à TégUse^ avec armes* ^ Un des frères Du Solier, imbécille, interdit judiciairement, et déchu, par cette raison y de son droit d'aînesse, ayant fort malà projpoa insulté ce prêtre, les Laf!lipière

536 HlSXOiU DU PRIVILEGE

direut que « les sieurs Du Solier avoieut £aici jouer la marotte par ung fol, maia qu'ils Upaiaroieiit.i# Ce propos menaçant fut rapporte' aux quatre autres frères Du Solier^ qui, à rinstant, &e dirigèrent vm l'ëglise 9 armës de pistolets , accompagnés de leur cinquième iière , et suivis de deux valets armës de carabines et d'ëpées. Us venaient d'arriver près de Tèglise , lorsque survinrent lesLaFlipière , àcconipagnës de domestiques armés. Un combat s'engagea aussî-t6t. Un des valets des sieurs Du Solîcr«it les deux bras rompus d'un coup d'arquebuse; k sieur Des Ouches , un des cinq firères , fut Vkasé â la jambe; un autre frère fut atteint de anq posUi> dans un bras et de trois balles dans une cuisse. Us deux autres furent frappés de coups d'epee dont ils moururent à rbeure même. Mais le sieur De li Flîpière succomba, et le prieur de Maubec» «oo frère , qui , long-tems spectateur passif du combat, avait cherché à assassiner lâchement pardenière un des sieurs Du Solier tombé de cheval, fut tue lui-même dans le cimetière ^de Chasseneuil, l'église. Ainsi ûnit celte sanglante tragédie, cbw laquelle sept acteurs avaient péri I

En 1630, le sieur Sylvain Du Solier vint à Rouen solliciter la fierté. Le duc de lfongueviil<^> gouverneur de Normandie , appuya cette demande avec instance et chaleur, u Geste aiiiaire, disail-il, estoit nng pur malheur, et debvoit inspirer la

DB SAINT BOMADI. * 537

commiséralioa, » Ce prince déclarait u avoir tousjours faici beancoup d^estime du aieur Du SoHer, comme plein de toutes bonnes et louables conditions* » Du Solier &t élu par le chapitre ; mais le jour de TAscension devait être , cette année là encore , fëcoud'en iucideoa. Au parlemeni, comme ou ve- RMt«4nsi«s naît de lire le cartel par lequel le chapitre deman<- ^^«J^clII dait, pour jouir du privilège, Sylvain De Bridiers, JJ^lToIÎ^TT^ sieur du Solier, et pendant que les huissiers étaient allés cherciier ce prisonnier , on apporta au parle- ^ ment une requête de Pougnant Huet, prisonnier à la conciergerie , qui demandait à lui être préféré. Enfant natif de ceste ville de Mouen, détenu depuis huit mois, il avait été interrogé par le chapitre y et avait fait sa confession, coiume prétendant à laûerte. U avait , disait-il , plus de droits à cette faveur que l'élu du chapitre , ué dans uiit: autre province et prisonnier depuis trois jours seulement. Tandis qu'un conseiller rapporteur lisait cette requête au parlement, survinrent les huissiers qui avaient été chargés d'amener De Bridiers; ils se plaignirent d*en avoir été empêches par les prisonniers de la conciergerie qui s'étaient révoltés. Pougnant Huet^ surtout , leur avait opposé une résistance énergique, et le plus g^and désordce régnait dans la prison. Le procureur>général dit que la requête de ce Pougnant , Huet était une nouvelle iorme «< jusques à présent encore non veue. n II n'y avait rien à prescrire aux

5i8 HIST01L«£ W mVIUÉGE

chuiomes sur le choix qu'ik fiiisaient d*uii |Nrisounier pour lever la iierte. Ses député» allaient au» prison» interroger les détenus qui préteiidaienl au privilège I le chapitre choisissait parmi ces divers prëtendansceluî qu*U estimait en itre le pUi^ digne, et la cour en jugeait ; mais aucun des prëtendam n*ëtaîi en droit de se plaindre. 11 regiiii une iutormsr tion sur la rébellion des prisonniers « et dit qa*en tout cas la cour ne devait pas s'arrêter à la requête. Cette requête fat« en effet, écartëe» Le parlement envoya à la conciergerie « des huissiers en nombre ■ suffisant pour faire monter le sieur Du Solier. » Ils avaient ordre de dire au concierge de mettre an cachot ceux des prisonniers qui Tondraient 1 empêcher, et qui tenteraient de commettre quelque rébellion. £n£in, le sieur Du Solier fut amené » u nad teste y vestu de son manteau et ayant les fers auj pieds. » Le parlemeul , après l'avoir interrogé sur la sellette, ordonna qu*il serait délivré; mais rairét ne parlait point des complices, que le chapitre avait, touteibis, mentionnés dans sou cartel. Le maître de la conj6rérie de SainV>Romain , et le prisonnier lui-même , f uppUèrenl la cour d* ordonner, conformément an cartel d'élection, que Sylvain De

BriJicri» jouirait du privilège de ^aial Uomain , pour lui et ses complices. Le parlement ord<mna que le sieur Du Solier jouiroii seul du piwUége, à cause 4fue ses complices nestoierUprésenis. U était six

1» SAIMT aOMAlM.

heures lor&que cet arrêt parvint à la çonnaissauce des chanoiaes asiemblé». Après une déUbératiim a^^cz longue y le chapitre arrêta que « la procession uiaru ««m et cérémonie seroit sursise à faire , jusqu^à ce que dï'rillllîir" le privilège eât sorti son entier effet pour le regard des complices duâieur De Bridiers du SoUery sui^ vant le cartel envoyé au parlement , et que le reste de Toflice de ce jour seroit iaict saris sonner les dodms* » Une députation se rendit ckea le premier président , ellui fil des remontrances sur l'exclusion ^ prononcée contre les complices du sieur Du Solier. Ce magistraf accueillit fort bien les envoyés du chapitre, et leur exposa en détail les motifs de cette décision.. Il fut arrêté qu'nne autre députation irait le leudtmaîa faire des remoiurances à la grand'cbambre« Gependantt on brûla dans la salle capitulaire , conforme'mentà Tusa^e, les confessions des prisonniers non élus, et à di^^beures du soir, les chanoines sortirent du chapitre pour aller à la grand*messe et assister au reste de ToiTice, qui, on le conçoit , finit fmrt avant dans la nuit. Le lendeinaia> six chanoines députés allirent représenter au parlement que sa restriction de la vdlte « seroit au déshonneur et diminution du privilège. » Us demandèrent instamment que Tairrétprononcé en faveur du sieur De Bridiers fut rendu commun à ses complices. Le parlement décida « qu'il n'y avoit lieu de rien ordonner sur reste

5&0 UISTUIRE DU PRIVILEGE

requeste » , et qu'elle serait rendue sans réponse ,

sauf au chapitre » s^il avait de nouvelles pièces , à les remettre par derers le procureur-général du roi. Le samedi, dès si\ heures et demie du matin, plu sieurs chanoines députés par le chapitre vinrent k la première audience de la grand*cfaambre, supplier le premier président de convoquer le parlement pour délibérer sur leur requête de la Teille. Us prièrent qu'on les excusât « s ilzn'estoient en liaijU décent de longues robes, et seulement. avec leurs lon^s manteaux. » Le premier président , Chaories de > aucon, leur accorda leur demande, et le mémejour, à dix heures, les députés du chapitre revinrent; mais , cette fois , « rêves tus de leurs longues robes, avec bonnets carrés. » C'étaient les abbés Nicolas Le Royer, Adrien Béhotte (ardent apologiste du privilège, lors du procès de i608), Georges Kidel, Nicolas Du Toi, et Jean Le Vandanger, tous chanomes. Us prièrent la cour de les vouloir enlencbe par la bouche de maître Centurion de Cahaignes, leur avocat. Le premier président , après avoir pris Tavis de la compagnie, leur répondit qu*il n^fofiok point de procès pour plaider par ad^ocal , cl i^uih pouçoieni mdx^mêsmes faire leur mçuesie. Alors , l'abbé Le Royer prit la parole : « Les dianomes de Rouen, dit-il, supplioient très-humblement la cour, avec le respect qui luy estoit deu, qu*il luy pleust avoir aggreabic que, conformément aux lettiTs

m âAimr bomaim. ut

de concession du privilège saint Romain , dëdara*donft des loys , el Tériffications d'icelies en ce par> lement, et suivant 1 usage du dîct privilège, dans l'arresi prononcé le jeudi précédent, les chambres assemblées, il fui employé que le prisonnier esleu par le cbappitre joyroit du dict privillège, ùuU par bijr que par ses complices; ils supplioient, à cette fin , de considérer que le prisonnier qui avoit esté esleu estoit le chef et Tanteur principal de racte,.et que la déclaration de ) 597, qui leur estoit opposée, n*estoit que pour empescber que les principaux auteurs n'envoyasseitt lever la fiertC'par leurs vaktz, poiu: se dispenser, eux , de comparoitre. » D^à la cour avait rendu plusieurs arrêts qui ( les principaux auteurs de Tacte étant préseus) avaient décidé qu^ils jouiraient de la grâce, pour eux et leiirs complices absens. M. De Brelignières, procoreuru général, prît la parole. U montra que, depuis la déclaration de 1597, le parlement en avait usé di^ versement pour le fait des complices. 11 prouva cette diversité de jurisprudence , en citant tous les arrêts rendus depuis 1 j97 dans les affaires où il y avait eu des complices. De ces arrêts , les uns avaient déclaré la grâce du privilège commune aux complices absens , et les autres T avaient restreinte aux complices présens. Il ajouta néanmoins que, par la plus grande partie de ces décisions, le parlement avait manifesté rintention que les complices ne pussent

mStOIBfi DU PRIYOiAgE

jouir du privilège^ s'ils u^étaîent présens en personne. Pour loif il persistait dans ses condosioiks coufoi mes à l'arrêt contre lequel réclamait le chapitre. L'abbé Le Royer supplia le pariemenl de réfléchir aux incotive'nieiis qui pouvaient résulter de celte jurisprudence. Souvent les complices étaient absens, soit pour cause de maladie, soit parce qu% étaient au service du roi. Les complices du sieur Du Solier se trouvaient précisément dans ce deniier cas , ils étaient à rarmëe du roi eu Italie. Le protcorenr-général invoquait contre leur prétention des arrêts qui ne leur avaient jamais été signifiée. Ih priaient la cour de leur faire connaître > à l'avenir , les décisions qu'elle pourrait rendre sur la fierté, aiin qu'ils pussent s y coulbrmer. Le parlement, après avoir délibéré per vola , ordonna que son arrêt du jour de l'Ascension tiendrait, et serait délivré aux chanoines de Rouen , ainsi qu'il atait été prononcé, pour être exécuté selon sa forme et teneur. Le premier président dit aux députés que « si les ciianoines vouloient continuer leur procession et cérémonie , interrompue le jour de l Ascension, la cour le leur permettoit pour usie fov.^ seulement, sans que, pour l'advenir, ils la pusseut différer comme ils avoient faict ceste année. » Le dur de Longneville, gouverneur de la province, qui avait sollicité vivemeutréleclion du sieur Du Solier, témoigna au chapitre le désir que la cérémonie

retardée fût faite proBfiptement , sauf au chapitre à se pourroir auprès du rai pour faire lever la reatriction. De plus, le chapitre acquit la certitude que l'arrêt du jour de l'Ascension ne portait point ; i< pour fouir du privilège luyseuletnonaiâiremeni^y comme on le lui ayait rapporté, mais disait ; « pour jouir du privilège en la manièt^ aeeausiuméê ce qtn ^ e'tait bien différent. Le privilège de saint Romain •J'"

^ ^ CM MlfMt.

n'étant en rien méconnu , il fut alors décidé , au diapitre, que la cérémonie aurait lieu le dimanche, entre nones et vêpres. Ijc dimanche, on commença nones une heure et demie. Puis tontes les cloches de la ville furent mises en volée ; la procession se rendit ,à la Vieille-Tour; les paroisses de Rouen y assistaient , ainsi que les quatre écoles des pauvres. Les dignitaires du chapitre avaient leurs soutanes rouges, et, au retour de la procession , se mirent dans leurs chaires de dignités pendant que Ton chantait vêpres et compiles. En un mot, tout eut lieu comme si c'eût été le jour de TAscension , excepté qu*il ne lut point chanté de grand'messe, celle du dimanche ayant été célébrée i l'heure <^dinaire.

L'élection de 163S fut signalée par des scènes 1632.

bien auU ement tumuhueuses. Dès huit ou dix jours EiecUon dm avant T Ascension , le bruit courait que les suffrages duchapitre seraient pour t< frère Jacques De Scrans, chevalier de Tordre de Saint-Jehan de Jérusalem »,

sa BisTora£ mj mviufes

gentilhomme de Basse - NomBndie. Ce jene

homme , â^ë seulement de vingt ans , était àf^ coupable de deux viols et de trois meurtres. U avait commis un de ces meurtres à Paris, dès l'âge de quinze ou seize ans , le second à Falaise , le troisième à Guibray. Les deux premiers furent à peine apo** çus, le troisième lucrile quelques détails. Depuis long-tems en querelle avec les sieurs De Fresné Tassilly et D^Omblainville , qui avaient désarmé itm soldats de son père, Jacqujes De Serans eUDlailea la foire de Guibray, accompagné de son jeune firèrc et des deux soldats qui naguère avaient été désarmés , rencontra dans la rue de Guibray les âeius D'Omblainville et De Fresné Tassilly, assistés J'an grand nombre de gentilsbommes» Ils se provo* quèrent mutuellement. Les plus prompts miicat Tépëe à la main. Le jeune Irère de Jac^esBe Sérans , avant d'avoir eu le tems de tirer la sienne du iuurreau, fut tué d'un coup de dague qu'il reç*^* dans Testomac. Jacques De Sérans, fbrieui, sejeu dans la mêlée et blessa mortellement le siear d'ftnblainville , meurtrier de son jeune frère ; un autre l'acheva. Jacques De Sérans donna aussi desconpt d'cpèe au sieur De Fresné Tassilly, qui fiit Wesrf mais n'en mourut pas. La famille De Fresné Tassilly ayant appris, peu de lems après, que Jacques Sérans sollicitait la fierté, mit tout en ttuvre pouf l'empêcher d'être élu. De leur coté , les parens A

DE SAINT ROMAIN. Bt,5 .

chevalier de S^ràns n'épargnèrent pas les démarches pour assurer son élection. Huit ou dix jours avant T Ascension, « il se faisoit dans Rouen de grands amas de gentilshommes et mitres de leurs amis , de part et d'autre. » Le président Le Kottx de Saint^Aubin enpariaà.lagrand'chambre; il craignait , dit-il , que le jour de T Ascension , « il n^arrivât quelque désordre et violence à qaoy Ton ne pourroit pas aisément remédier , et luy sembloit à propos d'y pourvoir avant que d'en attendre Tinconvénient » Ces paroles da président De Saint- Aubin firent peu d impression sur la compagnie. Tout Je monde savait qu'il protégeait pour la fierté un autre ijue le chevalier de Sérans , et qu'il était mal disposé envers le chapitre, dont quelques membres , trop peu discrets, avaient déjà manifesté rintentiou de préférer ce gentilhomme. Sa proposition n'eut donc pas de suites. Le lendemain, on ne ht giières plus d'attention à une requête des parties civiles du chevaUer de Sérans , par laquelle le parlement était supplié de «voir et délibérer les charges et inibrmations des crimes dont le chevalier estoit prévenu , crimes qui , disait la requête , le rendoient indigne du privilège, vu leur énormîté. Le parlement , ^ sgoiïtaient les suppliants ,' après avoir vu qu'aux termes de ia déclaration du roi, ces crimes sont exclus du privilège, y aura esgard en délibérant sur le cartel , au ca^

SIS msTonui jmd mvnjEfis

ou le priftonukr seroit e#ieu et ooaunë par k chapitre. »

Tronblf» «ne Le jour de l'AcceDsion, vers une heure après

Z:^:;!::: midi, le chapitre eftvoyatnparieBMiitiiBciridoè

kncnt ç'joj^ ÎQ^crit le nom du chevalier de Seiaas. Alors

forent prë«eplée« k çelte compagnie » tant par k père du prisonnier que par lea parties dvika, des requêtes derëcuaaUon t|ui portaient aïK un ai^praud nombre de magiatratat ^ V^*^ ne resta ancoDa dea présidents et conseillera de la grand' chambre pour pouvoir lea joger* » Ceat du moma ce que dit k registre secret; mais le chapitre, dans une lettre manuscrite que j'ai aoua les yeux y accuse ie président De Saint* Aubin de n'avoir pas vouki pennettga au parleinent de mettre en de'libératiou ie cartel d'ëlectiont nwny fM^*il ê^mt{iii% encore cette ktira)

f/Hê Us chanoines a^i^nt préféré le prisommr a un auirw fu$ luj^mesim mwii m rtemmanJaiioB. Le registre secret atteste que plusieurs proposilkm furent faites 9 et qu'on ne put parvenir a s'entendre. Le président Le Ron de SaiiiwAubin dëckni que s^il y avait quelqu'un. qui pût présider, il était prêt à répondre mt moyens de réoiaation ptrëseniés contre lui. Mai^ ou ne put convenir de rien; et, 4c après avoir demeuré en la chambre dorée juaqttca à aept heures du soir , enfin la cour se rësolvl de désemparer. » Un huissier vint dire aux chapel«ns et aux quatre maitrea de b confrérie de

Sain^Ronain, qui avaient apporté le caitei à une

heure, u qu'ilz eù&seut à se retirer et que la court ne dëlibëreioit rien ce jourJà. i» Le chapitre^ aussMât qu'il connut cette réponse, envoya au palais quatre chanoines charges de faire des représentations. Mais tous les membres du parlement s'étaient retirés. « Ce jour-lk se passa donc sans avoir esté la cérémonie du privilège aocxmiplie; ni la fierté levée, i» Le lendemain, quatre chanoines s'ëlaut rendus au Palais, le premier avocal-général Du Yicquet leur dit que m la cour ne les entendroit point, et qu% eâssent à présenter jcequeste. » Le chapitre , poussé à bout, déclara qu^il « se pourveoimit vers le roy. » On conçoit que tout cela ne put pas avoir lieu sans beaucoup d'agitation dans le parlement, de mouveinent Jaus le Palais, de biuil panni la multitude immense qui remplissait la ville. Le registre secret parle JPassmMées, JPefùreprims^ éFesmotions^ tFarmements H de iumuiUs. Les gentilshommes, parens et amis du prisomiier et de ses parties dMles, divises en diverses troupes , et tous armés d'épëes et de pistolets, parcoumient les mes de Rouen, se regardant, se dé&ant, se prodiguant les menaces, les insultes \ et i^on dut s'estimer heureux qu'il n'y eut pas de sang versé. Des amis du président De Saint - Aubin dirent que si le chevalier de Sérans eàt été délrné, le trouble aurait été encore pins grand. L arrêt, joutaient- ils , était fondé sur la

infoiawr de iroubJes.

prévoyance d'une sédition popâlaire, que n^aorait pas manqué d'exciter là délivrance de ce prisonnier.

Le roi niToie Louis XIU fut promplemeiU in&truti de ce qui ririr«*tMd«i s*'était passé. On loi dit que , même au palais , des

rrqiieut , pMr g^j^^g fâchcuses avaicnt eu lîeu entre les membres

du parlement. D*Abbeville, où il était alors , il se

hàla d'envoyer à Rouen M. De Paris , maître des requêtes, pour informer de tous ces désordres et en dresser procès-verbal. M. De Pâris vint an par* lement où il lut honorablement reçu ; il prononça devant les chambreft assemblées , un discours dans lequel il montrait que le roi , et lui commissajrc envoyé par S. M. « croyaient que des scènes violentés et tumultueuses avaient eu lieu et dans la ville et an parlement, dans le seci*et de la chambre du conseil. Le président Le Roux de Saint-Aubin dit que « les rëcusalious présentées par les parties du prisonnier et par le prisonnier lui-même» avoient donné ifoAtjuc sujet de contention et empesche' toute délibération. Depuiscejour» toutes choses s*estoient passées dans Tordre accoustumé; et la compa^ie avoit toujours rendu tesmoiguage du service et hdëiité qu'elle debvoit au roy. » A ces paroles succéda un assea long silence, quiiuieoûn rompu par M. De Bonissent, conseiller aux enquêtes, «c L*attitude de toutela

compai^nle fait assez counoître, dit-il, 1 union qui est entre nous. L'énoncé des lettres du roy montre que S. M. a cru qa*en ce qui s*est pansé icy le jour

9Si &AMT EOMAIN. 549

lie TAscension , il y avoit eu de la chaleur de la part de MM. d^ enquestes. El, d aultani. que la con- ^ tentioii moue le dit jour n'a este auUi e que celle qui a accou&tumé de se reocoatrer dans la diversitë desadvîs, et pour savoir ce que Ton debvoit faire sur les causes de récusation qui avoient esté propo-» sëes par les parties , je supplie la cow , en la présence de monsieur le commissaire , de tesmoigner de vive voix et par ung concert universel « ce qui a esté faict, tant pour l'honneur de la compaîgnieen général, que pour iaire cognoistre le procédé de MM. des enquestes , qui n'estiment avoir en rien manqué à Thonneur, service et respect quils doivent au roy et à la cour. » Un murmure favcnrable accueillit ces paroles. Lu président Le Roux de Saint Aubin prit les avis , en présence du com* missaire du roi ; puis il dit à haute voix : « Les contestations qui se passèrent en la compai^nie, le jourdei* Ascension, sur la présentation de L'acte de r élection faicte par le chapitre, de Jacques De Sérans, pour joyr du privilège sainct Romain, n'ont altéré , ni en rien diminué l*a(&clion que toute la compaignie a tousjours eue au bien du service du roy, à Tadministration de sa justice^ et à maintenir le repos et tranquillité publique , et ses sulgects en l'obéissance qu'ils hij doibvent n Après ce préambule , il prononça un arrêt qui or-: donnait qu'on remettrait au commissaire du roi les

550 UlSÏOiAË DU PRIVILÈGE

procès-verbaux de ce qui s'était passe , le jour de l'Ascension , tant au parlement que dans toute ia ▼ille, avec dea listes et rAIes de toutes les personnes , qui étaient venues loger aux hôtelleries de Koueu pourvoir la féte. De plus, pour prévenir les désordres qui pourraient arriver en telles occurrences, pour empêcher Tabus des rëcnsatioiis qui poovaient paralyser des chambres entières du parlement, il fut arrêté que Ton supplierait le roi d'ordonner que les parties seraient contraintea de rédmre au tiers les récusations qui envelopperaient toute la compargnie. Enfin, pour obvier aux abus et cootraventîoiis qui se faisaient par le chapitre dans Télectioii dn prisonnier, le jour de TAsceasion, il fut arrêlé que les dianoines seraient ternis de se régler selon la déclaration de Henri lY, sans quoi le cartel d'élecrtioa serait nul.

Cependant les chanoines, très-mécontens de ce que la fierté n*avait pas été levée cette aimée, s'étaient plaints au roi et au conseil. Par arrêt rendu contradictoirement entre eux et les parties civiles dn dievalier D'Andfieu , toute celle affiâre fnt renvoyée au parlement de Bretagne. Au8si«ldly le chapitre de Rouen écrivit k Uévêque de Rennes, pour le prier d'interposer son autorité et le crédit de ses amis « à ce qu'il ne fbst faict breadie à un privilège sî authentiqae, dernière marque qui rf»toit encore des anciennes prérogatives de 1 esglixi' ,

Dft âAlKT JlOilAIII. 55J

et que , conformëmeut à Télection du chapitfe de AoueM, le cheralier d'Andrieu fàl mis en liberté. Le principal ttietif qui nous a pùrtéê à faire ce^te élection (disait le chapitre), a este la recommandation de l'enke dea chevalien de Malthe , les 4|ueld exposant journellement leurs ties contre les ennemis de nostrefoy^ nous SEfons pensé que notts

ne debvioQs refuser à leurs prières ct ste faveur pour

la délivrance d'un de leurs ooii£rèresf affin qu'ik soient d'autant plus encearagé^ k la deffénse de Tesglize , voyant que les ecclésiastiques se souviennent d'eux aux occasions. » Dans une Aseoode IfHtrc à ce prélat, les chanoines , en le remerciant de ce qu'il avait d^à £nt pour euz« lu priaient de leur continuer .ses hons offices. « La conservation de ce privilège nous est d*antdnt pW chère (lui dîsaientqn*il s*agit d'une des marques qtd restent encore de r ancienne franchise et Ubertë de l'église ^ que nous avons^ jnsqnes à pr&eot, maintenuê contre les entreprises de tous ceuiL qui Vont voulu heurter en ces demie» temps. Sn quoy nous sommes d'autant plus favoraUes , que ce sonSen pst^ les huguenots qui se meslent mainteu«»t en ceste affim« et nous y veulent troubler^ esMrffttii, p» vojes obliques , de donner quelque atteinte à Tégbse; nous espérons que, par voeire moyen^ nuages se dissiperont. » Par une lettre à la même date^ le chapitre de Rooen remercie vivement les

55it HISTOIBE DU PUVILBGS

.ciiaaomes de la cathédrale de Rennei, qui, sm

avoir attendu ses prières, « s*estoient portes paissauuneat à la prolt^cliou des droits et prërogalÎTCs de Fé^^lise de Rouen ^ comme si c'eut été leur afibbe propre. » — « Vous nous avez engagez et attadi^K à vous (leur ëcrivait-il) par des ncsuda et Ueiis si fermes qu*ilz ne se rompront jamais, et nous transmettrons le souvenir et la reconnoissance de te bienfait à ceux qui viendront après nous , pour estre à perpétuité vouéx et obligés au service de vostrecompagnie. » Cette affiiire languit long-^en».

Lri«iiemcni Enfin, le parlement de Bretagne, par un arrêt du 5 janvier 1634, décida que le chevalier de t,r,i«. Deraiis dAndrieu jomrait au privilège de saint

Romain, au jour accoutumé, suivant la nominalii du chapitre de Rouen. Mais , eu égard à de nouveaux, excès commis dans la conciergerie de Kennes par cet incorrigible g^tilkomme , entre autres sur le sieur De Bréon qu'il avait frs^pé d'un coup de couteau, Tarrét portait qu'il serait banni des provinces de Bretagne et de Normandie pour dix ans, sous peine de mort, s'il rompait son ban. Les chanoines de Rouen , regardant cette demî^ clause comme^ contraire au privilège de la berte , dont Teffet était de restituer les impétrans en leur bonne renommée et en pleine liber de leurs personnes , supplièrent le parlement de Bretagne de vouloir bien, inlerprétani son lu tri du 5

Janvier, lii^peii&er le chevalier d^Audrieu du bannisaemenl qui y eatoit prosumcë ; d^auUni qu'il diiQÎQuoit la force da privilège ^ estant une mort *civUe qui les empeschoit pouvoir l'admettre aux cérAïuHÛes ordinaires et requises à l'eflGet du privilège de la &erte. » Us prièrent cette cour de dëcJarer^ du moins, que la condamnatioa au bannissement ne pourrait prejudicier à leur privilège , ai apporter aucune restriction aux lettres de concession à eux données par les rois de France. Mais cette démarche n'eut aucun succès ; et le parlement de Bretagne ordonna , le à mai , que ion arrêt du 5 janvier précédent serait exécuté selon sa forme et teneur, sans préjudice des droits et privilèges des chanoines de Rouen. Par suite de ces arrt^ts, il y u cbc««ii«r eut , en 1634, le jour de TAscension, deux prison- J^^^^"^ niers qui levèrent la fierté ; savoir : le chevalier d'Andrieu de Séran$, pour Tannée 1633, et un gentilhonulle du pays de Caux, nommé Gréaulm^, pour Tannée présente (1634)*

Au m<Mnent où la procession de Motre-Damet se rendant à la Vieille-Tour, passait devant la conciergerie de la cour ecclésiastique (rue Saint- Romain), Jacques De Sérans se présentai la porte Je cette prison , les fers aux bras et une couronne ik fleurs sur la iiie. Deux des anciens maîtres de la confrérie de Sainl-lVomain , assistés des officiers de Téglise y l'emmenèrent avec eux, derrière la

^r,^^ , lève U

554 mSXOlAK DU PEiVlI£G£

procesiiofi , jusqu'à la Vieîlle-Tour où il leva la Êerte avant le sieur De Greaulme , pn&CMmier ëh pour oeiieaiuiëe. Auretofor de la proeeMon, il nttrdbait à la droite du sieur De Greaulme , portant , avec lui ^ la chàtae de SainuRomain. Lonqa^oo f m arrivé à Pëglise, le chapelain les présenta ensemble à tous les membres dtt chapitre, qui leur adressèrent la remontrance d'usage. Ce4^remoniaI avait ëté ainsi réglé à Tavance

En 1633, la 6erte avait éié solKdtëepar Mioobs Dubosc, jeune homme de Rouen ^ clerc au tabellionnage, et par Anne Le Thuillier, qoi, de tomplicitéy avaient tué un homme dans un mauvais lieu de Rouen. La famille Dubosc, qui était très-pfro^ tégée , avait commencé par obtenir que le procès serait évoqué au parlement de Paris ; puis le conseil avait défendu à oe parlement d*en conndlre; et bientôt, rapportant son premier arrêt, lui avait enfin renvojé cette affimre. Mais pendant toutes ces procédures, suscitées par la famille Dubosc pour gagner du tems, arriva le jour TinsiDnation du privOége de samf Romain. Alors les geoKers des prisons du bailliage de Rouen, qui, jusque-là , se iondant sur la contrariété des arrêta du conseil^ avaient refusé de livrer Dubosc et sa con^Uce aux

(0 Dâibénitioii du chapitre , en date da S3 mai 1$34 , deni jour» avant 1*AiceiMioii.

huissiers de Paris envoyés pour les chercher ^ refusèrent plus ezplidtement encm, se fondant mainlenant sur l'insinuation du privilège , formalité' après laquelle aucun prisonnier ne devait plus être transporté hors la ville. On somma le diapitre de consentir renlèvement des deux prisonniers. Le grand-chantre répondit que miêssiean du dtapkn estoieni nmistres des prisons, eUlendu rinsbuuUion du prwUige d$ monskttr saitei Romain; et que l'arrêt du parlement défendait qu'aucun prisonnier fût transieré hors la ville. Giuséquemment^ ik ne pouvaient tolérer Penlèvement de Dnbosc et de la femme Le Thuillier- Bientôt les espérances de la famille Dubosc forent réalisées. Le jour de TAs- * tension , Nicolas Dubosc et sa complice levèrent la fierté. Nul doute que, sans toutes ces longues * procédures , ils auraient été condamnés et exécutés avant Tinsinuatira* Le danger inuninent qu'avait couru Dubosc aurait dâ être pour lui im avertisse* ment de mieux vivre à l'avenir. Mais les inclinations perverses de ce jeune homme étaient inoorrigibles* Précédemment il avait lue en duel, sur les bruyères D«boic , de SaintJulien, près Rouen, le précepteur des en* I[*!r.5 ., r»tp«. fiinsdeM.Ghâlon. Dès Tannée qui suivit celle où il îosV/^^ «â avait levé la herle , il tua , près de la porte Cauchoise, *^ à Rouen, le fils d*un taVemier de Dieppe, pour un 2»ujet des plus frivoles. Cette fois , l'indulgence des hommes était epuîsée pour lui ; arrêté et mis en

TNT.

558 lUSTomE JDU WVIbé&K

jugement à raison de ce troisième meurtre , Nicolas DubosCf âgé de Tingt^ept ans seulement, fol oobdamnë à mort , et pendu le 1 6 août 1 634 sur la place du Vieux-Marche, à Kouen.

1638. En 1 638 , le jour de TAscension, le chapitre avait m^^lTdir Rs^ulin Dubusc, jeune homme de Rouen, qui pitre, parce <,«« svait tuë SOU frèrc. Le parlement cassa Télection,

la date <lr loa

«rt>u eua dou- iiou pai> à causc du crime en lui-môme , que les cirulîdwi» , ^ k constances rendaient excusable jusqu'à un certain point, mais parce que le prisonnier n*avait pas été enregistré suivant la déclaration du roi et les arrêts de la cour ; sauf au chapitre à faire cfaoûc d'on autre. Le chapitre, averti de cette décision a cinq heures du soir, fit venir le concierge de la Chambre des Comptes, qui, après avoir prèle serment entre les mains de Tarchevéque, attesta que sa liste était sincère, et que Raulin Dubusc avmt ëlë conttnuellement prisonnier sous sa garde , depuis trois semaines ; il signa sa déposition. Des députés du chapitre allèrent trouver MINI, du parlement, et exhibèrent cette déclaration faite sous la foi du serment. Si le concierge avait commis une faute, une omission , pouvait-«Ue, dirent-ils, être imputée au chapitre ? Sans doute le parlement maintiendrait ce corps dans ses libertés et possessions anciennes. M. Charles De Faucon, premier président, leur objecta la déclaralioii de i j37 , et Tarrét du parlement, qui exigeaient qu^un prisonnier, pour être

BB SAINT BOMAHI. 557

admis à lever la fierté^ eut été écroue' dans les pri* sons avant rinsinnalion da privilège. li'ëcrou de liaulia Dubusc n'étant point produit , on en devait conclure qu'il ne s'était constitué prisonnier que depuis rinsinuatîon ; il ne pouvait, conséquemment, être admis à lever la lierte. 11 invita le cha-pitre à procéder à une nouvelle élection , en lui donnant Tassurance que le parlement attendrait son second cartel. Les chanoines députés répondirent que Télection du chapitre ayant été faite selon les formes ordinaires et observées de tema imméncnial, « avec la candeur et la bonne foi requises en telle élection », on île pouvait exiger qu'ils procédassent à un nouveau choix. L'a£Eanre ^ étant d'importance , il& demandèrent instamment que les avis de MM. du parlementiussent recueillis de nouveau, espérant que les explications qu*ils venaient d'entendre les auraient satisfaits. La cour y consentit , et la conjecture du chapitre se trouva vraie ; car bientôt on fit venir enfin Raulin Dubusc, <ptf fut interrogé sur la sellette. A huit heures-et c piMMfar

1 • 1 * r i r A. • 1 . Mt enùu délivré

demie du soir, iut prononce un arrêt qm ordonnait ■■ A*gitn que ce. prisonnier serait délivré au chapitre , poêtr fouir du priçilégiB, mais pour la cérémonie du jour seuiemeni. La procession partit de Notre-Dame à plus de neuf heures du soir. Raulin Dubusc leva la fierté à la V i<'illc-Tour, et 1 apporta jusque sur le maître autel du chaur. Alm^surle insitfuieounti

un bomme qui •«ait detbonoré Uur wrar.

quon vouloU se saisir de sa pcrsorme , en vertu de l'arrêt du parlemciU qui VmiJL dëKm$ pour k cérémonie seulement , il sortit sans bruit Je la cathédrale , à la faveur de la Duit. La gruuL'mene fut cëlâirée comme elle iVtait or^aairciMit i pareil jour ; et sans doute elle ue Saàl pas avant mimuil.

Trou frèrri Eh 16^1 > la ficTte fut douuée à trois £e]itil&- Mé Bonmes cmqpaUe* d'na meurtre dont les cirons sunces étaient affreuses , mais qu'excusait, jusi^u';! un certain point le sentiment bien naturel ^ paraissait awur animë ses auteim. Les sîenn 'Dt Bérard, gentilshommes deXouraine, étaieutavartîs \ ffu^une intimHë crimineUe existait entre on aienr

rustel d Oi mois et Marguerite De Bérard ^ leur sttur. L'un de CCS gentilshommes, pageda prince de Guëmënë^ avait ^pié les deux amans, et, par r ouverture de la serrure , « les avoit veu iaiie une action non licite qu*aux gens marias. » Il en avertit ses deux frères, et ils résolurent tous les trois de tâcher de surprendre le sieorD'Onnms ellearsmr u en Testât que leur jeune frère les avoit veus , affin de les fttre esponscr ensemble », et réparer ainsi l'c^ense faite à leur maison. C'était au luanoir de la Grillonnière , appartenant à leur m^ère , 91e se passaient ces scènes honteuses. Accompagnés de deiixgeutibhommes, leurs cousins, ils s'y rendirent une nnil, fort secrètement. Arrivés mx portes chi

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