‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 110 sur 131 · LIVRE IL— CHARLES II · texte numérisé non relu

LIVRE IL— CHARLES II

Toulouse, il apprit que la cour de France était là, et ne voulant pas y aller lui-même, de peur d'y essuyer quelque mésaventure, peut-être même d'être arrêté, il y envoya l'un de ses trois compagnons , le marquis d'Ormond, pour s'enquérir du point où en était le traité, et il convint avec lui d'un lieu, sur la route de Fontarabie, où ils devaient se retrouver. Ormond s'acquitta discrètement de sa commission, apprit que le traité était conclu, et se hâta de rejoindre son maître. Le roi n'était pas au lieu convenu. Ormond l'y attendit tout un jour, et se rendit à Fontarabie, présumant qu'il retrouverait là le roi. Charles n'était pas non plus à Fontarabie. Don Louis de Haro, à qui il s'était fait annoncer et qui lui avait promis un bon accueil, s'étonnait du retard. Deux ou trois jours s'écoulèrent sans qu'on sût ce qu'était devenu le roi d'Angleterre. On apprit enfin qu'entré en Espagne, et croyant toutes choses finies aux Pyrénées, il avait résolu de se rendre directement à Madrid, et qu'il était en ce moment à Saragosse. Informé que les conférences duraient encore, il arriva à Fontarabie, où don Louis le reçut avec des honneurs plus bienveillants qu'efficaces. La cour d'Espagne, encore en guerre avec la République d'Angleterre, désirait sincèrement le rétablissement des Stuart, et don Louis de Haro s'en était déjà entretenu avec Mazarin, qu'il avait trouvé dans les mêmes sentiments :* « Nous sommes tombés d'accord, « écrivait Mazarin à M. Le Tellier1, que c'était un trop « méchant exemple pour être laissé impuni à la posté-

* Le 25 août 165U.

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