DE LOCKHART AVEC MAZAK1N
plans des royalistes, donnant ainsi à sa prudence les airs au moins de la bassesse, et commettant, pour une bonne politique, d'inutiles indignités. « Si nos amis « pouvaient se tenir sur leurs jambes,» écrivait Ormond à Hyde 1 « jusqu'à ce que le cardinal crût qu'il dépend « de lui de faire pencher la balance et d'en avoir tout « l'honneur, il engagerait probablement alors la France « dans notre cause. Mais pour qu'il eût cette conviction, « il faudrait que son jugement, qui est très-fin, comptât « sur la presque infaillibilité du succès; et en attendant, « il vivra bien, n'importe par quels moyens, avec la a République, et avec son très-habile ministre, Lock- « hart, auquel il porte une haute estime. »— « Je puis « assurer Votre Éminence, » écrivait Bordeaux au cardinal au moment où l'insurrection de Booth était près d'éclater s, « que ma conduite a été fort conforme « à ses ordres, et qu'il ne m'est point arrivé de laisser « aller aucune parole capable de produire de la jalousie, « ni de faire espérer aux royalistes que le roi appuie « leurs desseins 8. »
Jamais la situation du Parlement républicain n'avait semblé meilleure : vainqueur au dedans, il était en sûreté au dehors; son ambassadeur triomphait du roi à Fontarabie comme son général des royalistes dans le comté de Chester. De solennelles actions de grâces furent
* Le 29 août 1659.
2 Le 7 août (28 juillet v. s.) 1659.
' Clarendou, State-Papers. t. III, p. 538, 540, 544, 549-550, T47; — Lettres du cardinal Mazarin sur les Négociations desPyfénées, t. 1, p. 151-152 ; — Bordeaux à Mazarin, 7 août 1659 (Documents historiques, n° LI).