‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 114 sur 131 · LIVRE II —MENÉES DE LAMBERT · texte numérisé non relu

LIVRE II —MENÉES DE LAMBERT

célébrées dans tout le pays pour remercier Dieu de la délivrance de la République *. La Cité de Londres donna à la Chambre un grand banquet où les deux pouvoirs se prodiguèrent les félicitations et les engagements mutuels*. Mais ces brillantes manifestations n'abusaient personne, et l'appréhension d'un péril imminent pesait sur tous les esprits au milieu des fêtes de la victoire.

Dès qu'il apprit la défaite de Booth, le Parlement s'empressa de témoigner au vainqueur sa satisfaction. Il vota, pour Lambert 8, un joyau de mille livres sterling et des présents de cent, cinquante et dix livres aux messagers de grades divers qui avaient apporté les nour velles. Mais à mesure que la reconnaissance s'étalait, la méfiance allait s'aggravant. On disait, dans la Chambre, que Lambert voulait se faire Protecteur , et saisirait probablement cette occasion de le tenter. L'année, de son côté, ne dissimulait pas son humeur contre le Parlement; en voyant leurs officiers recevoir leurs brevets de la main de l'Orateur, les soldats se moquaient tout haut de leur nouveau général , déclarant qu'ils voulaient l'avoir avec eux à la première campagne, et qu'ils n'iraient pas plus loin que Lenthall ne les conduirait. Lambert ne se hâta point de revenir à Londres après sa victoire : on entendait dire qu'il se promenait dans le pays, sondant les dispositions du peuple, cajolant

i Le 6 octobre 1659.

* Le même jour 6 octobre ; — Joumals of the h. of C, t. VII, p. 786, 790, 792, 793 Whitelocke, p. 684 ;— Bordeaux à Masarin, 6 octobre 1659 {Documents historiques, n° LII),

» Le 93 août 1659.

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