‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 117 sur 131 · CONSEIL GÉNÉRAL DE L'ARMÉE (7 OCTOBRE · texte numérisé non relu

CONSEIL GÉNÉRAL DE L'ARMÉE (7 OCTOBRE

lement et Farinée, une rupture irréparable. Mais ces représentations furent vaines; le Conseil adopta le projet; deux cent trente officiers le signèrent, et Desborough fut chargé de le présenter au Parlement *.

Huit jours après seulement, le 5 octobre, Desborough, accompagné de plusieurs officiers, s'acquitta de sa mission et porta Fadresse à la barre de la Chambre, en y ajoutant quelques paroles modestes jusqu'à l'humilité. La Chambre, bien avertie, reçut l'adresse sans aucune marque de mécontentement, remercia les officiers des sentiments qu'ils lui exprimaient, et annonça que le samedi suivant, 8 octobre, elle s'occuperait des questions qu'ils soumettaient à son examen. A l'approche de la crise et sous les regards attentifs du pays, étranger à ces luttes des coteries révolutionnaires et hostile à leurs auteurs, les uns et les autres se sentaient faibles , et nul ne voulait avoir l'air de provoquer la rupture , ni en accepter la responsabilité. Pendant trois jours, la Chambre délibéra sur les divers points de l'adresse, avec des alternatives de prudence et de colère ; tantôt elle prenait des mesures pour donner satisfaction aux intérêts légitimes de l'armée, au payement des soldats, au sort de leurs familles ; tantôt, en reconnaissant que tout membre de l'armée avait, comme tout Anglais, le droit d'adresser des pétitions au Parlement, elle tançait les officiers en ajoutant: «Mais que les pétitionnaires sachent bien qu'ils « doivent être très-réservés et quant au fond et quant à

* Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. I, p. 528;— Baker, ChronicU, p. 713; — Thurloe, Statê-Papers, t. VIT, p. 754.

Page 1