LIVRÉ I.— ÉTAT DES ESPRITS
ancienne monarchie, toute la politique de Richard et de son Conseil étaient là : « Nous sommes ici tous décidés à « adhérer fermement à la Pétition et avis, » écrivait Thurloe à Henri Cromwell 1 ; « si ce fondement, c'est- « à-dire un seul chef de l'État et deux Chambres du Parce lement, est une fois admis, j'espère que nous nous « entendrons sur tout le reste *. »
Les premiers actes, les premières paroles de la Chambre des Communes firent voir que l'œuvre était loin d'être aussi avancée. Tous les membres furent appelés à prêter serment « d'être fidèles au lord Protecteur et de « ne rien tenter ni méditer contre sa personne et son « autorité légale, comme de défendre et maintenir les « droits et les libertés du peuple. » Dès le premier jour, plus de quatre cents membres avaient déjà prêté ce serment et siégeaient dans la Chambre : quelques républicains sévères , Ludlow entre autres, s'étaient abstenus et ne se présentaient point ; un des commissaires chargés d'administrer le serment, sir Walter St-John , rencontrant Ludlow dans Westminster-Hall , lui demanda pourquoi il ne venait pas à la Chambre, et sur sa réponse : « Venez me trouver demain dans le vestibule, » lui dit-il, « je vous ferai entrer avec moi, et on croira « que vous avez prêté serment. » Moins scrupuleux sur une fraude silencieuse que sur une promesse publique, Ludlow accepta et alla s'asseoir dans un coin écarté de
* Le 14 décembre 1658.
« Pari, hist., t. XXI, p. 269-281 :— Burton, Diary, t. III, p. 3;— Thurloe, State-Papers, t. VII, p. 562.