‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 32 sur 131 · DANS LA CHAMBRE DES COMMUNES · texte numérisé non relu

DANS LA CHAMBRE DES COMMUNES

la salle. Pendant deux ou trois jours, personne ne le remarqua ou ne se plaignit ; mais le 5 février, un membre du parti de la cour, comme on disait déjà, signala le fait et somma Ludlow de prêter serment : « N'inter- « rompons pas nos délibérations pour une telle misère», dit Haslerig ; « ce débat amènera de l'irritation ; je ne « veux pas, moi , mettre en question les membres d'É- « cosse et d'Irlande, qui n'ont pourtant nul droit de sié- « ger ici ; je vous en conjure, laissons cela. » L'avis de Haslerig fut appuyé ; d'autres réclamèrent : a Nous « sommes ici en vertu de la Pétition et avis qui prescrit « le serment ; quatre cents membres l'ont prêté ; pource quoi deux ou trois le refuseraient-ils? Qu'il leur soit « interdit de siéger jusqu'à ce qu'ils l'aient prêté. A quoi « nous tiendrons-nous si les fondements mêmes sont « ébranlés? » La discussion continua; on s'éleva contre les serments en général , « qui n'étaient que des pièges « pour les honnêtes gens. » Le colonel Eyre déclara qu'élu vers la fin du Long Parlement , il avait refusé le serment, par scrupule, qu'on en avait rendu compte à la Chambre , et qu'elle l'avait admis sans lui rien demander. Divers incidents survinrent qui détournèrent l'attention ou fournirent au laisser-aller un prétexte ; et Ludlow, et probablement quelques autres avec lui, continuèrent de siéger sans avoir juré fidélité au Protecteur'. Le jour même de l'ouverture de la session, la Cham-

i Journah of the house of C, t. VII, p. 593 ; — Burton, Diary, t. III, p. 3,71; — Ludlow, Mémoires, t. II, p 413-417, — Bordeaux à Mazartn, 20 février lU-r>9 {Documents historiques, n°XIIl).

44 LIVRE I — THURLOE PROPOSE

bre avait élu pour son orateur Benjamin Chute, homme modéré et accepté de tous les partis. Deux jours après son installation, il hésita dans un acte qu'il avait à faire en sa nouvelle qualité, et il soumit à la Chambre ses doutes sur rétendue de son pouvoir : « Je n'aime pas, » s'écria Haslerig, «à entendre dire qu'il manque quelque « chose à cette Chambre; je ne connais point de code « de lois que vous aviez à consulter. Monsieur l'orateur, « vous êtes maintenant le plus grand personnage de TAn- « gleterre... excepté ce qui doit être excepté; je m'oua bliais presque. J'ai raison pourtant; je dis que je vous « regarde comme le plus grand personnage de TAngle- « terre, vous, l'orateur du Parlement d'Angleterre, ou « des Communes, comme il vous plaira de dire; je ne a veux offenser personne. . . Ordonnez simplement qu'on « vous apporte le registre dont vous avez besoin ; c'est « là ce qui vous convient ». »

Évidemment il était urgent de ne pas laisser oisive une chambre où fermentaient des dispositions à ce point ombrageuses et hautaines : une attaque était près d'éclater contre la présence des députés d'Écosse et d'Irlande élus, disait-on, sans l'aveu d'aucune loi et qui n'avaient nul droit de siéger dans un Parlement anglais. Le gouvernement résolut de jeter sur-le-champ dans l'assemblée la question fondamentale qui devait mesurer les forces des partis et décider de l'avenir. Le 1er février, Thurloe se leva : « Il a plu à Dieu de mettre un

' Journal* ofthehouse of C, t. VII, p. 594;— Whitelocke, p. 676; — Burton, Diary, t. III, p. 4, 18.

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