‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 52 sur 131 · REFUSE DE SE DÉFENDRE PAR LA FORCE · texte numérisé non relu

REFUSE DE SE DÉFENDRE PAR LA FORCE

Prévoyant l'extrémité à laquelle il serait bientôt réduit, il avait fait sonder Monk en Écosse, offrant de lui assurer vingt mille livres sterling de rente s'il voulait prendre parti pour lui et le soutenir contre ses ennemis. Mais Monk, plus clairvoyant que pressé, se contenta de répondre : o Que le Protecteur garde cet argent; t il lui sera plus utile que mon adhésion1. »

Quoique repoussés et sans effet , ces hardis conseils, ces propositions de coups de main, ces avances des Cavaliers au Protecteur inquiétèrent les officiers. Soit incertitude sur les dispositions d'une partie de l'armée, soit scrupule à maltraiter publiquement le fils de leur maître, ils auraient voulu obtenir de lui, sans violence, la dissolution de la Chambre des Communes, véritable objet de leurs colères et de leurs craintes. Il paraît même que, le 20 avril, ils étaient encore en pourparler avec Thurloe à ce sujet, et c'était l'opinion commune que Richard céderait : « Je ne laisse pas d'être persuadé a qu'il s'accommodera aux désirs des chefs,» écrivait ce même jour Bordeaux à Mazarin, « et préférera ce parti o à celui de se remettre entre les mains du Parlement, « composé de gens peu solides qui l'abandonneraient « dans le besoin, et dont quelques-uns ne sont de son « côté qu'autant qu'ils croient que leur dessein de rap- « peler le roi le leur permet. Les plus éclairés d'ici sont a dans ce même sentiment. » Mais Richard, comme les âmes faibles, aimait mieux ne céder qu'à la violence,

1 Journal manuscrit de l'amiral Moniague, cité dans Harris, Life of Charlei the Second, p. 194.

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