‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 53 sur 131 · LIVRE I. — LES OFFICIERS ARRACHENT · texte numérisé non relu

LIVRE I. — LES OFFICIERS ARRACHENT

pour s'affranchir de la responsabilité. Ne réussissant pas à l'entraîner, les officiers résolurent de presser, à tout prix, le dénoument. Le bruit de leur détermination vint à Whitehall; on crut même avoir, pour la nuit suivante, quelque attaque à redouter sur le palais. Richard fit dire à Fleetwood de venir le trouver. Le messager revint sans réponse. Richard ordonna à quelques hommes de sa garde d'aller chercher le lieutenant-général. Ils s'excusèrent. Fleetwood cependant se rendait au palais de Saint-James où s'étaient déjà réunis beaucoup d?of liciers. Ils publièrent sur-le-champ un ordre du jour qui appelait toute l'armée à ce rendez-vous. De Whitehall partit aussitôt un contre-ordre qui convoquait l'armée auprès du Protecteur. Le colonel Goffe transmit cet ordre à son régiment; mais le major l'avait déjà conduit à Saint- James. Des six escadrons du colonel Ingoldsby, un seul le suivit à Whitehall. Abandonné aussi de ses soldats, Whalley au désespoir les conjura de faire feu sur lui; ils s'éloignèrent. Le régiment du colonel Hacker était en bataille près de Cheapside; le Protecteur le manda au palais; Hacker répondit qu'il avait ordre du lieutenantgénéral de garder le poste qu'il occupait. Plusieurs des gardes mêmes de Richard le quittèrent, et ceux qui restaient déclarèrent qu'ils ne résisteraient pas aux ordres qui leur viendraient du quartier-général. Au milieu de cette désertion universelle, vers midi, Desborough arriva à Whitehall; et avec sa rudesse accoutumée, il déclara à Richard que, s'il voulait dissoudre le Parlement, les officiers prendraient soin de lui et de ses intérêts; sinon,

Page 1