‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 55 sur 131 · LIVRE I. — DISSOLUTION DE LA · texte numérisé non relu

LIVRE I. — DISSOLUTION DE LA

tenus de rentrer, que nul ne pourrait s'éloigner sans la permission de la Chambre, que la porte de la salle serait fermée, et que tous les étrangers recevraient Tordre d'évacuer le vestibule qui la précédait. Ces mesures prescrites, un violent tumulte, sans débat, s'éleva dans l'assemblée; une foule de membres, la plupart par passion sincère, quelques-uns pour couvrir leur connivence dans l'attentat, mirent en avant les motions les plus énergiques : on demanda que quiconque entraverait, par la force, la Chambre ou quelqu'un de ses membres, fût déclaré traître; que tout acte, tout vote adoptés par un nombre quelconque de membres de la Chambre, quand d'autres membres de la Chambre en seraient violemment éloignés, fussent essentiellement nuls; et d'autres propositions, parfaitement naturelles et légitimes en droit, mais que cependant la Chambre, dans un juste sentiment de son impuissance comme de sa dignité, ne convertit pas en résolutions positives. Sommées une seconde fois, par l'huissier, de se rendre à la barre de la Chambre des Lords, les Communes n'en tinrent pas plus de compte, et accompagnant en corps leur orateur jusqu'à son carrosse, en présence des soldats j>ostés à la porte du Parlement, elles s'ajournèrent au lundi suivant, 25 avril, à huit heures du matin, pour reprendre leurs travaux1.

Dès le soir, l'ordonnance de dissolution fut publiée;

* Journal* of the h. of C, t. VII, p. 644 ; — Pari, hist., t. XXI, p. 349-358; — Burton, Diary. t. IV, p. 482-486 ; — Somers's Tracts, t. VI, p. 519.

CHAMBRE DES COMMUNES (22 avril 1659.) 129

des cadenas furent apposés sur les portes de la Chambre des Communes, et des gardes placés dans la cour des requêtes avec ordre d'interdire Ventrée à quiconque se présenterait. Comme si Dieu, pour les punir de leurs discordes, eût voulu briser, à la même heure et du même coup, les images du pouvoir et de la liberté, la monarchie tentée par Cromwell et le seul Parlement librement élu depuis la mort de Charles Ier tombèrent ensemble, et le fantôme de la république, évoqué par l'armée, vint se replacer entre l'Angleterre et la royauté1.

1 Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. II, p. 442;— Burton, Diary, t. IV, p. 482 ;— Whitelocke, p. 677.

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