‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 61 sur 131 · LIVRE IL— L'ARMÉE RAPPELLE · texte numérisé non relu

LIVRE IL— L'ARMÉE RAPPELLE

venait de rendre leurs secrets alliés. Ils entrèrent avec eux en négociation pour le rétablissement d'un pouvoir, du pouvoir de ce Long Parlement que, six ans auparavant, Cromwell avait si brutalement chassé. Que restait-il de cette assemblée? Trouverait-on dans ses débris de quoi refaire un gouvernement? On ne le savait pas bien : le chapelain Owen demanda à Ludlow des renseignements sur les noms des membres qui avaient continué d'y siéger après la mort du roi, et Ludlow lui donna une liste d'environ cent soixante membres, encore vivants, dit-il. Ludlow promettait plus qu'il ne pouvait tenir; quand le Long Parlement fut effectivement rappelé, ils eurent grand'peine, ses amis et lui, à retrouver quatrevingt-dix membres qui voulussent y reprendre leur place. Quelques-uns même des plus fermes républicains, entre autres le colonel Hutchinson, n'y consentirent qu'en hésitant et avec répugnance. Mais la promesse suffisait à la négociation. Des conférences s'ouvrirent chez sir Henri Vane entre les principaux chefs de l'armée, Lambert en tête, et quatre républicains éprouvés, Vane, Haslerig, Salloway et Ludlow. De part et d'autre, on eut l'air de faire ses conditions : les officiers demandèrent d'abord un acte d'amnistie qui les mît à couvert, eux et leurs camarades, pour tout ce qu'ils avaient fait sous le gouvernement de Cromwell ; puis, quelque part dans le pouvoir et un revenu convenable pour Richard à qui ils avaient promis de prendre soin de lui; le maintien, dans la constitution de la république, d'un sénat nommé par le gouvernement à côté de la Chambre élue par le

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