LIVRE IL— ACTE DE TYRANNIE
leur passage, promettant de vivre et de mourir avec . eux1.
Ils avaient à peine repris possession du pouvoir et publié une déclaration pour l'annoncer au pays, qu'ils eurent à faire acte de tyrannie, en repoussant par la force d'autres membres du Long Parlement, leurs anciens collègues, qui voulaient aussi y rentrer. Dès que les presbytériens, violemment exclus en 1648 de la Chambre des Communes, apprirent qu'elle était rouverte, ils résolurent d'y réclamer leurs sièges, et le 7 mai, au moment même où les quarante-deux républicains se rendaient dans leur salle entre deux haies d'officiers, quatorze presbylériens, parvenus, non sans peine, jusque dans le vestibule, se présentèrent à la porte, se disant membres du Long Parlement et en droit d'entrer. Les officiers les repoussèrent, niant leur droit puisqu'ils n'avaient pas siégé depuis 1648. De vives contestations s'élevèrent à ce sujet dans le vestibule et les corridors; les exclus de 1648 interpellaient ceux de 1653, et leur demandaient de quel droit ils prétendaient les chasser une seconde fois de la Chambre où ils rentraient eux-mêmes en soutenant que nul n'avait eu le droit de les en chasser. Sir George Booth et Prynne surtout se firent remarquer par la rudesse de leurs apostrophes. L'entrée ne leur demeura pas moins interdite. Mais le surlendemain, 9 mai, au nom de tous ceux qui se trouvaient dans
i Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. II, p. 451-453;— Whilelocke, p. 679,— Somers's Tracts, t. VI, p. 520 ; — Pari, hist., t. XXI, p. 370-376;— Echard, Hist. ofEngland, t. II, p. 841.
DU LONG PARLEMENT RÉTABLI. Ul
cette situation (ils étaient deux cent treize), ils écrivirent à l'orateur pour revendiquer officiellement leur privilège; et quelques-uns, soit persévérance, soit curiosité, revinrent en personne aux entoura de la Chambre . Informés, on ne sait par qui, que la porte était en ce moment ouverte et sans gardes, trois d entre eux, Prynne, Annesley et Hungerford entrèrent dans la salle et n'y trouvèrent que dix ou douze membres républicains qui les saluèrent courtoisement. Hungerford et Annesley ressortirent à l'instant pour aller avertir et faire entrer aussi leurs amia; maia quand Annealey voulut rentrer, l'officier de garde était à son poste et lui barra le passage : a Êtes-vous donc, » lui demanda Annesley, o un « comité chargé de prononcer sur le droit des membres « qui sont à la porte?— Non; mais j'ai reçu de mes supé- « rieurs Tordre de ne laisser entrer aucun de ceux qui « n'ont pas siégé dans le Parlement jusqu'en avril a 1653. » Annesley insista; l'officier, un peu troublé, lui dit que, s'il promettait de ne pas rester à la séance et de ressortir bientôt, il pourrait entrer et parler à qui il voudrait. Annesley le promit, entra, et revint en effet peu aprèa, disant à l'officier : o J'ai tenu ma parole; je « souhaite que vous et vos soldats vous en fassiez tou- « jours autant. » Mais Prynne était resté dans la salle, tranquillement aaaia à aa place et décidé à ne aortir que par force. Lea membrea républicaina allaient et venaient avec embarrd8,ne8achantqueréaoudre. Haalerig arriva. Prynne alla à lui, ae félicitant de le revoir dana cette salle : « Voua n'avez rien à faire ici, » lui dit Haalerig;