‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 63 sur 131 · LIVRE II. — RENTREE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — RENTREE

« été amenés an triste état dans lequel ils sont aujour- « d'hui ; nous y avons nous-mêmes contribué en nous « écartant plus d'une fois des voies droites et légitimes ; « et quoique bien des essais aient été tentés pour guérir « ces maux et rétablir ces nations en paix et en prospé- « rité, ils sont tous restés inefficaces.... Dans nos ré- « flexions, nous avons reconnu que le Long Parlement, « composé des membres qui ont continué d'y siéger jus- « qu'au 20 avril 1053, avait toujours fermement soutenu « la l)onne vieille cause, et que, par une faveur spéciale, « Dieu, présent au milieu d'eux, les avait soutenus dans « cette œuvre. D'accord avec les vœux d'une foule de « gens de bien, nous avons jugé de notre devoir d'invite ter les membres susdits du Long Parlement à reprena dre l'exercice de leurs fonctions ; et nous serons prêts, « dans les nôtres, à leur donner, comme il convient, « notre plus énergique appui pour qu'ils siègent en « sûreté. » Lambert et ses compagnons remirent a Lenthall cette pièce qu'ils venaient, en même temps, de publier1.

Mais un embarras imprévu survint : Lenthall refusa son concours. 11 était vieux, dit-il, infirme et hors d'état de rester assidu à une longue séance. Les assistants ne s'y trompèrent pas : Lenthall voulait conserver, dans la nouvelle Chambre des Lords, ce qu'il appelait déjà sa pairie; en intelligence secrète avec Richard Cromwell, il lui avait promis de s'employer pour faire échouer le

« Journals ofthe h. ofC, t. VII, p. 644 ; — Pari, hist., t. XXI, p. 367.

DU LONG PARLEMENT (7 mai 1659.} 139

retour du Long Parlement : il était peu enclin à courir de nouveaux hasards. Les républicains le pressèrent vivement; ils lui demandaient d'écrire, selon le droit de sa charge, à tous les anciens membres, présents à Londres ou dans les environs, pour les engager à se rendre, le lendemain même, au Parlement, dans la salle de la Chambre des Lords, et à aller de là, dès qu'ils seraient en nombre, reprendre leurs sièges à la Chambre des Communes. Lenthall persista dans son refus, alléguant de plus, pour ce jour-là, un motif pieux : il se préparait à participer à la sainte cène. Vane et ses collègues irrités lui déclarèrent qu'ils se passeraient de lui, et expédièrent eux-mêmes de tous côtés des messagers pour convoquer les membres dont Ludlow avait dressé la liste. Le lendemain matin, 7 mai, trente seulement s'étaient présentés; il en fallait au moins quarante; on les attendait, on les cherchait impatiemment; on sut que deux des survivants, lord Munson et Henri Martyn étaient dans Londres, en prison pour dettes; on les en fit sur-lechamp sortir, et ils se joignirent à leurs collègues. Lenthall, qui se tenait informé du nombre des arrivants, s'aperçut qu'il tarderait peu à être complet, et ne voulut pas qu'on se passât de lui; il arriva à son tour. Quarantedeux membres enfin étaient présents : ils se mirent en marche, leur orateur en tête, et passant entre deux haies d'officiers rangés dans les salles qu'ils traversaient, ils rentrèrent solennellement, vers midi, dans la Chambre des Communes. Les officiers généraux s'étaient placés près de la porte même de leur salle, et les félicitaient à

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