LIVRE IL— POLITIQUE
ment. Le gouvernement tout entier aux mains du pouvoir unique élu par le peuple, et l'intimité du peuple avec le pouvoir émané de lui, c'était là, pour eux, la République.
Tous les régimes qui les avaient précédés avaient été accueillis , à leur avènement , par des adresses et des députations de leurs partisans ; les républicains du Long Parlement rétabli firent, des députations et des adresses, un moyen habituel de gouvernement; non-seulement à leur rentrée dans Westminster, mais tant qu'ils y siégèrent, plusieurs fois par mois ou même par semaine, leurs amis vinrent des divers points du territoire, au nom des comtés, villes, bourgs, églises, sectes, corporations permanentes ou réunions transitoires, leur apporter leur adhésion, leurs vœux, leurs craintes, leurs espérances, leurs conseils. Dans l'espace de cinq mois, les registres du Parlement font mention de trente-sept démarches de ce genre, toujours accueillies avec reconnaissance. C'est un gouvernement énergique, mais inquiet, qui veut, à chaque instant, se retremper dans son parti; c'est un parti ardent, mais faible, qui passe des revues et serre ses rangs pour soutenir son gouvernement en péril1.
1 Des adresses vinrent au Long Parlement rétabli, les 9, 10, 12, 13, 26 et 28 mai, de Londres, de Southwark, des comtés de Hertford, de Buckingham et du Hampshire, de Colchester et des anabaptistes d'Aylesbury les 1er, 14, 15, 16, 21, 22, 24, 27 et 30 juin, des comtés d'Oxford, Somerset, Devon, Wiltshire, Hampshire, Dorset, Bedford, Sussex, Hertford, Middlesex et Norfolk, des villes de Newcastle sur la Tyne et Hull, d'Irlande, des ecclésiastiques du comté de Sussex ; — les 6, 19, 21 et 27 juillet, des
En même temps qu'il s'appliquait à rallier et à tenir en haleine ses forces dans le pays, le Parlement mit tous ses soins à organiser et à exercer efficacement son pouvoir. Strictement fidèle aux principes républicains, il ne voulut pas plus de la monarchie dans le détail des affaires qu'au sommet de l'État ; son gouvernement fut partout collectif et délibérant : dans Westminster, des comités placés à la tête des divers services publics ; hors de Westminster, des commissaires chargés de représenter ensemble le Parlement et de faire exécuter ses ordres; tel fut son principal et presque unique moyen d'action. Un comité de sûreté, composé d'abord de sept, puis de onze membres, reçut, dès le premier jour, les attributions les plus étendues et les plus arbitraires de politique, d'administration et de police, vrai pouvoir exécutif provisoire, sous l'autorité du Parlement; un Conseil d'État, qui comptait trente et un membres, vingt et un choisis dans le sein et dix en dehors de la Chambre, prit un peu plus tard la place du comité de sûreté, et devint le' pouvoir exécutif permanent et général. La composition, les instructions et le serment de ce Conseil élevèrent et surtout firent pressentir de graves embar-
comtés de Norihampton et de Suffolk, des villes de Worcester et d'Édimbourg, des officiers des régiments qui servaient sur le continent et de la garnison de Dunkerque;— le 6 août, du comté de Chester ; — les 9 et 24 septembre, des ecclésiastiques républicains du comté de Leicester et des shériffs et aldermen de la Cité ; — le 7 octobre, du comté de Warwick (JournaJs of the house of Commons, t. VII, p. 647, 648, 649-650, 651, 665-666, 671, 672, 683, 686, 687, 690, 691-692, 693, 694, 695, 698, 706, 723, 726, 735, 736, 750, 776, 785, 793).