AU PARLEMENT (13 MAI
Richard Cronrwell lui-même, au début de son Protectorat, avaient refusé d'accepter1.
Contre tant d'ennemis et de périls, déclarés ou cachés, les chefs républicains étaient une poignée d'hommes déjà vieillis et usés sous le faix de la vie publique, reportés à la tête de l'État par une combinaison révolutionnaire, non par leur propre force, et qui n'avaient, dans le pays, ni l'autorité de l'habitude, ni l'attrait de la nouveauté. Mais ils étaient courageux et sincères, profondément convaincus de la bonté de leur cause, passionnément dévoués à son service et irrévocablement compromis dans ses destinées. Rétablir et maintenir la République était, pour eux, un acte de devoir, une affaire d'honneur et une question de vie ou de mort. Ils rentrèrent dans le pouvoir comme dans leur droit, aveuglément fiers et confiants, et ils l'exercèrent, dans leur court passage, avec une fidélité et une vigueur qui honorent les hommes, même au sein des revers mérités.
Deux idées présidèrent à leur politique : l'une, concentrer dans la Chambre tous les pouvoirs et tenir incessamment sous sa main toutes les affaires de l'État, extérieures ou intérieures, militaires ou civiles; l'autre, établir, entre la Chambre et le parti républicain épars dans le pays, des rapports fréquents et visibles, de telle sorte que, se sentant étroitement unis, ils ne cessassent pas un seul jour de se soutenir et de s'animer mutuelle-
* Journal* of the h. ofC, t. VII, p. 651 ; — Pari. hi*t.t t. XXI, p. 399-405;— Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. II, p. 463 Baker, Chironicle, p. 703.