‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 81 sur 131 · SERVENT LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

SERVENT LE PARLEMENT

nommait point les agents de qui il recevait ses informations. Pour Saint-John, il n'avait, dans la stabilité de la République, aucune confiance ; il prévoyait le retour de Charles II, et prenait, pour les siens comme pour luimême, des précautions dans cette attente : « Vendez « deux manoirs, disait-il à son gendre; faites passer « 10,000 livres sterling sur le continent, et pour le reste « de votre fortune, courez la chance d'une amnistie « générale, car c'est ce qui arrivera si le roi prévaut. » En attendant, Saint-John vivait en bons rapports avec les chefs républicains, leur donnait d'utiles avis, leur venait en aide dans leurs embarras quand il en trouvait l'occasion. A peu près tous les Cronrwelliens, parents, ministres, généraux, serviteurs éclatants ou obscurs du grand Protecteur, étaient ou soumis à l'autorité, ou ralliés à la cause, ou passés sans bruit au service de ce Long Parlement mutilé que Cromwell avait chassé et qui venait de chasser son fils1.

C'était là, pour la République, des succès réels et obtenus par la fidélité de ses chefs à leur cause, et par leur activité intelligente dans l'exercice du pouvoir. Mais ces mérites et ces succès étaient vains. Les républicains restaient toujours une coterie isolée et antipathique à l'Angleterre, qui ne croyait ni à leur droit, ni à leur avenir, et ne voulait pas de leur domination. Ils avaient contre

i Clarendon, State-Papers, t. III, p. 476, 482, 528, 532;— Journais of the h. ofC, t. VII, p. 63G, 677;— Pari, hist., t. XXI, p. 412 ; — Thurloe, State-Papers, t. VII, p. 670, 694 :— Bordeaux à Btïenne. 10 juillet 1C59 [Documents historiques, n° XL).

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