‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 82 sur 131 · LIVRE II.-FAIBLESSE ET DESUNION · texte numérisé non relu

LIVRE II.-FAIBLESSE ET DESUNION

eux les forces hautes et régulières de tout gouvernement, les traditions nationales et leà supériorités sociales de leur patrie. Les grands seigneur* et la plupart des gentilshommes de comté leur demeuraient ott ardemment hostiles; ou complètement étrangers. Le peuple des campagnes gardait ses souvenirs monarchiques et son attachement aux propriétaires dû sol qu'il habitait. Dans 16s villes, la haute bourgeoisie était, en majorité, presbytérienne, fidèle à la monarchie limitée, et pleine de colère comme de regret d'avoir été emportée si loin de son premier dessein. Plus que jamais la République était un régime factice, soutenu par une mftlorité subalterne. Le plus éminent de ses chefs, Varte lui-même, lui gardait un dévouement sans espérance : « Le Roi , » disait-il, « reprendra, un jour où l'autre, la couronne; la nation « est dégoûtée de toiit autre gouvernement1. »

La discorde se glisse ptomptement au sein des partis qui tombent ; et à la veille d'un commun naufrage, les hommes engagés dans la même cause se jalousent et se querellent, comme s'ils avaient à se partager l'empire dh monde. Ces républicains, si isolés au milieu du pays, étaient, entre eux, en proie à toutes^ sortes de divisions et dé tiraillements. Les parlementaires rigides traitaient de traîtres ceux qui réclamaient plus de ménagements pour l'armée. Les oligarques s'efforçaient de retenir aux mains du vieux Parlement le pouvoir que les démocrates confiants voulaient remettre à de» Parlements

» Clarendon, State-Papers, t. III, p. 527;— Bordeaux à&iaxarin, Y août 1059 (Documents historique*, n° XLI

nouveaux et annuels. Les libres penseurs se défendaient à grand'peine contre l'intolérance des Puritains fanatiques. Lés émules de l'antiquité grecque ou romaine luttaient contre les sectaires mystiques qui réclamaient les Juge* d'Israël ou le règne des saints. Parmi ces fractions de partis et de sectes, ies rapprochements et les ruptures variaient de Jour en jour : c'était tantôt entre Haslerig et Vane, tantôt entre Vane et Nevll, ou bien entre Ludlow et Sidney que fermentait la dissension ; les coteries se séparaient ; les amours-propres s'irritaient ; nul ne voulait céder et nul ne parvenait à dominer i « Le chaos « est l'ordre même en comparaison de notre gouveme- « ment, a écrivait le major Wood 1 ; o les partis y sont « comme autant d'îles flottantes qui tantôt se joignent « et semblent former un continent, tantôt se séparent « emportées pâr utt coUp de mer , sans qu'on puisse ♦ même entrevoir où elles serônt demain, tleefovood, « Lambert et Desborough sont très-peu comptés par les « soldats, qui savent leur force et veulent monter à leur « tôur. Le Parlement s'attend tous les jours à être dis- « sous, et mardi dernier il discutait la question de savoir t s'il ne se déclarerait pas permanent à vie. Environ « Cinq mille partisans de la cinquième monarchie se « Sont réunis, il y a trois jours, à Horshâm, dans le & comté de Sûssex > et Ils ont délibéré pendant huit heures « avant de se disperser. Deux ou trois mille d'entre eux « sont bien pourvus d'armes* et ont des officiers dési-

1 Les 3 juin et 45 septembre

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