LIVRE II. — MESURES DU PARLEMENT
bien. » Le major Harley, mandé d'abord devant le Parlement, puis au Conseil d'État, pour menées séditieuses, répondit à ceux qui l'interrogeaient sur le complot royaliste : « Le Parlement a d'autres ennemis auxquels il « ferait bien de songer; il y a, dans l'armée, des officiers « qui se préparent à le dissoudre.» — «Nommez-les,» lui demanda Fleetwood avec colère. — « Votre seigneurie « est à la tête de la conspiration, » répondit Harley qui fut aussitôt envoyé en prison. Mais les royalistes n'étaient pas tous aussi hardis, ni aussi obstinés ; parmi les grands seigneurs surtout, plusieurs s'intimidaient et se montraient disposés à saisir tout prétexte de se tenir à l'écart. Willis, bien informé de cet état intérieur du parti, en profita pour servir les républicains qui le payaient, en tirant d'un pas hasardeux^ quelques-uns au moins des royalistes qu'il trahissait. Il soutint et fit prévaloir, dans le petit comité où il siégeait toujours, l'opinion qu'en présence des découvertes qu'avait faites et des mesures qu'avait prises le pouvoir, l'insurrection devait être ajournée. Avec plus ou moins d'empressement, les lords Oxford , Bruce , Northampton , Faulconbridge , Willoughby, se rendirent à ce conseil ; et Willis, se hâtant d'en donner avis à Bruxelles, conjura le Roi de s'abstenir de toute démarche prématurée et d'inutiles périls 1 . Charles savait la trahison de Willis ; le secrétaire in-
« Journals of the h. ofC, t. VII, p. 705, 707, 715, 716, 717, 720, 721, 723, 725, 728, 720, 730-731; — Clarendon, Hist. of theRebell, 1. xvi, c. 28-33; State-Papers, t. III, p. 516, 519, 524, 531-534;— Mémoires de Jacques II, t. II, p. 4, dans ma Collection; — Bordeaux à Mazarin, 29 juillet et 7 août 1659 {Documents historique», n° XLVI).