‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 99 sur 131 · CONTRE LES ROYALISTES · texte numérisé non relu

CONTRE LES ROYALISTES

time de Thurloe, Samuel Morland, l'en avait naguère fait instruire, probablement à l'instigation de Thurloe lui-même, et en lui en envoyant les preuves certaines. Au milieu des crises et des ténèbres révolutionnaires, c'est le soin des hommes à la fois importants, habiles et subalternes de rendre des services à toutes les causes et de se ménager des protecteurs dans tous les camps. Charles, convaincu après avoir longtemps douté, s'empressa de transmettre à ses amis à Londres la révélation qu'il venait de recevoir, et ne tenant, pour luimême, aucun compte des conseils de Willis, il quitta Bruxelles pour se rendre à Calais1, donnant à son frère, le duc d'York, Tordre d'aller de son côté à Boulogne, et décidés l'un et l'autre à passer en Angleterre dès qu'ils apprendraient que l'insurrection avait éclaté. Charles partit secrètement avec son médecin, le docteur Quartermaine, pour unique compagnon, et en humeur facile et gaie, quoique sans grande confiance dans le succès. Au moment de son départ, Condé, encore en exil ets'ennuyant à Bruxelles, lui avait offert de se mettre en personne à son service, ou de lui donner du moins quelques troupes avec le comte de Marsin pour les commander. Charles rencontra Marsin dans le premier village où il passa la nuit; il n'y avait qu'un lit dans leur misérable auberge: le roi contraignit Marsin à le prendre, et coucha sur une botte de paille; arrivé à Calais, où le duc d'York vint le trouver, ils apprirent aussitôt que l'insurrection générale avait manqué, que, sur le6 avis de

1 Au commencement d'août 1659.

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