LIVRE I.— ELECTIONS
décisive. Et, comme il n’y avait, j>our l’Ecosse et l’Irlande, récemment incorporées à l’Angleterre, point de droits traditionnels à invoquer, on en profita pour attribuer, à chacun de ces deux pays, trente députés dont l’élection fut réglée de telle sorte que l’autorité militaire qui les gouvernait en disposât presque absolument. Quant à Yaulre chambre , Richard la maintint telle que l’avait formée son père; mais il adressa àchacim de ses membres des lettres de convocation semldables à celles que le roi envoyait autrefois aux pairs du royaume. Ainsi, aucun principe légal et conséquent ne présida à la formation du Parlement; on fit appel tour à tour aux anciens et aux nouveaux exemples, à la monarchie et à la révolution, à la tradition et à l’arbitraire, prenant plaisir, tantôt à relever quelque ombre des vieilles institutions nationales, tantôt <à étaler, contre leurs partisans, les rudesses de Cromwell, et cherchant partout avec anxiété une force que des artifices incohérents ne donnent jamais au pouvoir ’.
La lutte électorale fut ardente et désordonnée, quoique sans violences tyranniques ni populaires. Les chefs républicains, réunis chez Vane, avaient résolu do se présenter aux électeurs et de siéger, même au prix du serment de fidélité au Protecteur, dans le prochain Parlement, gardant en même temps leur foi cachée à ce Long Parlement que Cromwell avait pu expulser, mais non dissou-
t Ludlow, Mémoires, dans ma Collection, t. II, p. 409; — Thurlop, t. vn, p. 541, 550 : — Echard, History of England, t. 11, p. 384; — Bordeaux à Matarin, 23 décembre lü58 m^ili n° X).