‹ Histoire du ProtectoratChapitre 51 sur 118 · DU LOMG PARLEMENT RÉTABLI. U · texte numérisé non relu

DU LOMG PARLEMENT RÉTABLI. U

cette situation (ils étaient deux cent treize), ils écrivirent à l’orateur jKJur revendiquer officiellement leur privilège ; et <]uelques-uns, soit persévérance, soit curiosité, revinrent en personne aux entours de la Chambre. Infor^ més, on ne sait par qui, que la porte était en ce moment ouverte et sans gardes, trois d’entre eux, Prynne, Annesley et llungerford entrèrent dans la salle et n’y trouvèrent ((ue dix ou douze membres républicains qui les saluèrent emirloisement. llungerford et Annesley rcssoilirent à l’instant pour aller avertir et faire entrer aussi leurs amis; mais quand Annesley voulut rentrer, l’oflicicr de garde était à son poste et lui barra le passage ; « files-vous donc, » lui demanda Annesley, « un « comité chargé de prononcer sur le droit des membres O qui sont à la porte? — Non ; mais j’ai reçu de mes supé- « rieurs l’ordre de ne laisser entrer aucun de ceux qui « n’ont pas siégé dans le Parlement jusqu’en avril K 1633. D Annesley insista; l’officier, un peu troublé, lui dit que, s’il promettait de ne pas rester à la séance et de ressortir bientôt, il pourrait entrer et parler à qui U voudrait. Annesley le promit, entra, et revint en effet peu après, disant à l’officier : b J’ai tenu ma parole; je « souhaite que vous et vos soldats vous en fassiez touo jours autant. » Mais Prynne était resté dans la salle, tranquillement assis à sa place et décidé à ne sortir que par force. Les membres républicainsallaient et venaient avec embarras, ne sachant que résoudre. Haslcrig arriva. Prynne alla à lui, se féUcitant de le revoir dans celte salle : a Vous n’avez rien à faire ici, o lui dit Haslerig;

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« VOUS en avez été exclu. — J’aiautaut de droit quevous- « inéiiie, ou tout autre, à siéger dans l’ancien Parlement « rétabli, » lui répondit Prynne, a car j’ai écrit, agi et O souffert, plus que vous et plus que personne, pour la « défense de ses droits. » Vane intervint et traita Prynne avec hauteur : « Ckinunent pouvez-vous être iciî Je vous a engage, en ami, à vous retirer tranquillement j sans « quoi, on prendra quelque moyen de vous faire repen- « tir de votre présomption. » Prynne maintint son droit plus rudement encore : « Vos paroles menaçantes, » dit-il à Vane, o sont bien peu d’accord avec la iléclaration que « vous venez de publier, et qu’on m’a remise à la porte; a vous voidez, dites-vous, maintenir et garantir les a libertés de tous, libertés d’homme et libertés de chré- « tien ; si vous les violez envers moi qui, comme An- « glais, comme chrétien et comme membre de ce Par- « lement, ai tant souffert jiour les défendre, ce sera d'un « triste augure pour votre nouvelle ré[)ublique, et vous a ne lui gagnerez guère l’amour liu peuple. » Tant de fenneté déconcertait les plus hautains; ils jiassèrent dans une pièce voisine pour chercher entre eux quelque moyen de se délwrrasser de cet hôte indoini>table. En rentrant dans la salle, ils le trouvèrent toujours immobile à sa place. Répugnant à un acte de violence matérielle, ils prirent le parti de lever la séance et de s’ajourner au soir. Prynne sortit le dernier de la salle, et revint après le dîner; mais, comme il s’y attendait bien, il trouva toutes les avenues strictement gardées ; un vote de la Chambre était partout affiché qui renouvelait l’ex-

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