IM LIVRE IL— CONSEIL D’ÈTAT
ras. En y appelant les principaux chefs de l’armée, Lambert, Desborough, Berry, Sydenham, le Parlement eut soin d’y assurer, aux républicains civils et éprouvés, une forte m^orité. Le serment contint un engagement positif « contre tout gouvernement d’un seul. » Mécontents et ne voulant pas se lier absolument dans l’avenir, plusieurs des officiers, Fleet'vood et Sydenham entre autres, refusèrent de le prêter; ils étaient, dirent-ils, opposés à tout serment. Le Parlement n’insista point, et sur leur simple assurance de fidélité générale, ils furent autorisés à siéger. Mécontents encore, car ils n’étaient pas les maîtres, ils ne vinrent siéger que rarement, attentifs à se séparer du Conseil, tantôt par leur absence, tantôt par des propos pleins d’humeiu'. Outre ces officiers, le Parlement républicain avait, dans son Conseil d’État, des ennemis cachés : l’un des membres choisis en dehors de la Chambre, sir Horatio Tovrasend, grand propriétaire du comté de Norfolk, était en relation avec le roi proscrit, et lui fit demander s’il devait ou non accepter. Chartes l’y autorisa formellement. A peine publiée, la liste du Conseil d’Etat fut accueillie, dans les conversations et dans les pamphlets, avec une impitoyable ironie ; on plaçait, à côté des noms, les plus insultants commentaires ; « Le colonel Thompson, tête de « bois , comme sa jambe ; — Wallop, gentilhomme muet « du Hampshire, criblé de dettes, bon conseiller de la <f République s’il peut lui apprendre à payer les siennes; O — Desborough, paysan de village, pas plus d’esprit • que de peur ; — Berry, le pire des miqors généraux ,