LIVRE IL— MENEES DES
anglais. Les jésuites, à celte époque, avec plus ou moins de conséquence et de discrétion, servaient partout la cour d’Espagne contre la cour de France. Le père Talbot, allant et venant sans cesse de Madrid à Bruxelles et de Bruxelles à Londres, s’employait avec ardeur, non-seulement à célébrer le duc d'York, mais à combattre l’influence de Mazarin, et à rétablir, entre l’Angleterre et l’Espagne, d’abord la paix, puis l’alliance ; mêlant ainsi, à la cause religieuse des catholiques, une intrigue pour la couronne d’Angleterre, et une question de prépondérance européenne. Pour marcher à son but, il s’abouchait pêle-mêle avec des royalistes mécontents, des brouillons nivelcurs, et même avec quelques chefs du Parlement républicain. Déplorable confusion de principes et d’intérêts, qui a beaucoup contribué à perdre les Stuart, et à prolonger, contre les catholiques, l’animo- Mté méfiante du peuple anglais. Sur le continent comme en Angleterre, cette intrigue fut démêlée presque aussitôt que nouée : « U ne m’est pas confirmé que personne ait « été envoyé d’ici en Flandre pour traiter de la paix, » mandait Bordeaux à Mazarin ■; « mais le père jésuite est U toujours ici ; et ceux de sa compagnie l’ayant voulu U renvoyer delà la mer, sur la plainte qu’a faite le roi « d’Écosse de ses négociations, il a fait voir des ordres « supérieurs, d’où il se reconnaît que son voyage n’est « pas sans commission. Aussi a-t-il eu quelque conféa férence avec le sieur Scott, qui fait la fonction de a secrétaire d’Ëtat. b Quelques jours auparavant, l’un
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