‹ Histoire du ProtectoratChapitre 77 sur 118 · LIVRE IL— PROJET · texte numérisé non relu

LIVRE IL— PROJET

« comme le meilleur Anglais et le meilleur protestant de « la nation; et tous ceu\ qui désirent voir l’Angleterre « heureuse mettraient, je res|ière, de côté toute autre « pensée que de le rétablir sur son trône, ce qui termi- • nerait bientôt tous les différends'. »

Signalées et combattues par la vigilance de Hyde, les menées des partisans du duc d’York n’eurent d’autre effet que d’établir, dès cette époque, entre les deux frères, une distinction profonde, d’attacher à Charles 11, malgré leurs doutes, la masse des royalistes anglais, et d’exciter leur zèle en faveur de ce prince, seule garantie de l’intérêt national et protestant. Ils hésitaient cependant beaucoup à se soulever et à tenter de nouveau, contre la république, le sort des armes : a Les hommes les € plus sages, » écrivait-on à Hyde ’, « sont très-réservés « dans leur jugement sur ce qui convient le mieux aux a intérêts du roi. Si son parti peut faire une manifesta- « tion sérieuse, on espère que nos ennemis se dispute- € ront à qui fera le premier sa pau ; si le mouvement a est faible, on craint qu’il ne serve qu’à les rallier t entre eux; si nous restons immobiles, on imagine « qu’ils se ruineront eux-mêmes par leurs discordes. » Mais ces discordes de plus en plus vives et apparentes, les séditions qui grondaient dans les régiments même tenus en garnison à Londres comme les plus sûrs, les promesses de service des officiers disgraciés, en-

< Clarendon, S(ale-Paj>eri, t. III, p. 462, 481, 512, 525, 552; — Bordeaux à Mawarin, 5 juin 1659 (Docummis 5ùlon]uri, n° XLIV). * Le 21 juin 1659.

D'INSUlUiKCTION UOYAUSTE. m

tre autres du colonel Ingoldsby, la détresse financière du Parlement, les mécontentements qu’il excitait dans le pays, et dans son parti même, par ses pfTorts désespérés pour se procurer de l’argent, l’impuissance et le discrédit du gouvernement républicain, malgré l’énergie et le renom d'habileté de ses chefs, toutes ces causes donnaient, de jour en jour, aux royalistes ardents, aux hommes jeunes, aux Presbytériens convertis et pressés de le prouver, un ascendant auquel les indécis et les timides ne purent résister. Une insurrection générale fut résolue : surtout dans les comtés de l’Est, du Sud, du centre et de l’Ouest, on s’y prépara avec ardeur ; presque tous tes chefs du parti, anciens et nouveaux. Cavaliers ou Presbytériens, les lords Willougliby, Norlhampton, Byron, Manchester, Maynard, Oxford, Cliestcrfield, Falkland, sir William Waller, sir George Bootli, M.M.Popham,Howe,Boscawen, Stanliopc, un grand nombre de gentilshommes influents promirent de s’y associer; les places de Bristol, Glocester, Shrewsbury, Lynn devaient être ou livrées, ou facilement occupées; à Londres même, dans la Cité, et sons la direction du major général Brown, on comptait sur un mouvement simultané. L’explosion fut fixée aux derniers jours de juillet; et Mordaunt lui-même se rendit à Bruxelles pour mettre le roi au courant de tout ce qui se préparait, et se concerter avec lui sur le mode, le lieu et le moment de son apparition en Angleterre, au milieu de son parti*.

> Xliurloe, Slate-Paptn, t. VII, p. 666 i— Clarendon, Uùl. ufth»

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