M LIVRE II— RESISTANCE
O la forme de leurs vœux, que leur façon de les préa senter doit être pacifique, que leurs demandes ne doia vent tendre ni à la perturbation de la République, ni a au déshonneur du Parlement, et que c’est leur devoir U de se soumettre, en tous cas, à ses décisions, a On fit plus que censurer ainsi les démarches des officiers ; on prévit leurs violences extrêmes; et pour leur ôter d’avance tout moyen légal de gouverner, la Chambre décréta, le H octobre, que a quiconque établirait ou a percevrait, au delà de ce même jour, sur les peuples a de cette République, une imposition quelconque, sans a leur consentement donne en Parlement, serait coupa- 0 ble de haute trahison, a La délibération se poursuivait ainsi avec une âpreté péniblement contenue , lorsque , le 12 octobre au matin, la Chambre apprit, par le colonel Okey,que la pétition du Conseil général des officiers était imprimée, publiée, et qu’une lettre, signée de Lambert, de Desborough et de sept autres officiers, l’avait répandue dans tous les corps de l’armée , en sollicitant leur adhésion expresse, en témoignage de runanimité de leurs désirs. C’était évidemment la coalition, en attendant l’insurrection de l’armée contre le Parlement. Ilaslerig éclata et la Chambre le suivit; les neuf officiers qui avaient signé la lettre, Lambert et Desborough en tête, furent révoqués de tous leurs emplois, et des successeurs furent immédiatement désignés pour les corps qu’ils commandaient. Le commandement en chef de l’armée fut retiré à Fleetwood, et attribué à sept commissaires, parmi lesquels Fleetwood conserva cependant
DU PARLEMENT A L’ARMÉE. Î9b
une place; Monk, Ludlow, les colonels Morley, Wallon, Overtôn et Haslcrig lui-même étaient les six autres. On vota que l’organisatjon du gouvernement et des Parlements futurs de la République serait, le lendemain, la première affaire à l’ordre du jour; et pour qu’on fût sûr d’atteindre au lendemain, les régiments des colonels Morley, Okey et Moss , sur lesquels Haslerig comptait, eurent ordre de passer la nuit à la garde de la salle et des approches du Parlement*.
Le lendemain, 13 octobre, Westminster et ses environs offraient de toutes parts un aspect de guerre. Informé que Lambert avait résolu de le dissoudre ce jour-là même, le Parlement s’élait préparé pour une énergique défense ; les régiments de Morley et de Moss occupaient les portes, les cours et les abords immédiats du palais; d’autres coips, cantonnés près de Londres, entre autres le régiment de cavalerie du colonel Okey, avaient eu ordre d’arriver en hâte. Lambert, de son côté, avait reçu un bUlet portant : o Mettez-vous en « sûreté demain; sans quoi, votre tête est en péril; » Haslerig avait en effet, dit-on, formé le dessein de le faire arrêter et fusiller sur-le-champ. Malgré l’hésitation de quelques-uns des siens, Lambert prit hardiment l’offensive; à la tête de son propre régiment d’infanterie, il parcourut les rues, ûl barrer celles par lesquelles les
• Joumalt of th» house ofC,, t. VII, p. 792, 794-796; — Porl. hisl.. t. XXI, p. 450, 459-470; — Baker, ChronicU, p. 714-718;— Ludlow, Mémoires dans ma Collection, t. II, p. 528-529 ; — Whitelocke, p. 684 ; — Bordeaux àifoaartn, 20 octobre 1659 (Documents hUtorijues, a’ LV).