‹ Histoire du ProtectoratChapitre 93 sur 118 · LIVRE II— PETITION DU · texte numérisé non relu

LIVRE II— PETITION DU

gcnéral des officiers se réunirait dans quatre jours pour discuter cette nouvelle adresse. Mais quand le Conseil se réunit , le projet qui lui fut présenté se trouva tout autre que n’en avait été, chez Fleelwood, la première pensée. Le préambule était plein de protestations de fidélité à la République, et désavouait, au nom de l’armée, toute atteinte à l’autorité, à la liberté et à la dignité du Par lement; on ne prononçait plus aucun nom propre; on ne demandait plus pour Lambert, Desboruugb, ni aucun autre, aucun titre ou pouvoir nouveau; mais on se jilaiguait que l’armée eût été calomniée auprès de la Chambre; on justifiait les intentions de tous les officiers, de ceux de Lambert comme de lem^ camarades ; on réclamait le droit de pétition pour ramiéc aussi bien que pour le peuple; on maintenait, en principe, le vœu que le commandement en chef cessât d’être tenqxiraire , et que nul officier ne pùt être privé de son emploi sans le jugement d’une cour martiale. On demandait enfin qu’à l’avenir quiconque doimeiait au Parlement de fausses informations contre ses serviteurs de l’armée, et sèmerait entre eux des méfiances, fût traduit en justice et sévèrement puni. Des réclamations s’élevèrent, au sein du Conseil, contre ce projet, mélange choquant d’hypocrisie et d’arrogaucc; les colonels Okey, llacker, Sanders et plusieurs autres le combattirent vivement; quelquesuns laissèrent même entrevoir qu’ils en écriraient au général Monk , comme ils le firent en effet , {)our lui demander d’employer son influence à arrêter des prétentions et des démarches qui amèneraient, entre le Pur-

CONSEIL GÉNÉRAL DE L’ARMEE (7 OCTOBRE 1659). ÎÎS leiTienl et l’armée, une rupture irréparable. Mais ces représentations fui’ent yaines; le Conseil adopta le projet; deux cent trente officiers le signèrent, et Desborough fut chargé de le présenter au Parlement

Huit jours après seulement, le 5 octobre, Desborough, accompagné de plusieurs officiers, s’acquitta de sa mission et porta l’adresse à la barre de la Chambre, en y ajoutant quelques paroles modestes jusqu’à l'humilité. La Chambre, bien avertie, reçut l’adresse sans aucune marque de mécontentement, remercia les officiers des sentiments qu'ils lui exprimaient, et annonça que le samedi suivant, 8 octobre, elle s’occuperait des questions qu’ils soumettaient à son examen. A l’approche de la crise et sous les regards attentifs du pays, étranger à ces luttes des coteries révolutionnaires et hostile à leurs auteurs, les uns et les autres se sentaient faibles , et nul ne voulait avoir l’air de provoquer la rupture , ni en accepter la rcsiionsabilité. Pendant trois jours, la Chambre délil)éra sur les divers points de l’adresse, avec des alternatives de prudence et de colère; tantôt elle prenait des mesures pour donner satisfaction aux intérêts légitimes de l’armée, au payement des soldats, au sort de leurs familles ; tantôt, en reconnaissant que tout membre de l’armée avait, comme tout Anglais, le droit d’adresser des pétitions au Parlement, elle tançait les officiers en igoulant:«Mais que les jiétitionnaires sachent bien qu’ils a doivent être très-réservés et quant au fond et quant à

< Ludlow, Mémoires, dans msi Collection, i. I, p. liaker,

ChrouicU^ p. 713 i — Thuïloe, S/a(«-Paj)ws, t. VII, p. 754.

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