‹ Histoire du protestantisme en TouraineChapitre 21 sur 30 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

d'une délibération du corps de ville de tours Du 12 juillet 1 599.

Henri IV avait envoyé à Tours deux commissaires pour faire exécuter l'édit de Nantes. Les réformés leur remirent une requête dans laquelle ils demandaient l'autorisation de bâtir un temple en ville. Le maire et les échevins se réunirent et après avoir lu ladite requête, ils protestèrent énergiquement contre les prétentions des huguenots. Voici les passages principaux de leur délibération.

« Sera remonstré auxdits s>'â commissaires que ceste requeste est de tout contre les termes de l'édict par lequel disertement ceste ville et faulxbourgs, comme estant ville archiépiscopale, est exempte de l'exercice de ladite Relligion prétendue refforméc, et que le faict de prétendre pecession, en laquelle ils disent s'estre maintenu/ par ladite requeste de faire l'exercice de ladite Relligion prétendue rell'ormée, est non véritable; — au contraire que touttesfois ci quantes qu'ils l'ont voullu entreprendre. encores que ce a esté clandestinement et non aultrement, ils ont esté empeschez et recherchez... Mesmes du temps du mairat du sr Cotereau, en l'an i5qo, lesdits de la Relligion prétendue redonnée en ceste ville s'estans secrettement assemblez en la maison du delïunt sr Delaborde- Bernard, en la Grand' Rue. près le Carroy Jehan-de-

Beaune, pour y taire prière ou aultre exercice de leur relligion prétendue refformée, ledit sr Cotereau, en aiant esté adverty, il se transporta en ladite maison et se saisit d'aulcuns, dont la plaincte aiant esté faicte à Messieurs du Parlement, lors séant en ceste ville, lesdits srs du Parlement feirent deffences expresses auxdits de la Relligion prétendue refformée de faire plus telles assemblées. — Et en l'an i5gi, le sr de Vallesnes, l'un desdits eschevins, lors maire, aiant esté adverty que en la maison de M. Didier-Rou, l'un desdits de la Relligion prétendue rerïormée, y avoit assemblée, feist appeler ledit Rou et aultres par devant ledit sr de Souvré, qui les blasma de tel acte et leur feist de rechef deffence. — Au temps du mairat du sr de Bau iry-Forget, en l'année i5q.i, advint que en ung logis où estoit logée en ceste ville la dame d'Harmillà, s'estoient assemblez lesdits de la Relligion prétendue refformée. 11 s'y transporta et aussy le sr Bouchillon-Roger, lors lieutenant particulier en ceste ville et à présent l'ung desdits eschevins, qui en feist son procèsverbal et leur fut faict réitératives dclTences. — Au temps du mairat du sr de Candé-Brodeau, en l'an i5rp, pareille recherche fut faicte contre lesdits de la Relligion prétendue rellormée, qui s'estoient secrettement assemblez en une maison de la rue du Cygne, et leur feirent mesmes deffences; — et en l'an i3o,8, au temps du mairat du sr de Montorant, l'un desdits eschevins, aiant esté adverty d'une assemblée secrette faicte en une maison rue du Boucassin, il se seroit transporté en ladite maison et pour esvitter le tumulte qui se préparoit desia en ladite ville contre ladite assemblée, il en auroit faict emprisonner aulcuns, qui auroient esté eslargis dès le mesme jour au soir... — Et encores en la présente année i5qg, nous mayre aiant esté adverty d'une assemblée clandestine faicte en une maison près le grand marché.... en aiant par délibération expresse de ce corps faict plaincte audit s1 de

Souvré, y assistans Messieurs de l'église et aulcuns desdits eschevins à ce depputez, ledit s1 de Souvré leur feist de rechef deffence, et déclara que c'estoit contre l'intention du Roy. Comme diverses fois des advertissements ont esté faicts en semblables cas,... partans lesdits de la Relligion prétendue refiormée ne se sauroient prévalloir par leur dicte requeste d'aulcune possession, ne dire avecq vérité qu'ilz aient faict aulcune assemblée publiquement ; mais ce qu'ilz peuvent en avoir faict a esté de nuict et en tout clandestinement. Et pour le regard dudit mémoire en forme de placet, sera remonstré semblablement auxdits s1"8 commissaires que ledit corps de ville se rapporte à Messieurs du clergé et à Messieurs de la justice et aux s'5 juges consuls à y respondre... — Au surplus seront instamment suppliez lesdits s's commissaires ordonner que les mots portez par le mémoire ou placet scandalleux et repétition de ce que lesdits de ladite Relligion prétendue refformée disent estre advenu au fauxbourg de la Riche es années mil six cens soixante-deux et soixantedou^e à la Saint-Barthélémy, soit rayé non seulement comme contraire à la vérité, mais contre les ordonnances et même contre le ier article dudit édict prohibitif de remettre en mémoire les injures et faicls passés durant les troubles. — Et pour ce que depuis que lesdits de la Relligion prétendue refiormée de ceste ville se sont accommodez d'ung lieu qui estoit lors près de ladite ville pour leur cimetière, ladite ville a esté accreue... en sorte que le lieu est au dedans de ladite ville, (il est décidé) de requérir et demander auxdits srs commissaires qu'il leur plaise ordonner que le lieu pour leur cimetière leur scia assigné hors le mur nouveau... Et oultre qu'il plaise auxdits srs commissaires de régler (.') la forme pour l'enterrement des corps morts de la Relligion prétendue refformée, à ce qu'ils avoient accoustumé, qui est de faire porter lendits corps accompagnez de deux ou trois. san>

assistance de ministre ne aulcune cérémonie, et auparavant les heures de cinq heures du matin, ne devant l'heure de huict heures du soir en esté, ne aussy en hiver après l'heure de sept heures du matin et devant l'heure de cinq heures du soir, i (Registre des délibérations, t. XXVI, 1595 à 1G01, f°-P7 et sq. Archives de la mairie de Tours}.

N° Vil LETTRE INÉDITE

DES RÉFORMÉS DE L'iLE-BODCHARD Adressée à Richelieu le ly décembre i633.

A Monseigneur,

« Les pasteur, anciens et diacres et chefs de famille de l'Eglise prétendue réformée de l'Isle-Bouchard, remonstrent en toute humilité et submission à vostre Eminence que l'exercice de la Religion prétendue réformée y aiant esté estably par le Roy défunt du temps qu'il en faisoit profession, et l'y aiant confirmé depuis qu'il feut parvenu à la couronne, par l'art, y de l'édict de Nantes, il y avoit à espérer pour eux qu'ils y jouiroient de ceste liberté tant que sa Majesté la souffriroit ailleurs : veu surtout que défuncte Madame la Duchesse de la Trémouille les avoit asseurez par gentilhomme exprez que vostre Eminence avoit eu agréable de luy en donner des asseurances et

promesses verbales, en exécution desquelles M. Je Silly, s'auctorisant du pouvoir de vostre Éminence, les auroit establis au faubourg Saint-Maurice de vostre dicte ville de l'Isle-Bouchard par l'advis et consentement unanime des habitans catholiques d'icclle, tant ecclésiastiques que séculiers, comme il appert par l'acte publié qui en feut dressé et laissé au greffe pour y avoir recours. Ce qui leur estoit une singulière consolation de se voir, quoiqu'aians beaucoup de peine et de frais, establis et recueillis soubz l'aveu et protection d'un Seigneur dont le pouvoir et lequanimité leur faisoit croire et espérer d'y estre maintenus contre toute sorte de dessins et d'efforts contraires à leur liberté. Ce nonobstant, Monseigneur, il est arrivé depuis un an en ça par la malveillance des habitans oublieux de la tranquillité passée et de la bonne union qui avoit esté entre eux tous, qu'ils y ont esté molestez et troublez en diverses manières et exercices de la Religion prétendue réformée et contrains au mois de mars dernier d'envoyer le S* Du Pérou exprez vers vostre Éminence pour se jeter à ses pieds et vous faire entendre leurs griefs et souffrances ; mais n'ayant peu estre si heureux que d'avoir accez vers Elle, l'affaire feut commis au soin et à l'examen de personnes qui, distraites par de grandes occupations, n'eurent pas le loisir d'en bien considérer. Toutesfois ceste mauvaise volonté des habitans n'avoit point prévalu qu'au passage de Mgr de Bordeaux par ladite ville... Vaincu par lesdites sollicitations, il nous défendit de plus continuer à ('advenir de nous assembler au lieu qui avoit esté veu et aggréé par mondit s' de Silly... Nous avons obéi, de sorte que depuis la lin de juillet dernier nous sommes demourez espars, sans consolation, exposez à la passion et contradiction de plusieurs esprits, qui présument faire service à vostre ence de nous priver de la paslure. dont nous avons jouy paisiblement et sans interruption l'espace âe Qua-

rante-citiq ans... Plaise à vostre Eminence faire cesser les troubles et empeschemans que les habitants de vostre ville de l'Isle-Bouchard nous donnent es fonctions de la Religion prétendue réformée; nous rendre la paix et la consolation dont jouissent en ce royaume tous ceux qui en font profession et nous permettre de continuer nos exercices en ladite ville ou en tel autre lieu commode qu'il vous plaira.

« Pour tous ont signé les 18 et i<jc de ce mois de décembre i633 : Vacher, pasteur; Beaureguar (?), ancien; Martincau; Dubordicu, diacre; Marche; Quinson ; Perroteau; Thenueil; Perroteaù; Laplante ; Lavaranne ; Cartoy ; de Viliers; Labrosse de la Tour-Saint-GcUn ; Lebrevis (?) ; Laforest ; Desbournays. »

Archives du Ministère des Affaires Étrangères. France, iv [74g, f» 37.

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