‹ Histoire du protestantisme en TouraineChapitre 20 sur 30 · N°IV N O M S · texte numérisé non relu

N°IV N O M S

DES PROTESTANTS DE TOURAINE REÇUS BOURGEOIS DE GENÈVE AU XVIe SIECLE

i?4g. — Thibault le Pleigni/, marchand-apothicaire de Tours; — Philibert Hamelin, libraire de Tours ; — Jehan de la Barre, de Tours.

i55o. — Jehan Jagot (?), de Tours.

1 55 1. — Pierre Barraut, de Touraine, et Marguerite, sa femme ; — Jehan de Chastagnes, de Beaulieu-les- Loches; — Martin Droitai, « pesnieur et cardeur », de St- Martin-le-Beau ; — Jehan Riche, barbier, de Chinon.

i552. — Robert Morceau, taffetatier de Tours; — Perrette Marchant, « veuve de feu maystre Jehan le Guas, docteur et advocat au siège royal de Touraine i ; — Louis Cautereau, de Tours.

1544. — Martin Moreau et Louis Moreau, de Tours; Bartholomé Moriau (peut-être Moreau), de Tours; — Simon Capilleau, de Nouans; — René Thousay, de Touraine; — Jehan de Cherpont, « jadis secrétaire de feu l'archevêque de Tours. »

1 555. — Philibert Ferré, de Tours ; — Mathieu Poucet, « maître ouvrier en drap de soie » ; — Jean Dessars, de Chinon; — ChristorJie Prévôt, d'Amboise; — Pierre liarraux, de Tours ; — Pierre Legras, « taffetatier » de Tours.

i55G. — Louis Jordan, marchand mercier de Tours;

— Savian Hauboijs, id., id.; — Martin Laurenceau, de Tours; — 'Pierre Marche, « velutier », de Tours; — Guill. Pinard, de Tours ; — Jehan Tonchet, de Tours ; Jehan Rousset, de Tours ; — Noël Rougeon, « du pays de Toraine » ; — Jehan Dubart « velutier », de Tours

— Robert Remy, de Tours.

i557- — Nicolas Vian, de Tours; — "Pierre Cliasscpon (?;, de Tours; — Jehan Amonet, de Tours; — André Garnier, « velutier », de Touraine; — André Garnier, de Villeloin, en Touraine; — Guillaume Robillart « taffetatier », de Tours; — Martin Giraud, de Genillé; — Guill. Jousselain, de Sonzet (Sonzay) ; — Jehan Lcbouc, * tafïetatier ». de Tours ; — René Moïse, id., id.; — Jehan Moreau, de Tours; — Jacques Perdriau, « taffetatier » de Tours ; — Christophe Mocler, teinturier de Tours ; — "Pierre Touliet, de Chinon ; — "Pierre Puthault, « natif de Toraine » ; — Guillaume Briault, de Sainte-Maure; — Demontsel, et David, son fils, de Tours.

1 558. — Jehan Gandin, de Tours; — Hilaire Moussart, menuisier, de Tours ; — Pierre Caregnol, « velloutiei », de Tours: — François Trouillet, de Chinon; — Pierre Urgond (?), menuisier, de Tours ; — Etienne Mehun, de Loches ; — François Touillé, de Chinon.

1 55g. — François Benoit, de Tours; — Jehan Colas, id.; — Georges Olivier, de Chinon; — François Rougeon, menuisier, de Touraine ; — .Jehan Betard, libraire de Touraine; — .Jehan Dimonet {'.), de Tours; — Louis Lebarbier « chaussetier », de Chinon ; — Je/tan Jjcbrun (?), « veloutier », de Tours; André Chevrier, de Touraine

— Jehan Giraud, « faiseur de cordes de lin, de la Haye, en Toraine »; — Yves Eschard, <■ fils de Yves, libraire, de Tours » ; — Julien Ilatton, de Tours; — Robert Bruncau, de Vouvray; — Clirist. Bougeot, « compagnon taffetatier », de Tours; — Je/un Legaigneux, tic Tours; — Louis J'cignol, id.; — Philibert Gandon, de Touraine; —

François Belin, de Tours ; — Jehan Roy, cordonnier, de Tours; — Jacques Pou^ay, de Touraine; — Guillaume Morin, de Tours; — Jehan le Fleit (?), de Tours; — Jehan Bouvete (?), de Noizay; François VoganJ ('), de Tours; — Pierre Bernard, id.; — Etienne Legaigncux, de Tours; — Ambroise Cholet, id.; — Noël Jenex, « de Chaulmont en Toraine » ; — Jacques Chastelain, « taffetatier », de Tours; — Joachun Marché, de Tours.

i562. — Jean, fils de Legagneux, ministre.

1572. — Jacques Perdriau, <r taftetatier », de Tours.

i5;5. — Jehan Guillosseau. « veloutier », de Tours.

1 5 7 r» . — Toussains, fils de René le Duc, « tadetatier », de Tours; — Jean Rousset, id.; — Michel, fils de Charles Renoux, marchand, de Tours ; — Pierre, rils de Jean Manecier, et Charles, son fils, également de Tours.

1 58o. — Pierre Navet, de Tours.

i586. — Jean, fils de Pierre Beloiseau, a tisseur d'or. »

1587. — Pierre, fils de Jean Burochin, « veloutier Tours.

i5o,5. — Antoine, fils de Jean Lamiraute, passementier.

Extrait du Livre de réception à la bourgeoisie. (Hôtel de ville de Genève).

Cette liste (incomplète sans doute), ne contenant que les noms des Tourangeaux ayant reçu au xvi° siècle le titre de bourgeois de Genève, peut donner une idée du nombre énorme des habitants de notre province qui ont émigré après chaque persécution, en Suisse, en Aliène, en Angleterre et mê:ue en Amérique.

No V

QUATRE LETTRES INÉDITES (Bibliothèque de Genève)

Lettre de l'Eglise de Tours à V Eglise de Genève, du 3i mars i56i

« Messires, il y a ja longtemps que un ministre ne pouvoit seul satisfaire en ceste ville; tellement que en avons presque tousiours eu deux, excepté depuis ces grands troubles, que chacun cognoist, qu'il nous a esté necessère (f) de nous passer d'un seul, encores faisant eschange de monsieur Duplcssis, que vous nous avez envoyé, avec nos prochains voisins, depuys que nostre Dieu a donné quelque liberté à son église, et que on a eu quelque moien de recueillir ce qui estoit dissipé; non seulement nous aurions bien nécessité de deux, dont nous jouissions au précédent, mais de davantage, si nous en pouvions fournir. Mais cognoissant le grand nombre de peuple, qui maintenant en ont faute, mais aussi nos prochains voisins, qui nous ont prévenus en demander, nous sommes moins hardys demandeurs. Néantmoins, Messires, il vous plaira nous en envoyer un à tout le moins, qui soit propre pour ceste ville, laquelle vous scavez avoir besoing d'un homme, oultre la doctrine, de gravité et méritte. Nous avons baillé argent au présent porteur, lequel, s il en faut davantage, nous a promis de

parformer le reste. Ainsi, Messires, nous nous recommandons et bien humblement et bien affectueusement à vos bonnes grâces, vous supplians nous secourir en nostre bien grande nécessité. Car, oultre que un seul ne peut suffire, nous sommes en danger que on rappelle celuy que nous avons, qui nous est baillé seulement pour eschange de M. Duplessis, lequel s1' du Plessis, est si cogneu par decza, qu'il est bien difficile qui y subsistât, quand on auroit rappelé celuy que nous avons. Ainsi il vous plaira d'avoir pitié de ceux qu'autrement seroient en danger d'estre brebys sans pasteur, ce dont ils se sont donnés bien garde, mesme aux plus dures persécutions. Au surplus, Messires, il y a un homme, nommé M° Jehan Cliastimer, lequel ayant esté esleu par le peuple de Loches pour ministre, bientost après a esté constitué prisonnier et après relasché; mais d'autant qu'il ne peut subsister là, à raison qu'il est du pays et a esté recogneu pour avoir esté prebstre et après maintenant marié, et qui au cas qu'il apparust de par vous de sa suffisance pour la charge et par ce moyen de sa légitime vocation, on le pourroit envoyer autre part ou par échange ou autrement. Il vous plaira nous mander ce qu'il vous en semble et si le scandalle qui pourroit venir à raison d'une femme qui le suyt, de laquelle vous avez cognoissance, (qui est cause que nous déportons de vous en mander davantage), vous pourroit ou debvroit empêcher de l'approuver au ministère Nous ne pouvons pour le présent vous mander autre chose, sinon que nous prions le Seigneur vous maintenir à son service (?), faire fructifier vos labeurs et vous donne ce qu'il cognoist vous estre nécessaire pour sa gloire. La gnlce de nostre Seigneur Jésus Christ demeure à jamais sur vous par la communion du St Esprit. De Tours, ce dernier jour de mars i56l.

Les vostres ci obéissans frères et aniys. Signe : Aurèle de la Plante, ministre, Goufelin (?), et Nourrisson, dia-

cres, au nom de toute la compagnie. (Lettres de diverses églises à V église de Genève, 197 a n° 47.)

Lettre de l'Eglise de Chinon à l'Eglise de Genève, dit i3 mai i56i

« La bénédiction de Dieu, nostre bon père, et la grâce «le nostre seigneur Jésus Christ, vous soient données et multipliées par la communication du St Esprit. Amen.

« Très honorés frères et pères, après que par la malice de Sathan et tyrannie des adversaires de la vérité, maistre François Paur (':), exerçant le ministère entre nous, fut constitué prisonnier, tout nostre trouppeau se trouva pour quelque temps intimidé et esperdu, mais tost après se ressentant de la vérité et efficace de la parole de Dieu en laquelle il avoit esté intruict par ce bon personnage, il reprint vigueur, et cognoissant que sans l'aide et ministère d*un fidèle pasteur, il ne pourroit aucunement subsister, ne s'advancer en la droite cognoissance et service de Dieu, il déliberoit vous envoyer homme exprès pour vous requérir de luy assister et ayder de quelque personnage suffisant selon les moiens que Dieu vous avoit donnez, quand un nommé Pinus, retournant du pays de Poictou, où il avoit usurpé le ministère, l'interrompit et empescha, abusant ce pouvre peuple mal advisé d'un faux donner à entendre, par lequel il luy persuada qu'il estoit légitimement éleu et envoie, et ainsi prescha entre nous jusques à ce que aux Estats d'Orléans, — où nous l'avions envoie pour nostre église, — il fut découvert par M. Mésange, ridelle ministre de la parole de Dieu à Orléans. Lors nous fumes pleinement advertis de ses faulsetez et malversations, qui nous troubla grandement, veu nostre

trop grande légiéreté et imprudence. Touttefoys nous ne peumes faire aultre chose pour lors sinon gémir au Seigneur et implorer sa miséricorde. Ainsy nous confermans les uns les aultres, feimes supplications à ce bon Dieu qu'il ne permist point que le trouppeau qu'il s'estoit recueilly entre nous fust dorénavant abusé et séduict, mais qu'il luy pleust nous adresser quelque bon et lidelle ministre de sa saincte parole, pour lequel recouvrer certes -3 nous avons tenté tous les moiens, qui se sont peu présenter en toute la France; présentans requestes aux syno- \ des qui se sont convoquez et aux plus célèbres églises ; ] mais comme 11 ne se trouvoit aucun personnage suffi- < sant, qui ne fust emploie et que l'extresme nécessité d'un I tel aide nous commandast tant, nous n'avons peu nous ] retirer à meilleur reffuge qu'au vostre, ce que nous n'eus- j sions tant ditïéré faire sans l'advcrtissement que nous 1 avons chacun jour de plusieurs églises nos circonvoi- il sines, qui ont envoie vers vous, lesquelles nous ont faict entendre que ceste tant exubérante fontaine d'hommes capables et suffisans, que Dieu a faict sourdre entre vous, est presque du tout espuisée, pour ce grand nombre d'ouvriers que Dieu en a tirés pour les envoier en sa maison; touttefoys nous avons telle fiance en la bonté paternelle de nostre bon Dieu et au saint zèle qu'il vous a donné pour l'augmentation de sa gloire, advanccment du règne de son bien aimé fils nostre (seigneur) Jésus Christ, et édification de son église que nous osons bien nous promectre d'avoir par vostre moien si tost que faire se pourra, ung bon et fidèle ministre pour nous conduire et entretenir aux voyes du Seigneur, — chose qui redonderu grandement à son honneur et édification merveilleuse de toute nostre assemblée, laquelle s'augmente de jour en jour, mesmement depuys que Dieu a touche le Cœur de nos princes pour nous donner quelque liberté de noua assembler, elle a esté visitée par M. Faucher.

qui la tellement enflammée en l'amour de la parole de Dieu, qu'elle n'a chose en ce monde qu'elle ne postpose pour avoir un fidèle ministre. C'est la cause, très honorez frères et pères, pour laquelle nous avons prié le gentilhomme présent porteur, que cognoissez, à ce qu'il s'emploiast pour nous en une si saincte affaire, à laquelle aussi nous espérons que ne nous vouldrez défaillir. Nous avons baillé au dict porteur argent pour frayer à tout ce qui sera requis pour le voiage de celuy qu'il vous plaira nous adresser, et l'avons prié vous déclarer plus amplement l'extrémité en laquelle nous sommes pour le bon désir qui s'augmente tousiours en tous ceux de nostre église et le grand prouffit qui adviendra à toute nostre contrée par la venue d'un bon ministre, laissant à la suffisance dudict porteur à la vous faire entendre. Sur ce nous ferons fin par nos bien humbles recommandations à vos bonnes grâces et sainctes prières au Seigneur, lequel nous supplions vous maintenir tousiours en sa protection et sauvegarde. De Chinon ce i3c de may i56i.

u Vos obéissans serviteurs et affectionnés amys. Signé Guillaume Le Boullangier, diacre de l'église de Chinon, au nom de tous, » Lettres de diverses églises à Véglise de Genève, 197 a, n° cj5.

Lettre de VEglise de Chinon à VÉglise de Genève du i5 mai i56l

« Salut par Jésus Christ, nostre Seigneur.

« Très honorés seigneurs et pères, nous avons baillez lettres et argent au gentilhomme présent porteur pour vous prier Je nous envoyer quelque bon personnage propre pour nostre assemblée, en quoy le Seigneur nous

tellement assisté par vostre moien, que le jour mesme de l'expédition dudict porteur, arriva iceluy que vous a pieu nous envoyer. Au quel recognoissons beaucoup de singulières grâces que Dieu a mises en luy, qui nous donne occasion d'espérer grande édification et advansement à toute nostre assemblée, laquelle humblement vous remercye de luy avoir procuré ung tel bien, duquel elle ne sera jamays immémoratifve, mais la trouverez tousiours preste à s'emploier pour vous en tous les endroictz de son pouvoir d'aussy bon cœur qu'elle désire vous présenter ses bien humbles recommandations à vos bonnes grâces et sainctes prières, supplia ns au Seigneur vous maintenir en sa saincte protection et sauvegarde.

« De Chinon, ce i5cde may i65i. Vos humbles serviteurs obéissans. Signé : De Caux, pour la compagnye. » Lettres de diverses églises à l'église de Genève, 197", n<> 101.

Lettre de l'Eglise de Tours à l'Eglise de Genève, du 24 mai i56i

« Mes très honorez sieurs, avant esté envoie par nostre consistoire de Tours en ceste ville de Paris pour tascher d'avoir un ministre, sinon pour tousiours, pour le moins jusques à ce que nous puissions resentir de la promesse qu'il vous pleust faire dernièrement au sieur Adrian Oferay, qu'avions envoie par devers vous à ceste fin, j'avois aussi esté chargé de vous escrire après la response de Messieurs de Paris pour vous supplier très humblement au nom de Dieu, que suivant vostre dicte promesse le plus tost qu'il plairoit au Seigneur vous en donner la imodité, il vous pleust nous secourir. Or par leur

response s'est comme renouvellée l'occasion : car ilz ont conclud en leur conseil ne nous pouvoir visiter pour quelque temps que ce soit. Et nous sommes accrus et accroissons, grâces à Dieu, de jour en jour, tellement en nombre qu'à peine trois ou quatre suffiraient à nostre ville. Et nous sommes d'habondant chargez de sept ou huit petites villottes et grosses bourgades, qui ne peuvent avoir refluge qu'à nous, tellement qu'il n'est plus possible qu'un seul puisse fournir; et ne savons où avoir recours qu'à vous, de qui nous attendons toute assistance en une chose si sainte. Mais pour ce que le besoin nous presse comme plus a plain vous dira le gentilhomme porteur, nous vous supplions ne trouver mauvais si nous sommes contrainctz vous suivre de près de promesse. Car (au cas) où il y auroit en cecy importunité, TalTection de l'advancement du saint édiffice de Dieu nous en peut justement dispenser. Or sans vous tenir davantage, nous vous supplions de rechef au nom de Dieu que vous nous secouriez le plus tost que pourrez selon l'extresme nécessité en laquelle nous sommes et que receviez nos très humbles recommandations à vos bonnes grâces et prières, supplians ce bon Dieu, mes très honorés sieurs, vous maintenir et enrichir en toutes bénédictions spirituelles à l'avancement de sa gloire et de son œuvre.

c De Paris ce i^'- rr.ay i56i. Vostre très humble serviteur. Signé : Antoine Delacroix, diacre de l'église de Tours, au nom du trouppeau. » (Volume cité, 107 », f° 106).

No VI

Page 1