I. — Amnistie aux conjurés «IMiiihoisc
Le haut rang et le crédit de quelques-uns de ceux qui avaient pris une part plus ou moins directe à la conjuration d'Amboise, comme le roi de Navarre, le prince de Condé, les Montmorency, avaient obligé le gouvernement à la clémence.
Môme coupables, il est des têtes qu'on ne frappe pas sans danger. François II rendit en leur faveur un éclit par lequel il accordait une amnistie aux rebelles, sous la condition qu'ils déposeraient les armes, sauf ensuite à lui faire connaître leurs
griefs. Au mois de mai, par un effet de cette même politique, Michel de l'Hospital, le nouveau chancelier, lui fît signer redit de Romorantin, par lequel la connaissance du crime d'hérésie fut laissée aux évêques et l'application cle la peine contre les fauteurs de désordres attribuée aux juges séculiers.
Si l'on doit en croire les Mémoires cle Condé, le roi aurait été d'autant plus porté à l'indulgence qu'il n'aurait vu dans la conjuration d'Amboise, qu'une manifestation populaire contre le pouvoir des Guises. -< Qu'ai-je donc fait à mon peuple ? lui fait-on dire clans ces Mémoires, « je veux entendre ses doléances et y faire droit. » Et s'adressant aux princes de Lorraine, « je ne sais, mais j'entends qu'on n'en veut qu'à vous. » Il est certain, cependant, que la question religieuse ne le préoccupa pas moins que la révolte organisée contre son autorité royale.